jeudi 16 février 2017

Enigme



Comme souvent, je ne comprends rien. Quelqu'un pourrait-il m'expliquer ce que veut dire "contrôle au faciès" dans des quartiers qui sont intégralement peuplés de noirs et de maghrébins ?




lundi 6 février 2017

"Stupide, inepte, désastreux"

Voici le texte paru dans la Pravda cet après-midi, évoquant le programme du parti patriotique. Un petit chef d'oeuvre. Je le pose là en attendant de vous le commenter.



Voilà, je vous le commente.


Editorial du Monde, daté du 6 février 2017


« Au lendemain d’un week-end politique, samedi 4 et dimanche 5 février, où Mme Le Pen a réaffirmé les grandes lignes de son programme, il faut regarder les choses en face. Le Front national veut casser l’Europe. »


La vilaine. Elle veut « casser l’Europe. » Outre un vocabulaire de jardin d’enfants, on notera l’habituel abus de langage, qui identifie l’Union européenne à l’Europe. Exactement comme si l’on avait confondu l’URSS avec la Russie. Mais poursuivons.


« Il entend détruire ce qui a été construit, pas à pas, depuis soixante-dix ans, une œuvre qui n’a pas peu contribué à cette réalité qu’on tient, à tort, pour garantie : un Vieux Continent enfin apaisé et libéré de nombre des démons qui l’ont maintes fois ravagé. » 

La mention des soixante-dix ans nous met –involontairement- sur la bonne piste : c’est l’âge auquel l’Union soviétique s’est effondrée. On imagine bien les articles de la Pravda dans les années 80 : « Les dissidents entendent détruire ce qui a été construit, pas à pas, depuis soixante-dix ans, une œuvre, qui n’a pas peu contribué, etc. ». Il faut toutefois en venir à l’essentiel : le FN est accusé de vouloir détruire rien de moins que le « Vieux Continent enfin apaisé et libéré de nombre de démons qui l’ont maintes fois ravagé. » Soyons charitables : en bon français, cette phrase mal tournée veut dire que le FN veut détruire non pas le continent européen, mais l’Union européenne qui est censée avoir apporté la paix en Europe, et nous protéger des vieux démons, à savoir : le nationalisme et le nazisme. C’est le sophisme habituel : ou bien l’Union européenne, ou bien le nazisme. En conséquence, s’opposer à l’Union européenne, ce serait, mécaniquement, être pour le fascisme et le retour des conflits. Voici donc le FN criminel et fauteur de guerre. Cet argument est pathétique. La réconciliation franco-allemande, voulue par De Gaulle et Adenauer, voulue aussi par les peuples eux-mêmes, n'a tout simplement aucun rapport avec l'Union européenne. Nul besoin d’une construction institutionnelle artificielle pour faire la paix avec ses voisins. Et si l'on cherche des raisons plus profondes, on pourra dire que la paix résulte du fait que l'Allemagne, mise à genoux en 1945, effondrée sous l'immensité de ses fautes, a tout simplement perdu le goût de faire la guerre à ses voisins. Une chose est sûre : cette réconciliation n'a aucun rapport avec la perte de notre souveraineté, avec la suppression des frontières, le libre-échange, la mise en place de l'euro, la toute-puissance de la commission européenne. Cet argument relève du pur et simple terrorisme intellectuel. Rappelons au passage que la Grande-Bretagne et la France, ennemies mortelles pendant des siècles, vivent en paix depuis bientôt deux cents ans ; or, il n’a pas été nécessaire pour cela de créer une Union Franco-anglaise, dotée de 20.000 fonctionnaires et soumettant nos deux peuples à une pluie de directives. L’ironie sanglante dans cette affaire est que l’Union européenne, du fait de l’euro, est entrain de ranimer les tensions en Europe.


« La France a été l’un des maîtres d’œuvre de cet immense succès. Mais cela ne compte pas pour Mme Le Pen. »

Quel « immense succès » ? La Paix ? Mais justement, comme on vient de le dire, l’Union européenne n’y est pour rien... Elle est en revanche pour beaucoup dans la situation économique de notre continent, qu’il paraîtrait pour le moins audacieux de présenter comme un « immense succès ». C’est d’ailleurs pourquoi la paix est le seul argument brandi par les européistes : il n’y a rien à mettre au crédit de la construction européenne. Pour en faire une présentation flatteuse, ses partisans sont contraints de lui attribuer des bienfaits dont elle n’est pas la cause.


« Elle s’est efforcée, non sans talent, de « banaliser » un parti qui, puisant dans un vieux fonds vichyste, ne s’est développé que dans un anti-gaullisme acharné, aujourd’hui remplacé par sa détestation de l’Europe – le FN a toujours un bouc émissaire. »

Ici, le texte devient visqueux. L’argument fait place l’insinuation. Plutôt que de réfuter sur le fond les positions du Front National, Le Monde ressort les épouvantails. L’évocation de l’ « anti-gaullisme » des années 60 (effectivement lié aux convictions « Algérie Française » de Jean-Marie Le Pen) n’a ici qu’un rôle : jeter un nuage de fumée pour tenter de faire oublier que le Front National est devenu le seul parti qui défende aujourd’hui l’ensemble des principes gaulliens fondamentaux : Etat fort, souveraineté populaire, indépendance nationale, démocratie référendaire. Toute personne à peu près lucide ne peut qu’être frappée par la solitude absolue du Front National sur cette ligne. Si les mots ont un sens, le Front National est devenu le parti gaulliste. C’est ainsi. Ouvrez un manuel de sciences politiques, lisez la définition du gaullisme, comparez les forces en présence en 2017 ; le verdict est sans appel. Refuser d’admettre cette évidence au motif que les fondateurs du FN étaient hostiles à l’indépendance de l’Algérie il y 50 ans, c’est aussi absurde que de continuer d’appeler « gaullistes » des personnalités comme Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy qui ont renié les unes après les autres toutes les idées gaullistes. Pour le reste, notez bien ceci : quand Le Monde a un ennemi, il s’agit d’un ennemi. Quand le Front National a un ennemi, c’est un « bouc-émissaire ». C’est-à-dire une victime innocente, sans rapport avec les crimes dont on l’accable, -et qui sert d’exutoire au vain peuple. Voilà qui demanderait à être prouvé... Mais, comme d’habitude, Le Monde s’estime dispensé d’argumenter.


« La chef du FN ne veut plus revenir sur l’abolition de la peine de mort (à moins que l’extension du domaine du référendum, qu’elle programme, ne vise à proposer le retour de la guillotine) et elle se range volontiers aux us et coutumes de l’époque concernant le mariage homosexuel.
 
Dont acte. On remarquera toutefois la petite parenthèse fielleuse, où Le Monde affirme à la fois son hostilité de principe à la peine de mort et sa méfiance à l’égard de la démocratie. Comme toujours, sur l’une et l’autre positions, on voudrait des arguments de fond. Passons.


Mais toute la radicalité négative dont le FN est porteur se concentre sur le couple diabolique Europe/immigration qui expliquerait tout : chômage de masse, faible compétitivité dans nombre de secteurs de pointe, absence de dialogue social, modèle agricole inadapté, école sous-performante, etc. Le FN a le coupable. Le FN a la recette : « y a qu’à » sortir de l’UE.

Le Monde prend ses désirs pour des réalités. Il est faux que le Front national attribue tous les problèmes à l’Union européenne... Reprenons la liste : chômage de masse, faible compétitivité, politique agricole...Sur ces trois sujets, il est tout de même difficile de nier que l’euro, l’interdiction des politiques industrielles et la PAC aient une importance centrale. Mais continuons : l’absence de dialogue social, les mauvaises performances de l’Ecole ? Ici, Le Monde affabule. Où a-t-il vu que le Front National attribue ces problèmes à l’UE ? Il suffit de lire le programme pour se rendre compte qu’aucune des mesures prévues dans ces domaines ne suppose la remise en cause de la construction européenne.

Au-delà de la stupidité de ce simplisme démagogique, examinons les choses de plus près. Le retour à un franc dévalué ? Passons sur le krach bancaire qui s’ensuivrait : on imagine déjà la ruée des épargnants – ménages et entreprises – paniqués à l’idée de voir la valeur de leurs économies s’effondrer avec le franc.

Le « quotidien de référence » entre dans le dur. On sent que ça va saigner. Mais, comme souvent, les gros mots cachent la faiblesse de l'argumentation. Reprenons dans l'ordre. Il est parfaitement vrai que le retour à la monnaie nationale entraînerait une dévaluation d’environ 20%. Mais justement, c’est le but ! Pas le seul, assurément. Mais il se trouve que l’euro est surévalué par rapport à l’état réel de notre économie, et que cela plombe notre compétitivité-prix (par comparaison avec l’Allemagne en particulier, qui bénéficie, avec l’euro d’une monnaie sous-évaluée). Or, d’après Le Monde, procéder à une dévaluation entraînerait un « krach bancaire » et une ruée des épargnants qui retireraient leurs économies de leurs comptes en banque. Ici, pour parler de manière mesurée, on peut dire que Le Monde écrit strictement n’importe quoi. Est-ce de la pure incompétence ? Est-ce de la mauvaise foi délibérée ? Soyons gentils, penchons pour la première hypothèse. Dévaluer une monnaie, comme l’a fait le Général de Gaulle en 1958 par exemple (-18%), n’a jamais entraîné de « krach bancaire ». Apparemment, l’éditorialiste utilise cette expression sans savoir ce qu’elle veut dire, uniquement parce qu’elle fait peur. On parle de krach bancaire quand les banques sont insolvables et ne veulent plus se prêter entre elles (la crise de solvabilité entraînant une crise de liquidités). Mais cela n’a rien à voir avec les parités monétaires. De même, en cas de dévaluation, les économies des épargnants ne sont pas en danger. Aucune raison d’aller les retirer de la banque. L’idée enfantine du rédacteur est sans doute qu’une dévaluation entraînerait la transformation de vos 1000 euros d'économie en 800 francs alors même que tous les prix, eux, ne subiraient pas la même décote. Dès lors, nous serions tous appauvris. Mais il n’a rien compris. Dévaluer une monnaie n’a de sens que par rapport aux monnaies étrangères. Une monnaie ne se dévalue pas par rapport à elle-même ! A l'intérieur du pays, le prix des produits français passeraient d'une monnaie à l'autre par simple conversion (par exemple, si 1 euro = 1 franc, le pain au chocolat qui coûte aujourd'hui 0,8 euro coûterait 0,8 franc. De même, si la parité décidée pour le changement de monnaie était 1 euro = 2 francs, alors vos 1000 euros d'économie se transformeraient en 2000 francs d'économie. Quant au pain au chocolat, il coûterait alors 1,60 franc. Bref, rien ne changerait pour vous.) Seuls se renchériraient les produits venant de l'étranger (du moins des pays qui ne dévalueraient pas en même temps que nous; voir plus loin). Par exemple, vos 1000 euros d'économie se transformeraient en 1000 francs ; en revanche, vos 1000 francs ne vaudraient plus 1000 dollars (admettons que ce soit la parité de départ) : ils vaudrait 800 dollars. Ce qui est vrai, c’est que les Français seraient moins incités à acheter des produits étrangers après la dévaluation, et que les étrangers, en revanche, seraient plus incités à acheter des produits français. Ce qui est justement l’objectif puisque nous avons une balance commerciale affreusement déficitaire. Aucune raison en tout cas d’aller retirer ses économies de la banque...Pour quoi faire ? Cela ne changerait pas leur valeur.

Passons sur l’explosion d’une dette publique qui, libellée en francs dévalués, supposerait d’être financée avec des taux d’intérêt à la grecque.

Le festival continue. Cette fois-ci, Le Monde ignore que la quasi-totalité des dettes françaises (97%) a été émise en contrat de droit français. Or, selon un principe de droit international appelé Lex Monetae, les dettes émises en contrat de droit national sont ré-libellées automatiquement en nouvelle monnaie nationale, selon la nouvelle parité fixée. En clair, 1 euro de dette publique à rembourser se transformerait en 1 franc à rembourser si la parité choisie est 1 euro = 1 franc. –Ce qui veut dire que les 20% de perte seront pour les créanciers, pas pour l’emprunteur. Si la France devait 1000 euros à un créancier, elle lui devra 1000 francs. Prêter à un pays qui détient une monnaie surévaluée, c’est prendre un risque. Il est vrai, en revanche, que les futures émissions de dette se feront probablement à un taux d’intérêt supérieur. Il est donc indéniable que la politique budgétaire devra être rigoureuse. Comme en 1958.

Cette idée que la souveraineté monétaire en 2017 – dans une France dont l’économie est l’une des plus mondialisées – passe par le retour joyeux à un franc dévalué est inepte.

Encore une fois, aucun argument. Le rédacteur essaie de faire impression en nous rappelant que nous sommes "en 2017", ce qui est censé démontrer que la souveraineté monétaire est devenue sans intérêt (à une époque aussi moderne, pensez donc !) et que tout pays sérieux doit renoncer à sa monnaie nationale. Malheureusement, il ne suffit pas de prendre des airs ironiques pour être intelligent. Ni d'affirmer pour démontrer. Reprenons la phrase posément, pour bien observer la technique d'écriture de l'éditorialiste du Monde : "Cette idée que la souveraineté monétaire en 2017 -dans une France dont l'économie est l'une des plus mondialisées -passe par le retour joyeux à un franc dévalué est inepte." Voyez comment les adjectifs tiennent lieu d'argumentation. Ils ne prouvent rien, par eux-mêmes, mais ont pour rôle de déconsidérer l'idée de retour au franc. Ramenée à l'essentiel, la phrase est  : "L'idée que le souveraineté monétaire passe par le retour au franc est inepte." (on a jeté à la poubelle "en 2017", "dans un pays mondialisé", "joyeux" et "dévalué"). Le problème est qu'ainsi nettoyée, la proposition dont on nous dit qu'elle est "inepte" apparaît au contraire pour ce qu'elle est : une évidence. Il est en effet parfaitement évident, même aux esprits les moins déliés, que la souveraineté monétaire passe par la possession... d'une monnaie. C'est ce qu'on appelle une condition nécessaire. Tout le reste n'est que sophisme. Un peu comme si vous étiez en prison et que votre geôlier vous disait : "L'idée que ta liberté, en 2017, dans un pays qui connaît un fort degré d'insécurité, passe par une joyeuse sortie de prison avec un simple ticket de bus en poche, est inepte."


Quelle serait la réaction de nos voisins européens, avec lesquels nous réalisons près de 70 % de notre commerce extérieur ? Ils dévalueraient à leur tour ? Nous reviendrions ainsi à la belle époque des dévaluations compétitives en Europe qui fit la joie des fonds spéculatifs américains jouant telle devise contre l’autre.

Il est parfaitement vrai que les Italiens et les Espagnols, sans parler des Grecs, nous emboîteraient le pas et dévalueraient leurs monnaies. Et alors ? Eux aussi souffrent de vivre sous l'empire du Mark ! Le problème de la France n’est pas la surévaluation de sa monnaie par rapport à l’économie italienne ou grecque. Le problème de la France, qui est aussi le problème de l’Italie, c’est la sous-évaluation de l’euro par rapport à l’économie allemande. Le problème de la zone euro, c’est le déséquilibre pathologique des balances commerciales en son sein ; c’est la politique non-coopérative  de l’Allemagne, qui transforme progressivement en désert industriel l’Europe du Sud, sans accepter –évidemment- de devenir l’Etat central qui distribue ses excédents commerciaux aux régions asphyxiées par la monnaie unique (sur l'euro, voir ma petite synthèse ici). Quant à la menace de spéculation, elle est infiniment moins grave que la situation actuelle. A la « belle époque des dévaluations compétitives », la France avait une industrie en pleine forme et une balance commerciale équilibrée. Au demeurant, les tempêtes spéculatives entre les monnaies se déclenchent quand les spéculateurs perçoivent qu’une monnaie n’est pas à sa vraie valeur relative par rapport aux autres monnaies. Elles ne sont qu’un rappel au réel. Ce que la religion de l’Euro promeut, c’est au contraire la fausse sécurité des anesthésiques. Car en faussant tous les signaux économiques, la monnaie unique ne fait que retarder le moment des ajustements.


 Nous abaisserions la valeur monétaire de nos PME et fleurons industriels, là encore au profit des fonds qataris ou des géants chinois se ruant pour racheter les entreprises tricolores. Le « patriotisme économique » de Mme Le Pen, c’est bon pour Wall Street, désastreux pour la France.

Ici, le Monde distribue les éléments de langage de la campagne électorale aux éditorialistes de la radio et de la télévision. Plus c’est gros, plus ça passe. Voici donc la ligne : on expliquera pendant deux mois aux électeurs que le programme du Front National risque de soumettre la France aux appétits du Qatar et de Wall Street –jusqu’ici tenus en respect par nos dirigeants patriotes-, que des pans entiers de notre industrie vont disparaître, que la mondialisation va déferler sur la France et mettre au chômage des régions entières de notre beau pays. Cela convaincra sans doute les retraités à sonotone qui votent Fillon. En revanche, cela devrait laisser assez froids les millions de chômeurs qui vivent dans les déserts industriels. Pour le reste, que dire ? Si vous n’êtes pas versé en psychanalyse, et que vous ne connaissez pas la définition de « l’inversion accusatoire » –inutile d’ouvrir un dictionnaire. Vous en avez là un exemple magnifique !

En lieu et place de réformes sérieuses et difficiles, le FN vend une recette miracle : tuer l’Europe. Ce n’est pas un programme. C’est un renoncement."

Non, c’est de la légitime défense.

 

vendredi 27 janvier 2017


 
 
Bien sûr, ce n’est pas grand-chose. En comparaison des actes de trahison et autres forfaitures dont se sont rendus coupables nombre de nos hommes politiques, le délit de concussion n’est qu’une broutille. L’intérêt national n’est pas directement en jeu. Mais cela devrait être suffisant, toutefois, à faire disparaître de la scène politique notre brave Monsieur Fillon, champion de la « droite catholique ».  
Non pas qu’il perde son cœur électoral -car, comme on sait, et pour reprendre les mots d’Antoine Delafoy dans les Tontons flingueurs, la bourgeoisie catholique est portée tout à la fois sur « la morale et les soubrettes, la religion et les jetons de présence. » Mais c’est l’élargissement au peuple qui devient de plus en plus improbable. Faire avaler aux gens qui gagnent entre 1500 et 2000 euros par mois qu’il est « abject » (sic) de reprocher à Dame Pénélope d’avoir gagné 5000 euros d’argent public à ne strictement rien faire, et ce pendant des années, voilà qui sera bien difficile.
Quant aux dénégations mensongères du Monsieur, n’en parlons même pas : à l’en croire, Dame Fillon aurait « préparé la revue de presse » et l’aurait « informé des évolutions de la société ». On imagine effectivement très bien Pénélope, penchée sur sa table de cuisine, tous les matins, avec sa paire de ciseaux, son tube de colle et sa photocopieuse, découpant amoureusement l’Echo de la Sarthe et la République du Centre, pour confectionner une revue de presse aux petits oignons pour son député de mari... Les gens, cela dit, ignorent peut-être qu’il existe des armées de fonctionnaires pour faire ce travail ingrat dès potron-minet dans les caves du Palais Bourbon. Sans parler des nuées de petites mains qui gratouillent dans les groupes parlementaires. Quant à l'expertise de la sainte femme sur l’évolution de la société, on peut imaginer la scène : « Dis donc François, je me demande si le nouveau facteur ne serait pas un peu de la jacquette. » « Merci Pénélope, de m’informer des évolutions sociétales, tu viens de gagner 5000 euros ! » Les menteurs professionnels que sont nos hommes politiques comptent depuis longtemps sur l’ignorance du Peuple pour s’en sortir. Mais cette fois-ci, je doute que ça marche. Et je ne parle pas du deuxième salaire de l’infatigable Pénélope qui, toujours admirable de discrétion, est parvenue à travailler pour la Revue des deux mondes, au point d’en retirer 100.000 euros, et tout cela à l’insu du directeur de la rédaction du journal lui-même ! Elle devait utiliser de l’encre sympathique.
Où cela va-t-il nous mener ? Eh bien, peut-être, Incha’Allah, à l’affiche la plus vaudevillesque de l’histoire des élections : Marine contre Macron. Car, vous n’y avez pas pensé, mais moi si ! Pensé à quoi ? Mais à ceci : Marine contre Macron, ce n’est pas seulement une femme contre un homme. Ce sont deux couples affrontés, deux couples symétriques, deux couples hyper trendy, deux couples d’époque : Marine, c’est aussi Philippot. Et Macron, c’est aussi Maman Brigitte. Deux petits gays et leur blonde pète-sec. Ça va donner ! Seigneur, laissez-nous rire une dernière fois, et ensuite, sauvez la France !

jeudi 1 décembre 2016

Le Revenant









Que signifie la victoire de Fillon ? A mon sens essentiellement ceci : la bourgeoisie conservatrice, réveillée par Taubira, est restée mobilisée depuis 2013 ; elle a pris conscience d’elle-même comme d’une force électorale. Légitimement dégoûtée par Sarkozy, et franchement hostile à Juppé, elle a porté ses suffrages sur le candidat apparemment le moins éloigné de ses principes. Certains rétorqueront : mais il y avait Poisson ! Certes, mais la bourgeoisie n’aime pas les minoritaires, les oppositionnels, les dissidents ; elle rêve de consensus ; elle s’oppose à la modernité, mais pas de manière radicale. Elle le fait gentiment, par le style, par l’ambiance. Sans aller à la racine du mal. Elle voudrait bien empêcher que les homosexuels puissent adopter des enfants, pas revenir sur les acquis du Progrès. Exit donc Poisson. Et puis la bourgeoisie conservatrice n’a pas qu’un seul principe, elle en a deux : elle est conservatrice, certes, mais elle est aussi libérale. Lisez Mauriac. Dieu et Mammon. Le discours économique de Fillon lui plaisait donc beaucoup plus que celui de Poisson. Enfin, la bourgeoisie conservatrice est hostile à l’islamisation de la France, mais pas au point de voter Front National (elle ne souffre pas assez). Et comme Sarkozy, sur ce point comme sur tous les autres, n’avait plus aucune crédibilité et que Juppé est un chantre de l’islamisation, Fillon a facilement raflé la mise.

Bref, la bourgeoisie conservatrice, entre la sortie de la messe et la pâtisserie, est allée voter pour Fillon. Cela représente 2 millions de personnes. Rappelons qu’il y a en France 44 millions d’électeurs. Il ne faut donc pas s’emballer. Le suffrage censitaire n’a pas encore été rétabli. Le peuple, pour le moment, regarde le spectacle.

 Plusieurs remarques s’imposent.
D’abord sur François Fillon lui-même. Son allure, son élégance vestimentaire, sa syntaxe, ses sourcils, son sérieux masquent le flou de son profil idéologique. Lui qui s’est présenté pendant trente ans comme un gaulliste et comme un « séguiniste » explique à présent qu’il regrette de ne pas avoir voté pour le traité de Maastricht et qu’il faut à la France une cure de thatchérisme. Il semble donc avoir changé de convictions. Nous aurions donc affaire à un converti. Converti aux bienfaits –ou du moins à l’inéluctabilité- de l’Union européenne et de la mondialisation libérale. Etrange. D’autant plus étrange qu’il a gardé le style cocardier et la rhétorique souverainiste de ses anciennes convictions. Mais alors, par quoi ses électeurs ont-ils été séduits ? Par l’emballage ou par le contenu ? Peut-être bien par les deux. Cette contradiction n’est pas étonnante, elle est même au cœur du drame inconscient de la bourgeoisie catholique, qui ne voit pas qu’il est parfaitement contradictoire d’être libéral en économie et conservateur en matière civilisationnelle. Le Capital, auquel elle veut faire plus de de place, détruit tout ce qu’elle prétend par ailleurs vouloir conserver.
Se pose ensuite la question de savoir ce que l’on pourrait espérer d’un François Fillon devenu président de la République. Prenons les principaux sujets.
En matière d’Affaires étrangères, on peut raisonnablement s’attendre à des attitudes moins humiliantes, moins désordonnées, moins droits-de-l'hommistes et mois anti-russes que pendant les deux derniers quinquennats. Les circonstances sont très favorables à ce retour à la raison puisque, facétie de l'Histoire, c'est le nouveau maître américain en personne qui va nous demander d'être un peu moins otanien. On n’aura donc pas besoin d’une audace folle pour être moins atlantiste : cela nous sera demandé par l’Empire lui-même. C’est le gaullisme mis à la portée des timides !
En matière économique, le programme de Fillon pourrait avoir été rédigé par la Commission européenne. C’est l’austère programme dicté par l’appartenance de la France à la zone euro. Un programme déflationniste de type Laval-1935 (l’euro est notre étalon-or !): travailler plus, gagner moins, réduire les dépenses, augmenter la TVA, partir à la retraite vers 70 ans, etc. Tout cela est sans doute nécessaire dans le carcan européen, mais pas très engageant. Notons au passage que ces divers thèmes économico-disciplinaires constituent vraiment le centre des préoccupations de François Fillon et de son entourage. Ce sont les thèmes auxquels il tient le plus. Ce sont également des thèmes qui plaisent à son cœur électoral. Pensez-y : pour vibrer à l’idée de travailler plus longtemps, de gagner moins, de voir baisser les remboursements de la Sécu, il faut être... riche et retraité. Et ce d’autant plus qu’il y a une cerise : la baisse des impôts directs qui, comme aurait dit La Palisse, ne soulage que ceux qui en paient. Il y a donc fort à parier que François Fillon s’accroche à cette partie de son programme. Au moins dans un premier temps, jusqu’au repli en bon ordre.
Venons-en à l’immigration. Ici, il faut distinguer deux aspects : il y a d’un côté la question de l’islamisation et de la défense de l’identité française ; de l’autre la question de l’immigration proprement dite, c’est-à-dire des flux d’étrangers arrivant en France chaque année. Il est certes bien difficile, pour ne pas dire inconséquent, de séparer les deux, et ce d’autant plus que notre appareil assimilateur (Ecole, Eglise, Armée) est en ruines -mais c’est pourtant ce que devra faire François Fillon. Et pour une raison simple : il ne fera rien d’efficace contre l’immigration. Car pour stopper l’immigration, c’est-à-dire mettre un terme au processus d’invasion et de colonisation en cours, il faudrait rompre avec les institutions européennes (disons au moins dénoncer la CEDH) et redevenir un Etat souverain démocratique (ce qui suppose au minimum de ramener le Conseil Constitutionnel à son véritable rôle, par un referendum). Sans cela, en effet, il est impossible d’arrêter le regroupement familial, d’interdire les rapprochements de conjoints, de déchoir les anti-français, de refuser de scolariser les clandestins, etc. Le paradigme individualiste des droits de l’homme, dans la main des juges (nationaux et supranationaux), nie le droit des nations à se conserver et à se protéger elles-mêmes. Or, on peut parier sans risque que François Fillon n’aura jamais l’audace de penser, et encore moins d’agir, en dehors de ce cadre antinational, qui est structurellement immigrationniste. La légitime préférence des peuples pour eux-mêmes est le grand principe politique interdit dans toute l’Europe occidentale. Tant que cet interdit ne saute pas, la politique en ces matières se réduit à de la gesticulation. Fillon se contentera donc de briser quelques lances contre l’islamisme, de fermer une dizaine de mosquées, de faire quelques gestes de célébration de l’identité traditionnelle de la France. Mais rien de plus. Cela peut suffire, au demeurant, à satisfaire le cœur de son électorat, qui ne vit pas au contact de l’immigration et n’en subit les désagréments que de manière très atténuée –quand il n’en retire pas carrément des avantages. Sous une présidence Fillon, la France devrait donc continuer de changer de peuple, à la même vitesse qu’actuellement (rappelons que près de 40% des naissances en 2015 sont le fait de résidents étrangers ou d’origine étrangère). Ce nouveau peuple étant musulman, l’islamisation se poursuivra.
 
Fillon président ?

Je résume : une politique étrangère moins interventionniste et plus équilibrée ; une politique économique sans doute assez déflationniste et favorable à ceux qui payent beaucoup d’impôts ; pour le reste, l’aggravation des processus en cours, mais avec une défense de façade de l’identité française.

Cela ne vous rappelle rien ?

Chirac !















 


 



jeudi 24 novembre 2016

Point de situation


Me revoici. J’ai dessaoulé. Il faut dire, en ce moment, nous sommes à la fête. Langues de belle-mère et cotillons ! La tronche déconfite de l’Ennemi fait plaisir à voir. Cela étant, rien n’est fait. S’agissant de Trump, il faut attendre. A côté de l’hypothèse optimiste, les deux hypothèses pessimistes sont toujours en lice : sarkozysation ou neutralisation. Nous verrons. Quant à la France, qu’en dire ? Eh bien, chez nous aussi, la classe médiatique est couverte de pipi. Son jouet est cassé. Elle trépigne. Plus rien ne se passe comme elle veut. Les journaux sont tout juste bons à dépiauter du poisson. Evidemment, la puissance de percussion n’est pas la même qu’aux Etats-Unis. Notre show-man, ce n’est pas Trump et ses trumpettes, c’est Fillon et ses flon-flons. Mais ne boudons pas notre plaisir : la déconvenue des deux hyper-nocifs Sarkozy et Juppé est absolument jouissive, ne serait-ce que par simple esprit de justice. Le premier devrait être derrière les barreaux depuis longtemps, pour ne pas dire plus ; quant au second, il est tellement plus intelligent que nous qu’on devrait l’empailler et le mettre au Muséum. J’espère qu’il mordra la poussière dimanche. Mais allez savoir.

Venons-en au fond. D’abord une remarque sur les thématiques des candidats aux primaires. Je me suis rendu compte l’autre jour que les candidats mettaient au cœur de leur message l’élément qui leur manque le plus. Ils se prévalent de ce qui leur fait défaut par excellence. Sarkozy, l’inculte mondialisé, invoque en permanence « l’identité française ». Fillon, connu pour sa timidité dans l’action et ses sciatiques à la moindre contrariété, parle tout le temps du « courage et de l’audace ». Lemaire et NKM, qui débitent de vieilles rengaines giscardiennes des années 70, revendiquent leur « nouveauté ». Juppé, l’homme qui a avalé son parapluie, nous entretient de la « joie et du bonheur ». De toute évidence, il n’a pas d’échantillon sur lui. Et Copé, Monsieur 0,13% ? De la « levée en masse » des Français ! Vous avouerez qu’ils sont impayables.

Il convient ensuite de relever la place centrale qu’est en train de prendre l’avortement dans ce qu’il est convenu d’appeler le débat politique. Assurément, aucun des candidats ne se prononce contre le droit à l’avortement, mais le simple soupçon de réserve à l’égard de ce droit, de manque d’enthousiasme à l’égard de cette liberté, ne serait-ce qu’à titre privé, suffit à vous mettre en difficulté aux yeux de l’Oligarchie. Le manque de passion pour le massacre des innocents est  devenu l’incrimination suprême. L’arme absolue. Je n’en finis pas de considérer cette situation extraordinaire. D’un point de vue métaphysique et moral, c’est proprement apocalyptique. Le Mal se dévoile sans réserve. Le mensonge et l’homicide, qui se tiennent la main dans cette affaire, exigent l’approbation universelle. Quand Robert Badinter et Simone Veil passeront l’arme à gauche, il y a fort à parier qu’ils entreront au Panthéon le même jour, l’un pour avoir sauvé les coupables, l’autre pour avoir permis la mort des innocents. Réalisation des prophéties ! Mais, ces temps-ci, je crois que l’Adversaire commence à sentir la possibilité d’un rejet violent, d’une résistance farouche. Il se raidit. Il sent venir le combat final.

mardi 25 octobre 2016

ça monte, ça monte



Voici donc, ci-dessus, la petite mise à jour annuelle de la carte de la disparition des Français. Cela se passe évidemment de commentaires. En prime, je vous glisse la carte de la dispersion des clandestins de Calais, ci-dessous. C'est donc au nom de "l'Etat de droit" que nos gouvernants, que je propose de renommer plus simplement nos gêoliers, installent un peu partout dans la campagne française des gens qui sont entrés illégalement sur notre territoire et n'ont, de par la loi, aucun titre à y rester.




L'Etat applique donc les dernières forces qui lui restent à bafouer la loi et à offenser les citoyens. Les préfets, pour l'occasion, mettent leurs gants blancs. Le spectacle d'un tel avilissement, d'une telle auto-destruction nationale, est à mon sens unique dans toute l'histoire. Il n'est pas exagéré de dire que l'Etat est désormais, de manière ouverte, officielle, en uniforme, l'ennemi du peuple français. Il s'agit d'un phénomène proprement inimaginable. Quand les Allemands ont envahi la France, il s'est trouvé des collaborateurs. Mais personne, tout de même, n'avait pris les devants et organisé leur venue. Nous avons affaire à une collaboration "au carré". Comme l'a dit le Premier Ministre : "Ceux qui s'opposeront à l'arrivée des migrants dans leur village trouveront l'Etat en face d'eux." Cela a le mérite d'être clair : c'est le langage qu'on utilisait autrefois contre les criminels intérieurs et les armées ennemies. Tout redevient cohérent si l'on se met une bonne fois pour toutes dans la tête que nous sommes, nous autres Français, les ennemis de nos chefs. Il faudra ensuite en tirer les conséquences. Ou pas.