jeudi 24 juillet 2014

Fais ce que vouldras



A bien y réfléchir, il semble que l’idéal de Marx soit profondément classique, voire antimoderne. Marx, comme toute personne qui lit et approuve Platon, estime en effet que le monde moderne est le « monde à l’envers », qui confond les fins et les moyens, faisant de l’homme et de sa raison des moyens au service de l’accumulation absurde de richesses. Ce que souhaite Marx, comme Hegel dans sa jeunesse, c’est une espèce de retour à la Grèce antique, bénéficiant en prime des conquêtes de la modernité démocratique (égalité des hommes, abolition des frontières, laïcisation, etc.). Cette nostalgie se lit partout sous la plume de Marx, par exemple dans les Grundrisse :

« Combien paraît sublime l’antique conception qui fait de l’homme (quelle que soit l’étroitesse de sa base nationale, religieuse et politique) le but de la production, en comparaison de la conception moderne où le but de l’homme est la production, et la richesse le but de la production…Le monde antique est enfantin, mais il apparaît comme un monde supérieur et il l’est effectivement si l’on aspire à une forme fermée, à une figure aux contours bien définis. Il représente la satisfaction sur une base bornée ; en revanche, le monde moderne laisse insatisfait, ou bien, lorsqu’il paraît satisfait de soi, il n’est que vulgarité. »

On lira aussi ce texte, tiré des manuscrits de 1844 : « Comme l’argent confond et échange toutes choses, il est la confusion et la permutation universelles de toutes choses, donc le monde à l’envers, la confusion et la permutation de toutes les qualités naturelles et humaines. Qui peut acheter le courage est courageux, même s’il est un lâche. »

Voici pour l’ordre global des choses. Pour le reste, Marx aspire à l’avènement d’une société où les salaires soient en rapport avec le travail fourni, où le gaspillage n’ait pas lieu d’être, où la cupidité, le lucre et l’avarice seraient éradiqués. La société communiste, c’est au fond l’Abbaye de Thélème de Rabelais ou la Salente de Fénelon :

« Dans la société communiste, personne ne se voit attribuer une sphère exclusive d’activité […] elle me donne la possibilité de faire aujourd’hui ceci, demain cela, de chasser le matin, de pêcher l’après-midi, de faire de l’élevage le soir, de faire de la critique après dîner, sans jamais devenir chasseur, pêcheur, pâtre ou critique. » (L’Idéologie allemande, 1846, p. 30)

Il est évident qu’une telle société ne peut fonctionner durablement, sans tourner à l’anarchie et à la jungle, qu’à la condition expresse de n’associer, justement, que des intellectuels attirés par une certaine forme d’ascétisme épicurien (on notera les exemples d’activités qui viennent spontanément sous la plume de Marx : chasse, pêche, élevage, réflexion philosophique…On dirait une pastorale à la Rousseau !). Indéniablement, l’état final communiste n’aurait rien pour séduire le jeune yuppie.


Les deux visages de Rousseau



On connaît certes le Rousseau stoïcien, partisan de Sparte contre Athènes, contempteur rigide des Lumières et de la civilisation du commerce, -le Rousseau « réactionnaire » en somme ; mais ce n’est là que la partie critique de sa pensée. Positivement, Jean-Jacques propose autre chose, et d’encore plus réactionnaire si l’on veut : le retour à l’animalité. Irrationaliste, prônant le primat absolu de la sensibilité, Rousseau développe une conception erronée de la conscience, qui la délie de toute référence extérieure, de toute loi divine. L’« authenticité », conçue comme obéissance aveugle à la voix de l'instinct immédiat, se trouve ainsi promue au rang de suprême vertu.

Quant à la charité évangélique, elle se voit remplacée par son substitut passionnel, affranchi des rigueurs de la Justice : la compassion humanitaire. Ce manque de discernement rationnel dans l’exercice de la pitié, qui l’entraîne à tout confondre, est la manifestation d’une hérésie, celle qui conçoit l’amour comme l’affranchissement du Décalogue et la grâce comme la suppression de la nature.




D'où vient Monsieur Homais ?



En son siècle, le cartésianisme connut d’abord une sorte de persécution. Il fut pris dans le conflit qui opposa l’Etat au Jansénisme. La collusion entre les disciples de Descartes et ceux de Jansénius paraissait évidente aux Jésuites. C’est un même esprit d’individualisme et de fronde qu’on croyait trouver dans les deux « partis » : fronde contre le Pape chez les amis de Port-Royal, fronde de la raison contre l’autorité du passé chez amis de la Méthode. Dans son zèle, Louis XIV fit donc interdire, en 1675, l’enseignement des « principes de Descartes », philosophie dangereuse pour la religion et «pernicieuse à l’Etat».

Pourquoi « pernicieuse »? Parce qu’en rompant avec le naturalisme d’Aristote, qui justifie les hiérarchies sociales, elle fragilisait l’ordre politique ; parce qu’elle prône la règle d’évidence contre l’argument d’autorité, parce qu’elle remet en cause la vieille physique médiévale, défendue par l’Eglise. C’est d’ailleurs seulement pour cette dernière raison que les œuvres de Descartes furent mises à l’Index en 1663 : la nouvelle physique géométrique de Descartes était incompatible avec l’explication traditionnelle de la transsubstantiation du pain dans l’eucharistie.

Ainsi présentées, les choses sont cependant un peu trop simples. L’Eglise et l’Etat étaient-ils « ennemis de la raison » ? Assurément non. Ce que craignirent ses opposants, c’est qu’en autorisant chacun à suivre ce qui lui paraît évident, le cartésianisme, transformé en idéologie de la facilité, permette à l’homme du commun, aux ignorants, aux insensés de parler « au nom de la raison », tout en suivant leur désir. Bref, que l’effet pratique, réel, du cartésianisme fût, paradoxalement, de rendre la vérité subjective : à chacun la sienne !

On peut lire cette crainte chez Bossuet, cartésien sur le fond, mais très inquiet des conséquences du cartésianisme dans le peuple : « sous prétexte qu’il ne faut admettre que ce qu’on entend clairement –ce qui réduit à certaines bornes est très véritable- chacun se donne la liberté de dire : ‘j’entends ceci, et je n’entends pas cela’ ; et sur ce seul fondement, on approuve et on rejette tout ce qu’on veut ». Bref, chacun peut déclarer faux ce qu’il ne comprend pas immédiatement ; l’autorité au moins permettait d’imposer au peuple des vérités profondes ou difficiles.

Le cartésianisme l’emporta. Devant les sciences modernes, la physique d’Aristote avait en effet perdu toute crédibilité. Pragmatiques, les Jésuites se rallièrent donc à Descartes. Ils y trouvèrent d’ailleurs d’excellentes preuves de l’existence de Dieu, qui valaient bien celles d’Aristote.

Ainsi Descartes passa du côté de l’Autel, tandis que les Lumières se tournaient plutôt vers les Anglais Locke et Newton, qui réalisaient mieux que Descartes le programme cartésien. Car si le philosophe avait fondé la science mathématisée, sa physique, vraie dans les principes, était fausse dans le détail, -et fort moquée. On séparait donc en Descartes la forme du contenu : Ainsi faisait Fontenelle : «C’est Descartes qui a amené cette nouvelle méthode de raisonner, beaucoup plus estimable que sa philosophie même, dont une bonne partie se trouve fausse» Ou bien Voltaire : « Notre Descartes, né pour découvrir les erreurs de l’Antiquité mais pour y substituer les siennes… » Ces moqueries n’empêchaient pas les premiers hommages académiques et commémorations officielles. Mais surtout, ce que Bossuet redoutait tant arriva : on vit naître au XVIIIème siècle l’ « opinion publique ». La société se mêla de philosophie ; les Français commencèrent d’aimer les « principes ». Déjà sous Voltaire perçait Monsieur Homais.





Encore une énigme




Nous ne discuterons pas de la question de savoir si la stratégie de l’actuel Gouvernement israélien est avisée ou suicidaire, sans espoir ou supérieurement machiavélique. L’Orient compliqué nous dépasse. Nous voudrions simplement soulever la stupéfiante incohérence que révèle l’attitude de François Hollande à l’égard d’Israël.

Comme on sait, le chef de l’Etat soutient sans réserve l’Etat hébreu. Qu’est-ce à dire ? Concrètement, cela signifie qu’il approuve le comportement d’un Etat qui applique l’ensemble des principes classiques du « nationalisme intégral » : une conception intransigeante de la souveraineté qui n’a rien à envier à celle de Richelieu ; un recours à toutes les maximes de la Realpolitik et de la raison d’Etat, bien loin des billevesées du progressisme humanitaire ; et surtout, un attachement passionné à demeurer une nation ethniquement et culturellement homogène.

Rien dans tout cela ne nous choque. Ces principes sont ceux-là mêmes qui ont fait la grandeur passée de la France, cet autre « royaume davidique ». Et nous savons bien –pour souffrir de l’oubli de cette vérité- que l’homogénéité identitaire est une des conditions essentielles de la cohésion sociale et de la démocratie réelle. Le bon sens, comme les études empiriques le démontrent.

Non, ce qui choque, et le mot est faible, c’est que François Hollande approuve à l’étranger ce qu’il réprouve chez nous ! C’est qu’il soutienne en Israël ce qu’il n’a pas de mots assez durs pour condamner en France. Car les principes que nous venons de citer sont l’antithèse parfaite de ceux que le chef de l’Etat applique dans notre pays : encouragement à l’immigration massive, mépris des aspirations identitaires des Français, repentance systématique, soumission répétée aux desiderata d’entités supranationales, promotion des chimères délétères du multiculturalisme, criminalisation croissante de la légitime défense (ironie sanglante quand on soutient la politique d’Israël !).

Que les partisans du cosmopolitisme, que les ennemis du principe national, que les immigrationnistes forcenés soient aussi des contempteurs de l’Etat hébreu, c’est normal, c’est dans l’ordre. Ils détestent les nations où qu’elles soient et rêvent d’un monde « Benetton », qui n’existe que dans leur tête. C’est un rêve, et ce n’est même pas un beau rêve. Mais qu’un partisan d’Israël aussi enthousiaste que François Hollande puisse continuer de conduire la France comme il le fait, c’est là une énigme impénétrable.

Si quelqu'un a une idée, il peut me l'adresser sous pli discret...





lundi 21 juillet 2014

A bas BHL ! Vive HERTZL !


Theodor Hertzl (1860-1904)


Ainsi donc, des milliers de jeunes musulmans de France sont prêts à en découdre avec les Juifs. Un hideux sentiment antisémite se développe dans les très nombreuses et très populeuses banlieues françaises. Sans parler des prisons.

Posons maintenant une question : comment en sommes-nous arrivés là ? Il est évident que lorsqu’on remplit un pays de musulmans, comme on le fait en France depuis 40 ans, le sentiment antisémite ne peut qu’y augmenter. Quelqu’un peut-il citer un pays musulman où règne le philosémitisme ? Mais alors, demandera-t-on, qui a eu l’idée saugrenue de laisser s’installer chez nous des millions de musulmans ? De toute évidence, ce n’est pas la population française dans son ensemble, qui n’a jamais demandé une telle chose. Toutes les enquêtes d’opinion depuis maintenant vingt ans nous renseignent là-dessus : les Français trouvent qu’il y a trop d’immigrés. Ils n’en veulent plus. Ils en subissent les désagréments. On précisera en effet, à l'attention des plus distraits, que la montée de la haine antisémite n’est pas le seul inconvénient de l’immigration massive. Que ce soit le seul dont les médias s’autorisent à parler, n'est pas une raison pour ignorer le réel. Faut-il rappeler ici l'existence de la haine anti-française? Elle est bien réelle. Faut-il aussi préciser le taux de chômage des immigrés, leur coût pour les finances publiques et leurs effets déstructurants sur l’ensemble du territoire ? Tout cela est bien documenté. Pour nous en tenir à un fait spectaculaire, on rappellera que 45.000 véhicules sont incendiés chaque année dans les banlieues françaises, soit 150 chaque nuit. Cela ne fait pas une ligne dans les journaux. Il faut se rendre à l’évidence, cette immigration massive a été imposée par les classes dirigeantes, « droite » et « gauche » confondues. Mais alors, dira-t-on, si les Français ne voulaient pas d’immigration, ils n’avaient qu’à voter pour le Front National ! Oui, mais c’était psychologiquement bien difficile, car les classes dirigeantes avaient pris le soin de criminaliser ce vote, en expliquant aux Français qu’il s’agissait d’un parti nazi. Que voter contre l’immigration, c’était voter Hitler. Or, les Français sont globalement assez impressionnables et légitimement révulsés à l’idée de passer pour hitlériens. Ils ont donc, dans leur ensemble, baissé la tête.

A présent, les classes dirigeantes contemplent leur œuvre et semblent s’étonner. La première chose à dire est qu’il s’agit d’une bande d’imbéciles. La deuxième est qu’il s’agit d'une bande imbéciles criminels. La troisième chose à dire, beaucoup plus scabreuse et qui va faire sursauter le lecteur délicat, est que cette œuvre a été sinon inspirée du moins très vivement encouragée par une frange très active de l’élite juive. Il faut regarder la réalité en face : la promotion de l’immigration, le mépris pour l'assimilation à la française, la culpabilisation exagéré de la France des années 40, la permanente intimidation antifasciste (si efficace auprès de la droite parlementaire!), la critique des frontières, la délégitimation de toutes les réactions de défense identitaire, la ringardisation du patriotisme, la criminalisation du nationalisme, la diabolisation du Front National, la louange du multiculturalisme, tout cela fut, pendant les années 80, 90 et 2000 principalement l’œuvre d’idéologues juifs, d’associations et de groupes de pression créés et dirigés par des Juifs (SOS Racisme, LICRA, CRIF, MRAP...) et de tout le vedettariat télévisuel juif. Les idéologues en chef furent assurément Bernard-Henri Lévy et Jacques Attali, qui ont écrit -et dicté à nos imbéciles de gouvernants- tout le mal qu’il fallait penser de l’idéologie française (titre de l'ouvrage théorique le plus important de BHL, que Raymond Aron avait estimé à sa juste valeur -voir ici), nous expliquant à quel point l’immigration massive de musulmans dans notre pays était une bonne chose et à quel point il fallait être le dernier des fascistes pour s’y opposer. On m'objectera : « Cette élite n’est pas spécifiquement ‘juive’, il se trouve simplement que des Juifs sont à la tête de nombreux mouvements libéraux-libertaires, progressistes et antinationaux ! » Au risque d'aller directement en prison sans toucher 20.000 francs, je résisterai un peu sur ce point. En réalité, la frange dont je parle se revendique constamment comme juive, ne cesse de dire que ses idées sont juives et qu’elle les soutient en tant que juive. Il suffit de lire les livres d’Attali et BHL. Par là, ils nuisent beaucoup à la population française de confession juive, qu'il ne représentent guère (il suffit de la connaître pour s'en rendre compte), car ils font passer leurs idées folles pour la traduction fidèle de la morale et de la religion d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Certes, le progressisme anti-national est bel et bien, si l'on veut, une "version" du messianisme juif. Cela ne veut évidemment pas dire qu’elle soit la seule, ni encore moins qu’elle soit la bonne. Les plus hautes autorités du peuple juif l’ont violemment fustigée, qu'elles soient laïques ou religieuses. Ce fut le cas, justement, de Théodore Hertzl, le fondateur du sionisme, à la fin du 19ème siècle, qui morigénait en ces termes les juifs progressistes, leur refusant même le nom des fils d'Israël :

« Ceux-là recherchent la protection des socialistes et des destructeurs de l’ordre social… En vérité, ce ne sont plus des Juifs. Assurément, ils ne sont pas davantage Français. Ils vont probablement devenir les dirigeants de l’anarchisme européen. ».

On admettra que c’était plutôt bien vu. Simone Weil, elle aussi, avait cette frange dans le collimateur. Cette coterie le lui rend bien et, toute honte bue, la traite d'antisémite. Du côté des grands théologiens, on citera le grand Elie Bénamozegh, le Thomas d’Aquin du judaïsme rabbinique européen, qui avait par avance réfuté le progressisme juif et son idéologie anti-nationale, dans lesquels il voyait comme une forme de christianisme, ce qui dans sa bouche n'était certes pas un compliment (nous y verrions pour notre part une hérésie chrétienne, distincte du catholicisme traditionnel). Preuve qu’il y a d’autres courants au sein de l’élite intellectuelle juive que celui qui a acquis un si grand pouvoir idéologique en France ! Nous appelons à leur réveil, contre la main-mise des antinationaux sur l'opinion médiatique. 

Certes, on pourrait dire que la situation est encore plus grave, et que les antinationaux dont nous parlons ne le sont pas quand il s'agit d'Israël. Ils approuvent sur la Terre promise les principes qu'ils réprouvent chez les Gentils. On peut alors les accuser de duplicité. Bernard-Henri Lévy fait évidemment partie de cette catégorie peu honorable ; son soutien sans faille aux opérations de l'armée israëlienne quelles qu'elles soient et son hostilité au métissage des Juifs en sont la preuve expérimentale. Il s'agit très précisément de choses dont il ne tolère par le millième de la part des Gentils, et qu'il condamne de toute sa hauteur. Mais une chose est sûre : il existe une école juive cohérente, qui ne fait pas deux poids deux mesures et qui défend partout le droit des Nations à vivre et à se défendre.

Mais, me direz-vous, pourquoi entrer dans ce débat épineux ("où il n'y a que des coups à prendre", comme disent les prudents), au risque d'être mal compris? Pour une raison simple : il me semble que si on ne comprend pas ce que je viens d'essayer d'expliquer, si l'on ne comprend pas ce débat interne au sein de l'intelligentsia juive, on ne peut pas percevoir ce que la situation française a de spécifique et de malsain. Quelle est en effet la situation ? A peu près celle-ci : on explique aux Français qu'il faut approuver l'application par Israël de principes qui ont été abolis en France depuis trente ans, en grande partie sous la pression constante d'une frange dévoyée de l'élite juive, principes dont l'abolition est précisément la cause du chaos ethno-culturel qui risque de précipiter notre pays dans la guerre civile, au plus grand détriment de la population française de confession juive. Ma phrase est un peu longue, mais je crois qu'elle rend bien compte de l'absurdité horrible de la situation. La plupart des gens, d'ailleurs, n'y comprennent rien. Nos élites folles vont nous rendre fous.
A présent, en tout cas, l'élite anti-nationale, qui  vit bien à l’abri de tous les dégâts qu’elle facilite, feint de se scandaliser de la montée de la haine antisémite en France. La population juive, de son côté, qui subit de plein fouet la montée de cette haine d’origine musulmane, parle de plus en plus souvent de quitter la France pour Israël. Pourquoi ? Parce qu’Israël est un pays ethniquement homogène, et bien décidé à le rester, fondé sur une conception maurrassienne de la souveraineté, et qui met en œuvre tous les leviers classiques de la Realpolitik, sans le moindre égard pour les billevesées de l’humanitarisme progressiste. Bref, Israël est un pays qui applique le « nationalisme intégral », c’est-à-dire l’ensemble des idées qui ont été interdites en France par les classes dirigeantes, en grande partie sous la pression d’une frange de l’élite juive. Nous aussi, nous aimerions bien quitter ce pays pour retourner dans un pays où nous nous sentirions chez nous. Le problème, c’est que la France...c’est ici ! Je me répète, mais le pire du pire dans cette affaire absurde, est d’entendre les classes dirigeantes imbéciles et criminelles de notre pays approuver en Israël le centuple de ce qu’elles interdisent en France sous peine de prison. Vous vous défendez contre un cambrioleur qui vous menace d’une arme en France ? Le Gouvernement français vous cloue au pilori ! Israël applique le ratio de 200 pour 1 en matière de représailles ? Le Gouvernement français l'approuve !
Qui osera dire que tout cela n’est pas vrai ?
La meilleure solution ? Que la population française de confession juive reste en France, et, pour cela, qu’elle nous aide à faire le ménage au sein de nos élites…et des siennes !

Vive Théodore Hertzl !

Attali et BHL au placard !

Zemmour et Finkielkraut au pouvoir !
 




vendredi 18 juillet 2014

Que faire ?



« Le régime tyrannique est injuste car il n'est pas ordonné au bien commun mais au bien privé de celui qui détient le pouvoir. C'est pourquoi le renversement de ce régime n'est pas une sédition; sauf peut-être dans le cas où le régime tyrannique serait renversé d'une manière si désordonnée que le peuple qui lui est soumis éprouverait un plus grand dommage du trouble qui s'ensuivrait que du régime tyrannique lui-même. C'est davantage le tyran qui est séditieux, lui qui nourrit dans le peuple les discordes et les séditions, afin de pouvoir le dominer plus sûrement. Ce régime est une tyrannie, puisqu'il est ordonné au bien propre du chef, et parce qu'il nuit au peuple. »

Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, II-II, Question 42, article 2, ad 3



jeudi 17 juillet 2014

Touriste, ton nom est Légion !




Et le Seigneur dit à Satan : « D’où viens-tu ? »

Satan répondit : « Je faisais le tour de la Terre, je la parcourais en tous sens. »

Job, 1, 6.



mercredi 9 juillet 2014

Une énigme à méditer sur la plage


Dans les grandes comme dans les petites choses, il semblerait que nos dirigeants depuis 40 ans, dans à peu près tous les domaines, soient frappés d’une véritable malédiction. A-t-on remarqué à quel point tout ce qu’ils entreprennent échoue lamentablement ? Attention, je ne veux pas dire par là qu’ils obtiennent des résultats modestes, voire minables au regard d’ambitions grandioses, non. Il s’agit de quelque chose de bien plus terrible : leurs projets aboutissent, systématiquement, au résultat contraire de ce qu’ils avaient annoncé. Prenons quelques exemples. Dans les années 60, l’Eglise catholique annonce qu’elle révolutionne sa liturgie, son mode d’enseignement, sa relation au monde moderne, dans le but d’attirer les foules et de séduire les masses populaires. Quarante ans plus tard, les églises sont désertées, les gens ne font plus baptiser leurs enfants, les vocations de prêtres ont été divisées par dix, la culture catholique ne se transmet plus. Les seuls à demeurer vivants sont précisément ceux qui ont refusé les réformes, les "traditionnalistes". Autre exemple : en 1990, Lionel Jospin réforme l’école, appliquant les méthodes pédagogiques révolutionnaires inventées dans les années 70. Objectif : réduire les inégalités sociales, faciliter l’accès au savoir. Sans tarder, le niveau s'est effondré. Vingt-cinq ans plus tard, les instituteurs sont illettrés, l’école publique n'est plus qu'une garderie mal tenue, le baccalauréat n’a plus aucune valeur. Conséquence directe : les inégalités sociales en matière scolaire ont littéralement explosé. Les seules à s'en sortir sont les écoles libres qui n'appliquent pas les réformes. Encore un exemple : en 2000, on lance l’Euro, qui doit nous apporter la croissance, le plein emploi et hâter l’avènement des Etats-Unis d’Europe. Quinze ans plus tard, la zone euro s’enfonce dans la crise, le chômage et la stagnation ; plusieurs pays parlent sérieusement de quitter l’Union européenne (sur ce point, la réussite de l'Allemagne n'est pas une objection recevable, voir ICI). Un dernier pour la route ? En 2003, les néoconservateurs américains entament leur "guerre contre le terrorisme" en Irak, dépensant pour ce faire des centaines de milliards de dollars et causant la mort de centaines de milliers de personnes. Dix ans plus tard, le califat est officiellement rétabli en Irak, le terrorisme salafiste s’étend de la Libye jusqu’à la Syrie et gagne l’Europe. L'année 2014 marque même le retour d'un supplice autrefois très en vogue dans la région : la crucifixion. Ah oui, j'oubliais : les Talibans sont de nouveau au pouvoir en Afghanistan. Bon, j’arrête pour les grands dossiers.

Je disais en commençant que ce qui est vrai en gros est aussi vrai en détail. Regardez par exemple l’UMP : ce parti est dirigé depuis trois ans par des gens qui ne cessent de prôner la rigueur budgétaire et d’annoncer que lorsqu’ils reviendront au pouvoir, les mânes de Pinay flotteront sur la France. Fort bien. En trois ans, ils ont réussi à creuser une dette de 75 millions d’euros dans une structure qui emploie quelques dizaines de personnes. On admettra que c'est prometteur.

A considérer ce phénomène, on se perd en conjectures : les dirigeants sont-ils secrètement recrutés sur la base d'un test visant à vérifier qu'ils sont tous complètement idiots ? Ont-ils le cerveau monté à l’envers ? Font-ils exprès de tout détruire, inspirés par la haine ? Sommes-nous dans Batman ? Est-ce une bande de clowns terroristes, disciples du Joker ?
La question est mise au concours !


lundi 7 juillet 2014

Misère, voici le Progrès


Poursuivons la réflexion commencée dans le précédent billet. Une intuition nous guide, qui est la suivante : la confusion entre misère et pauvreté a d’immenses conséquences en matière économique. Elle est au cœur du système de justification de la mondialisation. On nous dit, en effet, que la mondialisation a pour but, et en tout cas pour effet, de « tirer les gens de la misère et de la pauvreté » (les deux mots sont employés indistinctement par la novlangue). Une telle phrase est évidemment ambiguë : or, nous, qui connaissons le sens des mots, nous poserons donc la question : « de la misère ou de la pauvreté ? » A regarder les faits, la réponse est évidente : la mondialisation a pour effet de tirer les populations de la pauvreté. Son but est de faire entrer tous les pays du monde dans l’espace homogène de valorisation du Capital mondial, et pour cela d’aligner leurs rapports de production, leurs modes de vie, leur idéologie, leurs systèmes de représentations sur le système marchand. Concrètement, cela consiste en un petit nombre d’opérations bien définies : désenclaver les économies de subsistance, supprimer les cultures vivrières et faire entrer les producteurs dans le jeu des échanges internationaux ; intégrer dans le circuit marchand le maximum d’activités ; instiller dans les esprits des populations les désirs et réflexes consuméristes (« Welcome to the wonderful world of goods ! » comme je le vis inscrit au-dessus du premier supermarché de Hanoï il y a quinze ans) ; bancariser le plus de monde possible, faire en sorte que l’ancien pauvre ne produise plus rien de ce qu’il consomme, et ne consomme plus rien de ce qu’il produit. Si vous êtes un paysan à peu près autarcique, se satisfaisant de son existence modeste, de sa vie humble, à l’écart des circuits internationaux, si vous êtes un pays à peu près autonome, où bon nombre d’activités se déroulent au sein de ce que la langue de la mondialisation appelle le « secteur informel » ; si le fil des jours et le retour des saisons vous sont de suffisants voyages, si vous n’aspirez pas à vous procurer les derniers produits de l’innovation, bref, si vous êtes un pauvre, un humble, un « homme d’avant » et que vous vous en trouvez bien–c’est très simple : vous devez disparaître. La mondialisation a programmé votre alignement. C’est là, me semble-t-il, la grande différence entre la mondialisation et la colonisation. La colonisation avait pour effet principal de tirer les populations de la misère, matérielle et morale : elle a éradiqué les disettes, les famines, amélioré l’hygiène, la santé, fait reculer la mortalité infantile ; alphabétisé les populations. Rien de moins. Mais rien de plus. Les gens sont restés vivre à la campagne ; on n’a pas créé de bidonvilles, le mode de vie des paysans, des manœuvres et des petits boutiquiers n’a pas été tellement bouleversé ; leur religion parfois, a changé, mais pas toujours. Disons que le christianisme a remplacé l’animisme, mais jamais il n’a remplacé l’islam. Et peut-être, après tout, pouvait-on considérer l’animisme comme une forme de misère intellectuelle et morale ? J’en serais pour ma part assez d’accord. Quant au catholicisme et à l’Islam, ils n’ont jamais prôné la détestation de la pauvreté. La mondialisation, elle, est bien différente : elle arrache les populations à leur mode de vie, détruit leur culture, leurs représentations et introduit dans les têtes le désir de n’être plus un pauvre, le désir de vivre comme les occidentaux, « comme les riches ». Or, une telle révolution, chose remarquable, n’est pas incompatible avec le maintien, voire le retour de la misère. Sur ce sujet, on lira l’intéressant ouvrage de Majid Rahnema et Jean Robert, La puissance des pauvres (Actes Sud, 2008).



vendredi 4 juillet 2014

Judaïsme, catholicisme et pauvreté



Jacques Attali, lorsqu’il s’agit d’expliquer la différence entre le catholicisme et le judaïsme, a l’habitude de dire la chose suivante : « Tandis que le catholicisme déteste la richesse, le judaïsme, lui, déteste la pauvreté. » De cette différence, l’orateur ne manque pas de conclure à la supériorité morale du second sur le premier : le catholicisme serait, en effet, animé par les forces négatives du ressentiment, tandis que le judaïsme serait mû par l’énergie d’une compassion positive. Cette supériorité morale de l’esprit du judaïsme se traduirait dès lors par une réussite économique éclatante, aboutissant pour finir à la réduction effective de la pauvreté. Le catholicisme, de son côté, et si on l’avait laissé faire, aurait maintenu l’Occident dans la disette, au profit sans doute d’une minorité d’hypocrites. L’histoire entière de la Modernité serait donc celle de l’émancipation des hommes à l’égard du catholicisme, force hostile au Progrès, et elle signerait la victoire du judaïsme, inventeur du capitalisme libérateur. Notre historien précise généralement, et à juste titre, que cette victoire n’aurait pas été possible sans la Réforme protestante, qui a converti une partie des élites chrétiennes à la morale juive en matière économique. Tout cela, sur une estrade, remporte un certain succès. C’est propre, c’est net, c’est clair. A vrai dire, c’est même assez vrai. Mais pas complètement vrai. Voyons cela de plus près. L’alternative entre richesse et pauvreté est un peu trop simple. Il manque un terme : la misère. Le propre du catholicisme, en effet, est de distinguer la misère de la pauvreté. La première peut être définie comme le manque du nécessaire ; la seconde comme l’absence du superflu. Lorsqu’on est dans la misère, on ne peut pas penser à autre chose qu’à sa propre subsistance. Quand on est pauvre, on doit apprendre à se contenter de ce que l’on a ("contenti prasentibus", comme dit l'Epître aux Hébreux, 13, 5).

« On confond presque toujours, disait Péguy, la misère avec la pauvreté ; cette confusion vient de ce que la misère et la pauvreté sont voisines ; elles sont voisines sans doute, mais situées de part et d’autre d’une limite ; cette limite est celle en deçà de qui la vie économique n’est pas assurée, au-delà de qui la vie économique est assurée […] Beaucoup de problèmes restent confus parce qu’on n’a pas connu cette distinction ; ainsi on attribue à la misère les vertus de la pauvreté, ou au contraire on impute à la pauvreté les déchéances de la misère. » (in De Jean Coste p. xxx)

Or, bien plus que la « haine de la richesse », c’est la lutte active, constructive, obstinée contre la misère qui forme le motif le plus profond de l’action catholique dans l’Histoire : comment comprendre sinon que le catholicisme ait prêché partout les sept « miséricordes corporelles », couvert l’Europe d’hôpitaux et d’écoles, lutté partout contre la faim, le dénuement et l’ignorance ? Mais il est également vrai -sur ce point Attali a raison- que le catholicisme a toujours prôné le mépris de la richesse et vanté les mérites de la pauvreté. Le Christ ne dit-il pas qu'"il est plus facile à un chameau de passer par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu" ? (Luc, 18, 24) Certains, ne pouvant imaginer qu’on puisse avoir d’autres motifs de se défier de la richesse que l’envie et le ressentiment, se demanderont pourquoi. Les motifs sont pourtant nombreux et positifs. Il suffit de penser à la vie du « riche » : le premier malheur du riche, qu’il veuille le devenir ou qu’il s’attache à le rester, c’est qu’il ne pense plus qu’à ça. Rappelez-vous le savetier et le financier dans les Fables de La Fontaine. Le péril de la richesse est de remplir l’âme de bien matériels et de la détourner des biens supérieurs, d’anesthésier progressivement la sensibilité spirituelle. De ce point de vue, la richesse ressemble à la misère ; elle a souvent, même si c'est dans la soie et de manière moins visible, les mêmes effets délétères sur l'âme. Elle l'empêche d'accéder à ce qui vaut vraiment d'être poursuivi et, en cela, la prive des vrais biens. La fuir est toutefois plus difficile, car elle présente des attraits dont la misère est évidemment dépourvue. Le catholicisme se borne ainsi à rappeler qu’après le manque du nécessaire, la pire servitude est sans doute la convoitise du superflu. Être dans le besoin est insupportable ; désirer sans fin des choses inutiles est une malédiction. Ensuite, le riche est, plus que le pauvre, susceptible d’oublier la fragilité de la condition humaine, de se claquemurer dans un orgueil d’acier, finissant par croire que sa réussite matérielle est le signe d’une sorte d’élection, d’une supériorité sur les autres, voire d’une extra-territorialité morale. Enfin, le riche risque de croire que l’argent achète tout, remplace tout, tient lieu de tout. Ce qui est vrai, en apparence, mais si profondément faux que le riche comprendra, mais un peu tard, qu’un linceul n’a pas de poches. "Malheureux êtes-vous, les riches, car vous avez votre consolation !" (Luc, 6, 24) Voilà en deux mots pourquoi une civilisation catholique ne saurait viser l’enrichissement général, mais plutôt une pauvreté honnête et la frugalité à l’égard des biens matériels. De ce point de vue, il est absolument vrai que le catholicisme a perdu la partie. Le modèle d’une vie modeste, sans grands appétits matériels, tout entière tournée vers les biens que sont Dieu et les divers liens de la charité, n’a pas séduit le Monde. Est-ce à dire que le Judaïsme ait gagné, comme s’en réjouit Jacques Attali ? Nous ne le croyons pas. Ce que Jacques Attali appelle le "judaïsme" ressemble comme deux gouttes d'eau au catholicisme bourgeois du 19ème siècle, qui se faisait fort de démontrer que la pauvreté prônée par le Christ n'était rien d'autre que la pauvreté "en esprit", qui permet, si l'on peut dire, de faire passer le chameau dans le chas de l'aiguille, en conciliant la vie du riche avec la bonne conscience. Mais tout cela ne tient pas, que ce soit au sein du judaïsme ou au sein du catholicisme. La promesse de Dieu, c'est Dieu lui-même, pas l'opulence matérielle. Au demeurant, les critiques de la richesse et les éloges de la pauvreté que nous avons cités se trouvent non seulement dans l'Evangile, mais aussi dans la bouche des prophètes d’Israël –Ezéchiel, Amos, Osée- qui ont toujours morigéné l’interprétation charnelle des promesses divines et vitupéré la passion des hommes pour le Veau d’Or. Ce n’est sans doute pas un hasard si la condamnation évangélique la plus ferme de l’appât du gain se trouve dans l’épître la plus hébraïque de toutes : celle de Jacques, "frère de Jésus", en qui résonne encore la voix des prophètes (Jc, 5, 1-4, voir aussi Amos, 6). La défaite du catholicisme, à notre sens, est aussi la chute du judaïsme, comme la victoire finale de l’Eglise –par-delà toutes ses défaites-  sera le relèvement d’Israël. Il est étonnant qu’un homme aussi cultivé que Jacques Attali ne s’en rende pas compte.


Post-scriptum 1 : pour sortir de la vision attalienne du judaïsme, on lira avec profit les articles de Bernard Lazare (1865-1903), qui fut, selon le mot de Péguy, "l'un des grands parmi les prophètes d'Israël". Par exemple "La conception sociale du judaïsme et le peuple juif", paru dans La Grande Revue, en septembre 1899. On trouvera d'autres textes dans un excellent recueil intitulé Bernard Lazare, la Question juive, chez Allia, 2012.

Post-scriptum 2 : la science contemporaine, qui aime redémontrer les évidences, est en train de vérifier, sur ce sujet comme sur bien d’autres, les immémoriales leçons de la sagesse. On pourra lire sur les effets moraux de la richesse ces quelques études récentes :


COTE, CHENG & alii, “Having Less, Giving More : The Influence of Social Class on Prosocial Behavior”, in Journal of Personality and Social Psychology, 2010 :
http://www-2.rotman.utoronto.ca/facbios/file/HavingLessGivingMore.pdf
PIFF, STANCATO & alii, “Higher social class predicts increased unethical behavior », in Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of American, 2013 :
http://www.pnas.org/content/109/11/4086.full.pdf+html

Paul K. PIFF, “Wealth and the Inflated Self, Class, Entitlement, and Narcissism”, in Personality and Social Psychology Bulletin, 2013 :
 http://psp.sagepub.com/content/early/2013/08/19/0146167213501699.abstract