vendredi 31 octobre 2014

En route vers le Point Oméga !


                                                Plan pour rejoindre le Christ cosmique



L’autre jour, j’ai voulu faire un effort et me lancer dans la lecture de Teilhard de Chardin. Une gloire des années 50 ! Le Luis Mariano de la théologie !

Après tout, les idées que j’avais depuis longtemps sur ce jésuite paléontologue (à savoir qu’il s’agit d’un penseur fumeux et sans doute hérétique) n’étaient que des préjugés, puisque je n’en avais jamais lu une ligne.

Or, donc, j’ouvre le premier volume de ses écrits théologiques. Je choisis un essai au titre assez tordu -Comment je crois- mais prometteur d’une synthèse accessible. Aussitôt lancé, passée l’impression d’entrer dans un brouillard de mots, voici que je débouche sur une affirmation on ne peut plus tranchante et mieux frappée :

"Le Monde, telle est en dernière analyse la première, la dernière et la seule chose en laquelle je crois."

Voilà qui a le mérite d’être clair.

Une autre ?

"On peut définir en avant de nous un centre cosmique universel où tout aboutit, où tout se sent, où tout se commande. Eh bien, c'est en ce pôle physique de l'universelle Evolution qu'il est nécessaire, à mon avis, de placer et de reconnaître la Plénitude du Christ... L'Evolution en découvrant un sommet au monde, rend le Christ possible..."

Vous avez bien lu : l'Evolution (avec une majuscule, of course) rend possible l'existence du Christ dans l'avenir !

Il fallait donc se rendre à l’évidence : mes maîtres thomistes ne m’avaient pas trompé. Ils avaient même été gentils. Non seulement Teilhard était hérétique, mais il était athée -ou panthéiste, ce qui revient au même. On peut même voir en lui l'un des fondateurs de la religion New Age. Le précurseur de Raël. Certains vont dire encore que j'exagère. Mais non. Ou alors pas assez. Voyez ce qu'il écrivait à Léontine Zanta (journaliste féministe née en 1872 et morte en 1942) :

« Comme vous le savez déjà, ce qui domine mon intérêt et mes préoccupations est l’effort pour établir et répandre autour de moi une nouvelle religion (vous pouvez appeler cela un christianisme amélioré) dans laquelle le Dieu personnel cesse d’être le grand propriétaire néolithique d’autrefois, afin de devenir l’âme du monde; notre scène culturelle et religieuse appelle à ce changement.» (Correspondance, Paris, Desclée de Brouwer, 1965, p. 127).

Voilà, voilà. Anathema sit.
Je vous accorde que je rends ma sentence très rapidement, mais vous m'accorderez à votre tour qu'il y a des dossiers vraiment trop faciles. Les inquisiteurs ont le droit aussi de prendre leur après-midi !



vendredi 24 octobre 2014

Que penser du linceul de Turin ?


positif/négatif

On appelle « Linceul de Turin » une grande pièce de lin, conservée à Turin, qui est censée avoir enveloppé le corps du Christ au tombeau, et sur laquelle son image se serait mystérieusement déposée. Cette relique, en France du moins, n’a pas très bonne réputation. La plupart des gens vous diront qu’il s’agit d’un « faux du Moyen-Âge ». Et si vous êtes capable d’apporter de sérieux éléments en faveur de l’authenticité, on vous répondra que la foi n’a de toute façon pas besoin de ce genre d’éléments matériels, vestiges de la piété superstitieuse des temps anciens. 

Que penser de tout cela ?

Traitons les questions dans l’ordre. 

D’abord, le linceul est-il authentique ? Autrement dit : l’image du Christ qui se trouve sur le linceul a-t-elle été produite par le corps du Christ lui-même, pendant qu’il était au tombeau ?

Contrairement à ce qu’on raconte dans les revues de vulgarisation[1], l’authenticité du linceul est l’hypothèse la plus probable.

D’abord les faits : le linceul est une pièce de lin tissée, typique de l’époque du Christ, et tout à fait conforme aux tissus utilisés pour les linceuls de la classe favorisée (n’oublions pas que Joseph d’Arimathie, membre du Sanhédrin, s’est occupé de l’enterrement). Elle est maculée de sang et porte des ombres qui dessinent la silhouette très floue d’un homme nu, allongé, les mains croisées. Mais lorsqu’on regarde un négatif photographique du linceul, on a la surprise de voir apparaître la même silhouette, beaucoup plus nette, avec plus de détails et un fort effet de relief, comme s’il s’agissait d’une photo en positif.

Analysée par des médecins légistes, des physiologistes, des chimistes, des cristallographes et des botanistes, le linceul nous apprend les choses suivantes : l’image est celle d'un homme de type sémite, au nez long, barbu et chevelu, mesurant environ 1,78 mètre, âgé de 30 à 35 ans ; au niveau des pieds et des poignets, l'image montre des traces de perforation (on notera au passage que les représentations médiévales du Christ en croix plaçaient les perforation au centre de la paume des mains, et non au niveau des poignets -mais on sait maintenant que les Romains plaçaient les clous au niveau des poignets). Elle présente aussi les traces d’une multitude de piqûres sanguinolentes tout autour du crâne[2], les marques d’une flagellation très violente des épaules et des jambes (semblables à celles qu'aurait pu laisser le fouet spécifique de l'armée romaine : le flagrum taxilatum, qui comporte deux petites billes de métal au bout des lanières), des coups au visage et une perforation profonde au niveau du poumon droit (ayant la forme de la lancea romaine)[3]. Autre élément important de l’ « autopsie » : le sang qui macule le linceul, du groupe AB, présente un excès de bilirubine, caractéristique des organismes qui éprouvent des souffrances très intenses[4]. D’après les experts, l’état du linceul permet d’affirmer que s'il a contenu un corps, ce dernier n’y est pas resté plus de quarante heures ; mais chose étrange, la surface de l’étoffe ne présente aucune trace d’arrachement. Le tissu contient aussi des traces de différents pollens[5], difficilement trouvables ailleurs qu’en Palestine, et des poussières minéralogiques caractéristiques de Jérusalem[6].

Ce n’est pas tout. Les chercheurs se sont aussi intéressés aux caractéristiques techniques de l’image. Il en ressort qu’elle résulte d’une simple déshydratation et oxydation de la cellulose du lin[7]. Aucune peinture, aucun solvant, aucun enduit n’a été retrouvé. Les zones ombrées qui forment l’image n’ont pas de contour net, pas de tracé, pas de directionnalité (pas de coups de pinceaux) et la coloration n’a pas pénétré profondément dans l’étoffe. En outre, l’image ne présente pas de « déformation panoramique », ce qui arrive lorsqu’on applique un tissu sur un visage pour prendre une empreinte par contact[8] ; l’image a été comme projetée perpendiculairement sur le tissu, comme si le linceul avait été tendu face au corps, à la manière d’une plaque photographique. C’est cette particularité qui fait dire aux experts qu’il s’agit d’une image « tridimensionnelle » : car, en partant du principe que l’intensité de l’oxydation est inversement proportionnelle à la distance entre le tissu et le corps, on peut traiter l’image comme un code pour reconstituer le visage et le corps en relief. Les résultats sont alors saisissants.

Venons-en à la datation. L’affirmation, inlassablement répétée depuis vingt-cinq ans, selon laquelle il s’agit d’un « faux médiéval » vient d’un essai de datation au carbone 14 réalisé en 1988, et qui avait situé le linceul dans un intervalle compris entre 1260 et 1390[9]. Malheureusement (pour leurs auteurs) ces tests se sont avérés sans valeur. On pouvait le subodorer a priori, compte tenu de la force des autres éléments de datation disponibles (l’existence du  linceul est documentée dès 544, à Edesse, puis à Constantinople, de 944 à 1204[10] ; par ailleurs, il est représenté sur un miniature hongroise -le « codex Pray »- datée de manière certaine des années 1190). Mais la fausseté de cette datation au C14 s’est trouvée confirmée et archi-confirmée par des expertises ultérieures. Quatre choses à dire à ce propos : la première, c’est que la technique de datation au C14 est en général peu fiable lorsqu'elle est appliquée à des tissus et autres matériaux susceptibles d'avoir été altérés et couverts de dépôts bactériens [11] ; la deuxième, c’est qu’il a été démontré que, dans sa totalité, le linceul est particulièrement impropre à une datation au carbone 14, en raison des très importants dépôts de moisissures et de carbonate de calcium, qui faussent totalement les évaluations (en chargeant le tissu en C14)[12]; la troisième, c’est que, en l’espèce et au surplus, le test au carbone 14 a été effectué sur des parties rénovées du linceul (les échantillons avaient été prélevés sur la bordure, à l’endroit où l’on tenait le linceul pour les expositions)[13]; la quatrième, la plus importante, c’est que d’autres méthodes de datation beaucoup plus sûres pour ce genre de matériau existent (spectroscopie infra-rouge, spectroscopie « Raman » et datation mécanique multi-paramétrique), et qu’elles ont été appliquées au linceul (en 2005, 2010 et 2013), dans un silence médiatique de plomb.[14] Et pour cause : elles concluent toutes à une origine compatible avec l’authenticité : entre 200 avant J.-C. et 300 après J.-C.

Ces faits étant acquis, passons en revue les explications concevables. Il y en a quatre.

Le linceul est :

1.    une image artificiellement réalisée de main d’homme
2.    une image naturellement déposée par le corps d’un autre homme que le Christ
3.    une image naturellement déposée par le corps du Christ
4.    une image surnaturellement déposée par le corps du Christ

La première hypothèse est évidemment exclue par les données que nous venons de rappeler : l’image n’est pas faite de peinture, ni d’une quelconque substance artificielle. Elle résulte d’un pur processus physico-chimique, n’engageant que le tissu et le corps, sans opérateur extérieur ni substance ajoutée. L’hypothèse d’une image artificielle suppose en outre que le faussaire ait eu, 1600 ans avant l’invention de la photographie, une idée de ce  que rendrait un tirage négatif de son œuvre. Plus difficile encore, il aurait dû prévoir que des techniques très pointues de la fin du XXème siècle permettraient de découvrir la bilirubine, d’identifier le pollen et d’analyser les minéraux présents sur le tissu. Quelles raisons aurait-il eues, sinon, d’en saupoudrer le linceul ? Tout cela est absurde. Bref, l’hypothèse de la fabrication artificielle est intenable.

Nous pouvons passer aux deux hypothèses suivantes.

Elles ont un point commun : elles supposent qu’un corps humain réellement supplicié a été enveloppé dans le linceul et y a déposé, naturellement, son image.
Elles partagent aussi deux graves difficultés : d’une part, on ne connaît aucun processus physico-chimique naturel susceptible de déposer spontanément une telle image sur un tissu (en d’autres termes : quand on met un cadavre dans un linceul, il n’y laisse pas une image de lui-même !) ; d’autre part, même en admettant qu’une image puisse se former par contact, elle devrait présenter une déformation panoramique, absente dans notre cas. Admettons tout de même qu’on découvre un phénomène rare, dû à des conditions très particulières, capable d’expliquer la formation de l’image[15].

Nous dirons alors ceci : soit il s’agit d’un homme torturé exactement comme le Christ, soit il s’agit du Christ. Dans le premier cas, il faut imaginer qu’un sadique a fait subir le supplice de la crucifixion à un malheureux, en suivant soigneusement les descriptions de la Passion dans les évangiles, en y ajoutant quelques détails tirés d’une connaissance extraordinaire des pratiques romaines de torture et de leurs instruments. Soyons directs : cette hypothèse n’est pas crédible. Pourquoi ? Eh bien d’abord parce que le faussaire-sadique ne pouvait pas raisonnablement croire que son opération laisserait une image sur le linceul, puisque d’habitude les cadavres ne laissent pas d’image d’eux-mêmes sur les linceuls ! Réfléchissons bien à ceci : le faussaire-sadique n’aurait pu entreprendre son opération que s’il avait pensé, du fait de son expérience passée, pouvoir en tirer une image précise sur le linceul. Or, il ne pouvait pas le croire puisque cela n’arrive pas en temps normal (la science est obligée d’invoquer des phénomènes extraordinaires). Dès lors, pourquoi avoir tenté une telle chose ? A quoi bon raffiner la torture, en respectant tous les détails historiques, s’il n’en escomptait aucun résultat ? Autre question : par quelle étrange piété un homme vivant à l’époque du Christ, ou même un ou deux siècles après, aurait-il voulu fabriquer une preuve de la mort de Jésus (dont personne ne doutait), entreprenant pour cela de torturer à mort un innocent ? La seule version logiquement tenable de l’hypothèse du sadique consisterait à dire  qu’il n’avait pas pour objectif d’obtenir une image du supplicié, et que cette dernière a été un effet hasardeux, non délibéré. Le sadique n’était pas doublé d’un faussaire ; il se serait simplement borné à faire subir la passion du Christ à sa victime, avant de l’enrouler dans un linceul, sans but particulier. Just for fun. Qui peut croire à ce scénario digne de Saw VI ? Le plus probable, d’un point de vue scientifique, est donc que l’image a été déposée par le corps de Jésus lui-même. Rappelons en effet que la mort du Christ et son ensevelissement sont par ailleurs bien attestés par l’histoire. Il est donc superflu, d’un point de vue scientifique, d’invoquer l’existence d’un deuxième cadavre identique à celui du Christ. Le principe du « rasoir d’Occam » -ou principe d'économie- s’applique ici sans problème : il ne faut pas multiplier les entités sans nécessité.

Mais comment l’image a-t-elle pu se former ?  

L’énigme reste entière. Une chose est sûre : la science n’a désormais qu’une alternative : ou bien découvrir un processus inédit par lequel l’image a pu s’imprimer naturellement, et conclure à l’authenticité du linceul. Ou bien affirmer que l’image est inexplicable physiquement et conclure ….à l’authenticité du linceul ! Dans les deux cas, il faut reconnaître que le corps du Christ a bel et bien déposé son image.
Il y a toutefois une différence entre les deux branches de l’alternative : dans le premier cas, il s’agirait d’une image naturelle. Dans le deuxième, d’une image surnaturelle. Il faudrait, en effet, invoquer un processus étranger aux lois de la nature, autrement dit un miracle. Il y a pour cela de bons arguments : le processus de projection de l’image, qui suppose que le tissu ait été tendu devant le corps et non plaqué à son contact ; l’absence de toute trace d’arrachement ; la perpendicularité parfaite du rayonnement issu du corps vers le linceul. Ces éléments nous portent à conclure que, en l’état actuel des données scientifiques, l’hypothèse de l’authenticité miraculeuse est la meilleure parce qu’elle rend compte très précisément, et d’un seul coup, de tous les faits, c’est-à-dire de toutes les particularités de l’image imprimée sur le linceul (historiques, optiques, physiologiques et médico-légales) ; qu’elle est la plus simple, la plus élégante et qu’elle n’oblige pas à recourir à des hypothèses ad hoc farfelues. Qu’on s’en étonne ou pas, il faut se rendre à l’évidence, l’intervention de Dieu est parfois une hypothèse rationnellement beaucoup moins farfelue que les élucubrations du cercle zététique !

Admettons que nous ayons raison. Un deuxième type d’objection intervient alors : « de toute façon, authentique ou pas, ça n’a aucun intérêt ! La foi est au-dessus de toutes ces choses matérielles. Le culte des reliques, c’est du passé, c’est fini. » Cette objection est d’autant plus troublante qu’elle émane souvent de chrétiens, voire d’ecclésiastiques ! Comment la comprendre ?

Posons-nous une question simple : si le linceul est authentique, que prouve-t-il ?
Il y a deux cas. Si le linceul est une image naturelle du Christ, on peut considérer qu’il constitue une preuve (supplémentaire) de la mort du Christ. Une preuve aussi de la véracité du récit des évangiles concernant la Passion. Quel historien resterait froid à l’idée que nous aurions découvert une photographie de Napoléon ? Deuxième cas : si le linceul est une image miraculeuse, il ne prouve pas seulement la mort du Christ ; il prouve aussi qu’il s’est passé quelque chose de surnaturel à l’intérieur du tombeau du Christ ! De là à dire qu’il « prouve la Résurrection », il y a un pas infranchissable. Pour être rigoureux, il faut dire simplement que le linceul apporte un élément supplémentaire tendant à renforcer les arguments déjà existants en faveur de la Résurrection (tombeau vide, conversion subite des apôtres, récits d’apparitions). Mais alors, pourquoi tant de gens écartent le linceul d’un revers de la main ? Il y a là une question qui dépasse le linceul. Cela rejoint un problème fondamental : le mépris de l’enracinement historique de la foi. Beaucoup de gens semblent considérer que la vérité historique des évangiles n’a aucune importance ; que le christianisme est seulement une sagesse, une morale, et qu’avoir la foi, c’est simplement penser que ce que dit le Christ est « intéressant » ou « génial ». Qu’être chrétien, c’est « approuver le message du Christ » -que cet homme ait existé ou non.

Pour tous ces gens, en fin de compte, il est donc sans intérêt de savoir si le linceul est authentique, tout simplement parce qu’il est sans intérêt de savoir si le Christ a existé, s’il est mort, si le récit des évangiles est véridique. Or, cette opinion est insoutenable. Avoir la foi, c’est croire que Jésus-Christ est vraiment le Fils de Dieu et que cela a été attesté par sa Résurrection, qui préfigure la nôtre. Si le Christ n’a pas existé, s’il n’est pas mort, pas ressuscité, si les évangiles sont un roman, alors Dieu ne s’est pas incarné, il n’a pas réalisé les prophéties de l’Ancien Testament, il n’a pas sauvé l’humanité et nous ne ressusciterons pas. Il reste une morale, qui ressemble à une sorte de judaïsme libéral ou de stoïcisme spirituel. Quelle espérance pouvons-nous avoir si nous ne croyons pas vraiment à la résurrection des morts ? Une morale n’a jamais sauvé personne. Comme le dit Saint Paul, « Si le Christ  n’est pas ressuscité, notre foi est vaine ». Or, pour croire à une chose pareille, on peut certes se fier à la parole de l’Eglise, et estimer cela suffisant. D’ailleurs, ça l’est. Mais, comme chacun sait, nous avons tous des moments de doute, et les esprits forts sont parfois enclins à ne pas croire l’Eglise sur parole. Il y a aussi les gens qui sont nés et ont grandi à l’extérieur de l’Eglise. Ceux-là, comment allez-vous les convaincre que le Christ est bel et bien mort et ressuscité ? Il serait absurde de leur dire : "il suffit d’y croire !" Car ils auraient raison de répondre : "Ah oui et pourquoi devrais-je croire à une histoire pareille ?" Personne ne peut croire sans motifs de croire. Parmi ces motifs, il serait tout de même étrange de négliger les preuves historiques ! Ne négligeons pas qu’un bon argument est aussi une forme de grâce.

Dernier point : que dire du culte des reliques ? Il est évident que la piété ne consiste pas à passer sa journée à adorer les reliques sacrées ! Mais mise à sa place, la contemplation des reliques n’est pas une mauvaise chose. On lira là-dessus saint Thomas d’Aquin :

« Comme dit Aristote il y a un double mouvement de l'âme vers l'image : l'un se portant vers l'image elle-même en tant qu'elle est une réalité, l'autre se portant vers l'image en tant qu'elle est l'image d'autre chose. Il y a cette différence entre ces deux mouvements, que le premier est différent de celui qui se porte vers la réalité représentée, tandis que le second, qui se porte vers l'image en tant qu'image, est identique à celui qui se porte vers la réalité représentée. Ainsi donc, il faut dire qu'on ne doit aucune vénération à l'image du Christ en tant qu'elle est une chose, comme du bois sculpté ou peint, parce qu'on ne doit de vénération qu'à la créature raisonnable. Il reste donc qu'on lui manifeste de la vénération seulement en tant qu'elle est une image. Et il en résulte qu'on doit la même vénération à l'image du Christ et au Christ lui-même. Donc, puisque le Christ est adoré d'une adoration de latrie, il est logique d'adorer de même son image. » (S.T. III, 25, 3) 


 En combattant les excès, certains ont le tort de combattre aussi les formes saines de la piété. L’humble trace matérielle du Christ est comme la photographie d’une personne aimée : on ne peut certes pas faire consister la vie affective en la contemplation éperdue de photographies d’êtres défunts. C’est là une forme de pathologie. Mais il serait inhumain d’interdire d’avoir sur soi une photo de sa femme ou de son grand père. Il faut en user de même avec les reliques en général et avec le linceul de Turin en particulier.





[1] Comme Science & Vie, qui s’est couvert de honte sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres ; voir le numéro de juillet 2005 (n°1054) consacré au linceul de Turin, confié à Paul-Eric Blanrue, « zététicien » passionné par la négation des faits historiques (existence du Christ, extermination des juifs d’Europe, etc.). La fumisterie voltairienne dans toute sa splendeur. On lira aussi le numéro de Sciences et Avenir de janvier 2011, peu au fait du dossier.
[2] Robert Bucklin, « The Shroud of Turin : A Pathologist’s Viewpoint » Legal Medicine Annual, 1982.
[3] Pierre BARBET, La Passion de N.S. Jésus-Christ selon le chirurgien, 1930, Dillen, Paris. 
[4] John H. Heller & Alan D. Adler « A Chemical Investigation of the Shroud of Turin » Canadian Society of Forensic Science Journal, vol. 14, n°3, 1981, pp. 81-103 et “Blood on the Shroud of Turin”, Applied Optics, vol. 19, n°16, 1980, pp. 2742-2744.
[5] Max Frei, “Nine years of palynological studies on the Shroud”, Shroud Spectrum International 3 (1982), pp. 2-7
[6] Kohlbeck, J. & Nitowski, E., "New Evidence May Explain Image on Shroud of Turin;" Biblical Archaeology Review, Vol. 12, No. 4, July/August 1986
[7] L. A. Schwalbe & R. N. Rogers, « Physics and Chemistry of the Shroud of Turin-A Summary of the 1978 Investigations”, Analytica Chimica Acta, 135 (1982), 3-49.
[8] Dans ce cas, lorsqu’on remet le tissu à plat, le visage a l’air ‘trop large’ pour être un vrai visage ; c’est la technique utilisée par certains contestataires de l’authenticité du linceul, comme Henri Broch, directeur du « laboratoire de zététique » de l’Université de Sophia-Antipolis, qui s’amuse à « fabriquer des faux suaires en cinq minutes »; tout ce que prouvent ces différents essais, qui présentent tous une déformation panoramique, c’est que le linceul n’a pas pu être fabriqué ainsi. L’image qu’ils obtiennent ainsi ressemble vaguement au linceul mais ne présente quasiment aucune de ses caractéristiques spécifiques. Certains objecteront peut-être que l’argument de la déformation panoramique n’est pas bon car pour juger de cette dernière il faudrait connaître le visage original. En fait, ce n’est pas le cas : il se trouve que le visage sur le linceul est très étroit ; en supposant qu’il soit le résultat d’une déformation panoramique, on est conduit à un visage « de départ » si étroit qu’il en devient anatomiquement impossible.

[9] P.E. Damon & alii, “Radiocarbon Dating of the Shroud of Turin” Nature, Vol. 337, No. 6208, pp. 611-615, Feb. 1989

[10] E. Poulle, « Le linceul de Turin victime d'Ulysse Chevalier », Revue d'Histoire de l'Eglise de France, t. 92, 2006, pp.343-358.
[11] Sur ce genre d’objet, les résultats sont totalement erratiques. Les archéologues y sont habitués : de nombreux objets dont on connaît la date de fabrication ont été datés de manière aberrante par des tests au C14
[12] L. Garza-Valdès & F. Cervantes-Ibarrola, « Biogenic Varnish and the Shroud of Turin », Actes du Symposium scientifique international du C.I.E.L.T., FXG, Paris, 1995.
[13] R.N. Rogers, “Studies on the Radiocarbon Sample From the Shroud of Turin” Thermochimica Acta (vol. 425, 2005, pp. 189-94)
[14] G. Fanti, La Sindone : primo secolo dopo Christo, Ed. Segno, 2014. Et, pour les détails : G. Fanti, P. Baraldi, , R. Basso, A. Tinti, “Non-destructive dating of ancient flax textiles by means of vibrational spectroscopy”, Vibrational Spectroscopy (2013) ; G. Fanti, P. Malfi, “A New Cyclic-Loads Machine For The Measurement Of Micro-Mechanical Properties Of Single Flax Fibers Coming From The Turin Shroud”, AIMETA Congress, Torino, 2013; G. Fanti, P. Malfi, “Multi-parametric micro-mechanical dating of single fibers coming from ancient flax textiles”, Textile Research Journal (2013), SAGE Pub.
[15] Un certain nombre de réactions chimiques ou électriques sont susceptibles de produire une image comme celle du suaire, mais les scientifiques n’arrivent pas à expliquer comment de telles réactions auraient pu avoir lieu à la surface du cadavre. Les trois phénomènes le plus souvent avancés sont : une sorte de « cuisson » (réaction de Maillard) ; une ionisation très puissante (« effet Corona ») ; un bombardement de neutrons (dû à un tremblement de terre). Sur cette dernière hypothèse, on lira L. Carpinteri, G. Lacidogna, O. Borla, “Is the Shroud of Turin in relation to the Old Jerusalem historical earthquake?” Meccanica – An International Journal of Theoretical and Applied Mecanics, Jan. 2014, Springer.

mardi 21 octobre 2014

Les nouvelles technologies, c'était mieux avant









Mort d'un pro-russe


Christophe de Margerie
(1951-2014)

Le patron du géant pétrolier Total désapprouvait fortement la politique anti-russe de l’OTAN et de ses vassaux européens. Il avait rencontré cet été, à Paris, le président de la Douma, Sergueï Narychkine, en contravention avec les directives américaines qui en faisaient une persona non grata sur le sol de l'Union Européenne. Il y a trois mois, il avait déclaré qu’il n’y a « aucune raison de payer le pétrole en dollars » (phrase qui tend à réduire l'espérance de vie des gens qui la prononcent). Il militait discrètement mais avec un poids considérable pour un désalignement progressif de l’Union européenne à l’égard des Etats-Unis.
Malheureusement, par un tragique concours de circonstances, un chasse-neige piloté par un ivrogne a percuté son avion la nuit dernière à Moscou. Il est mort sur le coup, ainsi que les trois hommes d'équipage. L'ivrogne n'a rien. On comprendrait que le successeur de Margerie soit anti-russe. En tout cas, cela ne m'étonnerait pas. C'est une affaire à suivre.




dimanche 19 octobre 2014

Sagesse du prince des néo-thomistes




Pour nous changer de toutes ces horreurs, voici quelques phrases pleines de sagesse de Réginald Garrigou-Lagrange, o.p. (1877-1964), le théologien préféré de Pie XII, qui alliait la souplesse d'acier d'un thomiste à l'ancienne, avec la douceur d'un mystique rayonnant de lumière. On ignore souvent qu'il fut le maître de thèse de Karol Wojtyla (sur Saint Jean-de-la-Croix). Voici donc ce que disait ce grand maître : 

« Miséricorde et fermeté doctrinale ne peuvent subsister qu’en s’unissant ; séparées l’une de l’autre elles meurent et ne laissent plus que deux cadavres : le libéralisme humanitaire avec sa fausse sérénité et le fanatisme avec son faux zèle. On a dit : ‘L’Eglise est intransigeante en principe parce qu’elle croit; elle est tolérante en pratique parce qu’elle aime.’ Les ennemis de l’Eglise sont tolérants en principe parce qu’ils ne croient pas, et intransigeants en pratique parce qu’ils n’aiment pas. »

On voudrait savoir balancer ainsi les choses. Pas un mot de trop.
Je vous laisse là-dessus.


samedi 18 octobre 2014

De l'art ou du cochon ?



Ce que l’on nomme depuis trente ans l’ « art contemporain », après avoir été un pur objet de spéculation intellectuelle (d’assez mauvaise qualité au demeurant) n’est désormais plus rien d’autre qu’un objet de spéculation financière

La seule analyse vraiment pertinente qu’on puisse faire de cette réalité, qui d’un point de vue artistique confine au néant pur et simple, est l’analyse économique. 

Les œuvres -qui n’en sont pas et le revendiquent d’ailleurs gravement- n’ont strictement aucun intérêt d’aucune sorte, sinon financier. Une œuvre d’art contemporain n’est pas définie par sa structure, sa beauté, sa forme, son sujet, son contenu (elles sont dépourvues de tout cela, le dogme fondamental, scrupuleusement respecté, étant que « n’importe quoi fera très bien l’affaire –anything goes ») mais uniquement par un ensemble de déterminations extrinsèques qui sont les suivantes : le nom du critique qui la fait connaître, le nom du galeriste qui l’expose, le nom de l’acquéreur majoritaire, le nom de l’artiste, qui, dès lors, devient célèbre dans le milieu, enfin, résultante du processus : sa cote monétaire

L’étude de l’art contemporain ne relève pas de l’esthétique, mais constitue plutôt une sous-branche particulièrement luxuriante de la science des bulles financières. 

Il n’y a pas meilleur exemple que l’histoire de l’ascension d’un artiste contemporain pour comprendre ce qu’est une anticipation auto-réalisatrice. Il fallut bien sûr, au commencement, quelques volontaires, quelques gogos peut-être pour amorcer la pompe. C’est l’époque mythique des fondations : les sixties. Rien d’étonnant si l’on y réfléchit, à ce que les grands collectionneurs actuels –qui ne sont pas de raffinés esthètes mais des milliardaires incultes- gèrent leurs collections, toujours mouvante, comme des portefeuilles d’actions, sans s’intéresser le moins du monde à l’allure des produits.

Le plus fascinant dans ce phénomène purement économique, qu’on pourrait décrire comme l'infrastructure matérielle du système, est qu’il conserve à son service une superstructure idéologique, constituée de critiques, d’étudiants en arts plastiques, de fonctionnaires de la culture, qui théorisent à perte de vue sur le sens, l’intérêt, la force de toutes ces œuvres qui en sont totalement dépourvues. 

Une scolastique grotesque, mâchouillée comme de la coca, continue d’embrumer le cerveau de tous ceux qui prennent encore cette ruse de Mammon pour une étape de l’Histoire de l’Art. 

On verra ainsi des agrégés de l’université se perdre en explications transcendantes sur des carottes râpées en décomposition, une vache coupée en morceaux, un étron géant, un sac poubelle éventré, un enfant sodomisant une chèvre sous la conduite de son père, un crucifix dans un bol de pisse.

Et que les choses soient claires : si vous contestez, vous êtes nazi. Si vous vous offusquez qu'on puisse répandre ainsi la laideur et la fumisterie, quand ce n'est pas le crime et la perversion, vous êtes un ennemi de l'Art. Vous n'avez pas compris qu'exposer un étron géant sur une place publique est une "manière d'interroger la place des excréments dans la vie humaine".

Dans ces conditions, il me semble que mettre toutes ces oeuvres à la benne serait une assez bonne manière d'interroger la place des détritus dans notre monde.

Non ?


vendredi 17 octobre 2014

Jusqu'à quand ?



Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand allons-nous laisser l’oligarchie dégénérée qui nous dirige saccager l’espace public ? Jusqu’à quand allons-nous nous laisser insulter, humilier et dominer par cette clique de pervers narcissiques ? Jusqu’à quand la fumisterie de tous ces possédés va-t-elle envahir nos existences ? Leur perversité n’a plus aucune limite : ils viennent d’installer place Vendôme la chose que vous voyez ci-dessus en photo. Il est rare que j’affiche ici des choses laides, mais j’y suis exceptionnellement contraint pour les besoins de la démonstration.

Or, on apprend dans le torchon Libération (rubrique "sexe et genre") que ce ridicule objet gonflable, qui défigure la plus belle place de Paris, est en réalité la reproduction d’un gadget sexuel dont je tairai le nom, mais pas l’usage : les gens qui s’en servent se le fourrent dans le fondement. Venant de "l'artiste" en question, ce n'est pas très étonnant : il est essentiellement connu pour ses crottes géantes (ICI) et ses fabriques d'étrons (ICI). En d’autres termes, nous en sommes là : nos maîtres appellent « art » le fait de saloper les belles choses avec des immondices (nous le savions déjà) et, non contents de détruire la France, ils nous adressent en le faisant un message parfaitement clair : Fuck you!

Voilà le message de l’élite répugnante qui nous écrase de son mépris. Ces gens relèvent de la clinique psychiatrique… mais ils nous dirigent. Non seulement, leur trou-du-cul est le centre de leur vie, mais ils voudraient en faire le centre du monde. Réalise-t-on de quoi  nous sommes en train de parler ? A Paris, sur la place qui célèbre les victoires de Napoléon, en face du Ministère de la Justice, les gens qui nous dirigent ont installé une reproduction géante de l’objet qu’ils s’introduisent dans le derrière pour passer le temps. Où sommes-nous ? Je n'ose dire en Enfer, mais cela commence à y ressembler méchamment (lisez Dante).

Et si vous avez l’audace de vous insurger contre cette saloperie, ces tarés vous assureront, avec leur face de faux derches, qu’il s’agit d’un sapin de Noël « pour les enfants », et vous accuseront en ricanant d’être un obsédé sexuel. A propos d’enfants, justement, il suffit de se renseigner sur les autres œuvres du scatologue qui a produit cette chose pour se faire une idée du sort qu’il leur réserve (ICI et LA).





jeudi 16 octobre 2014

nature et culture



Ce qui frappe d’abord dans les petits villages des îles grecques, c’est la parfaite adaptation de l’architecture aux conditions atmosphériques. Epaisseur des murs et blancheur immaculée pour lutter contre la chaleur ; rondeur des formes et petitesses des ouvertures pour se protéger du vent. Le résultat, ce sont ces casemates blanchies à la chaux qui ressemblent à des igloos, revêtus d’une matière douce et neigeuse, serties d’aplats bleus et décorés de lauriers roses. Cette adaptation atmosphérique faisait le caractère de toute architecture traditionnelle, avant que les moyens techniques modernes de chauffage et de climatisation ne permettent aux hommes de vivre partout dans des immeubles en verre et des pavillons Bouygues. Ce qui m’intéresse dans ce phénomène c’est que la beauté universelle des habitats avant l’avènement de la modernité architecturale –disons avant 1945- ne tenait peut-être pas d’abord à un dessein délibéré des constructeurs, mais à une sorte de loi de la nature, qui veut que l’adaptation du vivant aux conditions naturelles, couplée à l’usage de matériaux très peu transformés, conduise de soi-même à une forme de beauté simple et spontanée, qui ressemble à celle de la nature. Comme si, jusqu’à un certain point, l’art ne faisait que prendre le relais de la nature. On comprend ainsi la phrase d’Aristote : « l’art imite la nature ». Cela ne signifie pas que l’art ait pour fonction de fabriquer des reproductions d’êtres naturels. Cela signifie plus profondément que l’art imite la manière d’agir de la nature pour continuer son œuvre : produire de belles formes, de manière la plus simple et la plus harmonieuse possible. La ressemblance, l’imitation n’est pas dans le résultat, mais dans la méthode et dans le style.


mercredi 15 octobre 2014

Le chrétien a-t-il le droit de se battre ?





Voyons ce qu'en dit le docteur angélique, docteur commun de l'Eglise.
Pour ce faire, ouvrons la Somme théologique.
Nous trouvons la question suivante : «Un ordre religieux peut-il avoir pour but de faire la guerre ?» (II-II 188, 3)

Voici la première objection : « La religion en général recherche la perfection. Or, la perfection de la vie chrétienne n’est pas sans rapport avec ce que dit le Seigneur en Matthieu, 5, 39 : ‘Et moi je vous dis de ne pas résister au mal : si quelqu’un te frappe une joue, tends-lui la deuxième.’ Voilà qui est contraire au devoir militaire. La religion ne saurait donc être instituée pour la vie militaire. »

C'est effectivement ce qui vient d'abord à l'esprit.

Mais voici ce que Saint Thomas d'Aquin répond : « Il y a deux façons de ne pas résister au mal. La première, c’est de pardonner l’injustice que l’on a subie soi-même. Et cela peut relever de la perfection, quand agir ainsi est utile au salut des autres. L’autre manière de ne pas résister au mal, c’est de tolérer les injustices commises envers autrui. Voilà qui relève de l’imperfection, et même du vice, s’il est possible de résister de manière convenable à celui qui commet ces injustices. C’est pourquoi Ambroise, dans le livre des Devoirs écrit : ‘Le courage qui protège la patrie des barbares en leur faisant la guerre, ou qui défend les faibles de la maison, ou bien protège les concitoyens des brigands, ce courage est la justice même !’ De même, quand le Seigneur dit en Luc, 6, 30 : ‘Les choses qui sont à toi, ne les réclame pas [quand on te les a prises]’, il faut bien comprendre que lorsqu’il s’agit des affaires d’autrui, il en va différemment : celui qui ne les défendrait pas commettrait un péché. Il est louable en effet de donner son propre bien, mais pas de livrer celui des autres. Et encore moins de négliger ce qui appartient à Dieu. Saint Jean Chrysostome écrit ainsi : ‘feindre d’ignorer les injustices commises envers Dieu, c’est la dernière des impiétés.’ »

On ne peut lire ce texte sans être vaincu par sa profondeur et sa simplicité. Tout est dit contre les hérésies sublimes du christianisme « anti-social ». La miséricorde et la soumission évangéliques ne sauraient s’exercer au détriment de la justice ; ne pas résister au mal est l’affaire de chacun, pour ce qui le regarde, dans sa relation de face à face asymétrique avec autrui. Mais dès que survient un tiers, dès qu’une responsabilité pour autrui s’impose, les conseils du Christ ne sauraient fournir le prétexte à l’inaction. Il existe une ruse du diable, qui consiste à s’autoriser des conseils évangéliques pour manquer à son devoir de justice, s’exonérer des commandements de Dieu, et abandonner son prochain aux griffes des méchants. Saint Thomas fait justice de toutes ces ruses et pose ici les fondements d’un ordre social chrétien. Un tel texte doit être opposé aux chrétiens de gauche, qui confondent la charité avec la niaiserie et aux maurrassiens, s’il en reste, qui font la même confusion.



dimanche 12 octobre 2014

Saints Innocents p.p.n.




       Saviez-vous qu'en l'an 2000, le patriarche de Moscou avait canonisé non seulement le tsar Nicolas II et la tsarine Alexandra, mais aussi leurs cinq enfants ? Tous ont été massacrés à la baïonnette par les bolchéviques au mois de juillet 1918. Ils sont martyrs de la Sainte Russie.

       Je doute un peu que les saints de l'Eglise orthodoxe soient tous reconnus par la sainte Eglise, mais enfin, on peut espérer que tout cela s'arrange dans l'invisible au-dessus de nos têtes. Voici une touchante intercession !




samedi 11 octobre 2014

Alors, Juppé, Fillon ou Sarkozy ?



                                                           Clystères, 17ème siècle

vendredi 10 octobre 2014

Demandez le programme !




On trouve dans les fameux slogans de mai 68 le programme qui s’est intégralement déroulé depuis lors :

« La nature n’a fait ni serviteurs ni maîtres, je ne veux donner ni recevoir de lois »
« L’Etat c’est moi. L’anarchie, c’est Je »
« Jouissez ici et maintenant »
« Plus jamais Claudel »
« Ne vous emmerdez plus. Emmerdez les autres ! »
« J’ai quelque chose à dire mais je ne sais pas quoi »
« Une révolution qui demande que l’on se sacrifie pour elle est une révolution à la papa »
« Cours camarade, le vieux monde est derrière toi. »
« Un bon maître nous en aurons un dès que chacun sera le sien »
« Un homme n’est pas stupide ou intelligent : il est libre ou il n’est pas. »
« Le sacré, voilà l’ennemi »
« Tout enseignant est enseigné. Tout enseigné est enseignant »
« La mort est nécessairement une contre-révolution »
« Être réactionnaire, c’est accepter la réforme, sans y faire fleurir la subversion. »
« Le n’importe quoi érigé en système. »
« Le respect se perd. N’allez pas le rechercher. »

          Il suffit de rappeler que l’Ecole d’aujourd’hui a été « réformée » par les auteurs de ces phrases pour comprendre ce qui nous arrive. L’étonnant serait que l’on s’étonne.