mardi 7 avril 2015

L'hypothèse


Juppé, le grand Juppé, le meilleur des meilleurs a déclaré qu’il faisait « l'hypothèse » que l’Islam était compatible avec les valeurs des démocraties européennes. Comment ça, l'« hypothèse » ? Oui, vous avez bien lu, l'hypothèse. A vrai dire, on peut être reconnaissant ici à Juppé d’être honnête. Car il s’explique : « Je ne connais pas le Coran, je ne l’ai jamais lu ». Dans ces conditions, il admet qu’il ne parle pas en connaissance de cause. Il s’en vante même. Il est donc obligé de faire des hypothèses. Un peu comme un type qui joue à la roulette russe : il fait l'hypothèse qu’il n’y pas de balle dans le barillet. C’est tout le sel du jeu, qui amuse beaucoup certains suicidaires ivres morts. Un peu moins les gens qui souhaitent vivre encore quelques années. Mais Juppé a ajouté quelque chose : non seulement il aime jouer à la roulette russe (avec la tête des autres), mais il a tout de même un motif supplémentaire : le nombre de musulmans en France. Il a en effet déclaré que, compte tenu du grand nombre de musulmans en France (plus de 5 millions à ce jour), il n’était pas possible de faire l'hypothèse inverse. Ah bon ? Pourquoi ?
On imagine la scène : un grossiste en pharmacie a des réserves de médicaments sans étiquette dans sa cave. Il ne sait pas ce qu’il y a dedans. Il s’en vante à qui veut bien l’entendre. Mais il décrète que c’est très bon pour le rhume des enfants. Pourquoi ? Parce qu’il en a beaucoup ! « Raisonnablement, comprenez-moi bien ma bonne dame, je ne connais certes pas la composition de tous ces comprimés, mais j’en ai trois cents kilos sur les bras. On va donc faire l'hypothèse que c’est très bon pour les gosses. Sinon, moi, je ne m’en sors pas. » Convaincant, non ?
Non seulement Juppé joue à la roulette russe avec notre tête, mais il ne tient pas le pistolet. Et il en déduit que c’est une raison de plus pour nous dire qu’il n’y a pas de balle dans le barillet. La soumission à la force comme argument ! Carton plein, Juppé ! Comme quoi, derrière la traîtrise, on trouve généralement la lâcheté.




Dites-moi que je vais me réveiller



Imaginez. Vous êtes à l’Opéra. Le rideau se lève. Le corps de ballet arrive sur scène. Stupeur. Vous vous frottez les yeux, retournez le programme en tous sens. Mais que se passe-t-il ? Incapables de marcher sur leurs pointes, les danseuses trébuchent tous les trois pas. Boudinées dans leur tutu, elles ont la grâce d’un troupeau d’éléphants de mer. Les danseurs ont de la bedaine et ne savent pas quoi faire de leurs bras. En dépit de tout, sans désemparer, ils commencent à exécuter le Lac des Cygnes. La scène est atroce. On dirait un dessin de Dubout. Mais parmi les spectateurs, personne ne bronche. Bizarrement, les ouvreuses dans la salle sont toutes très belles, filiformes et distinguées. La chose est trop claire : le corps de ballet a été remplacé par le petit personnel : on aperçoit même les trois pompiers de service qui sautillent en agitant leurs bras poilus. Heureusement, vous vous réveillez. C’était un cauchemar. Pour vous remettre, vous allumez la télévision. A l’écran, le banc du Gouvernement. C’est bien l’Assemblée nationale. On reconnaît le velours, les colonnes et les dorures. Mais il y a un problème. La Garde des sceaux fait des fautes de français, le Premier Ministre s’exprime comme un marchand d’aspirateurs, le propos du Ministre de l’Education nationale paraît emprunté à fanzine de lycéens. Mais que se passe-t-il ? Il faut se rendre à l’évidence : on a remplacé les élites naturelles du pays par une cohorte d’histrions incultes. Comment expliquer qu’en quarante ans, Maurice Druon, Jean Foyer, Pierre Messmer, Alain Peyrefitte, Pompidou aient été remplacés par Rachida Dati, Taubira, Morin, Kouchner, Ayrault ou Valls ? Que s’est-il passé ? Qu’avons-nous fait pour mériter ça ?

Et cette fois-ci, rien à faire. Vous ne rêvez pas.




Terreur

                                                         Naissance de la République

Les musulmans radicaux, auxquels on peut difficilement reprocher de ne pas imiter le Prophète (paix et bénédiction sur lui), ont pour habitude de décapiter les infidèles et de détruire les œuvres d’art étrangères à l’Islam. Les belles âmes progressistes feraient bien de se rappeler que les révolutionnaires français faisaient exactement la même chose : couper des têtes et vandaliser l’héritage historique de la France. La République, dont on nous rebat les oreilles, n’a pas d’autre fondation concrète que cela : des monceaux de crânes et des montagnes de gravas. Cette similitude n’est pas une coïncidence. Tout comme l’Islam, l’idéologie révolutionnaire veut soumettre toute réalité à la puissance d’une idée simple et absolument abstraite : l’Egalité. Au lieu d’Allah, cette figure lointaine et froide d’un Dieu-Tyran, les révolutionnaires dévouent leur vie à une idole morale. Que veut-elle cette idole ? A peu près la même chose qu’Allah : que tout ce qui ne correspond pas exactement au concept rejoigne immédiatement le néant. La réalité humaine, avec sa complexité, sa diversité, sa richesse, tout cela doit disparaître, tout cela doit s’effacer pour laisser place à la pureté de l’Idéal. Autant dire : à la paix des cimetières. C’est pourquoi la manifestation concrète de la Révolution, comme celle de l’Islam radical, c’est la destruction. Ce que les partisans de ces deux sectes démontrent, sans forcément le comprendre jusqu’au jour où eux-mêmes sont dévorés par l’Idole, c’est qu’aucune réalité ne peut tenir devant la pureté de l’abstraction qu’ils idolâtrent. Leur objet de dévotion, en réalité, c’est la mort. Car si rien de ce qui n’a la pureté de l’abstraction ne doit subsister, alors rien ne subsistera d’autre que l’abstraction elle-même, c’est-à-dire le néant pur et simple. Un grand philosophe allemand –Hegel- avait aperçu cette proximité formelle entre l’Islam et la Révolution. Voici ce qu’il écrivait : « L’abstraction dominait les Mahométans : leur but était de faire valoir le culte abstrait ; et ils y ont tendu avec le plus grand enthousiasme. Cet enthousiasme était le fanatisme, c’est-à-dire l’enthousiasme pour une idée abstraite, qui se comporte négativement à l’égard de ce qui est. Le fanatisme ne consiste essentiellement qu’à se comporter à l’égard du concret en dévastateur et en destructeur. Leur principe était ‘la religion et la terreur’, comme celui de Robespierre était ‘l’égalité et la terreur’. » (Leçons sur la philosophie de l’histoire [1837], IVème partie, ch. 2)
L’universalisme abstrait "ne peut produire ni une œuvre positive ni une opération positive; il ne lui reste que l'opération négative ; elle est seulement la furie de la destruction... L'unique œuvre et opération de la liberté universelle est donc la mort... C'est ainsi la mort la plus froide et la plus plate, sans plus de signification que de trancher une tête de chou." (Phénoménologie de l’esprit)

Les deux grands cultes idolâtriques de notre temps –l’islam d’un côté et l’égalitarisme absolu de l’autre- sont incompatibles avec la nature des choses et la vie réelle des hommes. Il est particulièrement absurde de sauter sur sa chaise en répétant que la République est le rempart contre l’Islam : elle en est au contraire le meilleur allié, puisqu’elle fait le vide chez nous, détruisant toute spiritualité comme toute solidité sociale, préparant ainsi le terrain à la religion de la mort, qui pourra régner sur un peuple d’esclaves.