mercredi 20 mai 2015

Un avis sur l'éducation


"Le cœur humain ne va pas naturellement à la bonté ; la volonté humaine ne va pas naturellement à la fermeté, à la constance, au courage. Ils ont besoin, pour y atteindre et pour s’y fixer, d’une vigoureuse et opiniâtre discipline. Vous le savez bien, parents qui me lisez : un enfant bien élevé ne s’obtient pas sans un usage vigilant, à la fois inflexible et tendre, de l’autorité familiale. La discipline de l’école doit épauler la discipline de la famille. Ainsi, et ainsi seulement, se forment les hommes et les peuples les plus forts. Une autre grave erreur de notre enseignement public, c’est qu’il était une école d’individualisme. Je veux dire qu’il considérait l’individu comme la seule réalité authentique et en quelque sorte absolue. La vérité, c’est que l’individu n’existe que par la famille, la société, la patrie dont il reçoit, avec la vie, tous les moyens de vivre. Il est aisé de le constater d’ailleurs. Les époques où l’individualisme a fait loi sont celles qui comptent le moins d’individualités véritables."


dimanche 17 mai 2015

Victoire totale


LVMH : 1 URSS : 0
Que l'ancien secrétaire général du PCUS (b) puisse servir d'homme-sandwich à une marque de sac à mains, voilà qui témoigne mieux qu'un long traité de la victoire totale du capitalisme. Mais ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus dans cette photographie. Car le remodelage de la terre entière par l'économie capitaliste (et ses formes d'existence spécifiques) est une chose désormais bien connue, et souvent traitée dans ce blog (voir ICI et ). Non, ce qui m'intrigue en l'occurrence, c'est la personnalité de Gorbatchev. Il ne m'a certes jamais inspiré de sympathie, mais qu'un homme qui a présidé aux destinées de l'empire russe, de surcroît formé au marxisme-léninisme, ne trouve rien de déshonorant à s'abaisser à ce point, cela me paraît justifier a posteriori les pires accusations qui avaient cours contre lui en Russie à l'époque où il présidait au démantèlement de l'empire. Que pouvait bien avoir dans la tête un homme pareil ? A quoi croit-il ? A quoi a-t-il pu jamais croire ? Que dirait-on d'un pape qui ferait de la publicité pour une marque de préservatif ? Il y a tout de même des choses qui ne se font pas, même quand on a perdu la foi. Seule certitude : Marx, dans sa tombe, ne doit pas renier, lui, ce qu'il a écrit. Je vous laisse avec ces quelques phrases du Manifeste du parti communiste :
"La bourgeoisie a joué dans l'histoire un rôle éminemment révolutionnaire. [...] Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l'exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale. La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu'on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages."

Dernière nouvelle : Mikhaïl Sergueïevitch a aussi fait de la publicité pour Pizza Hut ! Ce n'est pas tout à fait le même genre que LVMH; c'est plus prolétarien si l'on veut. Mais, comme on dit dans la profession, "ce n'est pas parce qu'on a changé de trottoir qu'on a changé de métier".

Hmmm, du bon miam américain

mardi 5 mai 2015

La République des sorcières

"Et sur ces autels que la foi antique environne de chérubins éblouis,
on a fait monter des prostituées nues." J. de Maistre

A m'entendre évoquer de plus en plus souvent Lucifer quand je parle de la République, certains sans doute s'inquièteront de ma santé mentale. Ne faut-il pas être un peu fou pour invoquer ce nom ? Et du dernier extrémisme ? Evidemment, vous devinez ma réponse. Ce sera la fameuse phrase de Baudelaire, maistrien devant l'Eternel : "La plus belle ruse du diable est de vous faire croire qu'il n'existe pas." Mais plutôt que de faire dans la théorie, travaillons sur pièces ! Voyons comment la République française, fidèle si l'on peut dire aux promesses de sa fondation, manifeste en pleine lumière ses accointances avec le démon. Vous avez sûrement entendu parler des Femen, ce groupuscule d'origine ukrainienne, extraordinairement choyé par les médias occidentaux. La République française est devenue leur havre. Elle les réchauffe en son sein. Or, à quoi s'occupent ces jeunes femmes ? Essentiellement à combattre le christianisme traditionnel, c'est à dire l'orthodoxie à l'Est et le catholicisme à l'Ouest. Elles le combattent par le blasphème, l'agression, le sacrilège, l'insulte, le hurlement hystérique, la mascarade, l'appel au meurtre ("Kill Kirill", du nom du patriarche russe). Attaques vaines et ridicules, comme souvent les manifestations sataniques. Elles révèlent en tout cas une qualité d'exécration tout à fait exceptionnelle, par sa pureté et sa concentration sur les points capitaux de la doctrine chrétienne : la sacralité de la vie humaine, la pureté de Marie, le mystère de Jésus crucifié. Sur la première photographie, vous pouvez voir une Femen debout devant l'autel de l'église de la Madeleine, mimant un avortement avec un foie de veau sanguinolent entre les jambes. Et pas n'importe quel avortement : déguisée en Vierge Marie, la militante est censée avorter volontairement de Jésus. Tout cela au cri de "Joyeux Noël". Cela se passe de commentaire. Il est intéressant de savoir que les Femen bénéficient non seulement de la faveur chaleureuse du monde médiatique et de tout l'oligarchie mondialiste, mais aussi, très concrètement, et cela va sans dire, de la connivence des pouvoirs publics, qui leur ont obtenu des permis de séjour, des logements, une protection policière. Il y a mieux. La cheftaine de l'escouade française des Femen, Inna Shevchenko, s'est fait connaître en Ukraine pour un haut fait d'armes : elle a scié à la tronçonneuse la grande croix que l'Eglise avait installée sur une colline de Kiev, pour commémorer le martyre subi par les ukrainiens entre les mains des bolcheviques russes dans les années 30 (plusieurs millions de morts, essentiellement par famine organisée). On peut voir les images du tronçonnage héroïque ici. Question : quelle serait la réaction de nos gouvernants si les membres d'un groupuscule allaient détruire à la tronçonneuse le mémorial de Yad Vashem, et appelait publiquement au meurtre du Grand Rabbin d'Israël ? Se dépêcherait-on de leur accorder l'asile politique, les aidant à fuir les poursuites dont ils seraient l'objet en Israël ? C'est ce que nous avons fait avec les Femen. Il y a donc bien un anti-christianisme spécifique de la République française. 


Il y a mieux. La coupeuse de crucifix a non seulement trouvé un asile douillet en France, mais elle y a été accueillie avec la bénédiction des plus hautes autorités comme une sorte de pasionaria des valeurs de la République. A tel point qu'elle est promptement devenue, avec l'accord du chef de l'Etat, le symbole officiel de la République sur les timbres-poste.


On pouvait difficilement mieux faire pour témoigner l'hostilité de la République à l'égard des chrétiens. De la part du chef de l'Etat, c'est une véritable déclaration de haine. Un crachat à la figure. Un crachat furtif, non assumé, bien sûr. Car en plus d'être haineux, nos dirigeants sont les derniers des lâches.


La nouvelle Marianne, elle, s'est montrée plus franche, déclarant : "Maintenant tous les homophobes et fascistes devront me lécher le cul quand ils enverront une lettre." N'est-ce pas grâcieux ?

Affirmer que ces femmes sont des agents de Lucifer ne me paraît pas vraiment exagéré. On peut certes leur pardonner, car je ne suis pas sûr qu'elles savent ce qu'elles font. Il se pourrait même qu'elles se donnent au plus offrant. Certains me diront, plus pragmatiques : "Elles font simplement partie de cette multitude de groupuscules agités par les officines atlantistes dans les pays de l'Est pour fournir aux lectrices de la presse féminine des raisons d'approuver les interventions de l'OTAN contre la Russie." A quoi je répondrai que les deux explications ne sont pas exclusives l'une de l'autre. Les forces de l'OTAN sont objectivement hostiles au christianisme et à sa vision de l'homme. Une chose en tout cas me paraît certaine : la République française voit en ces sorcières les dignes mascottes de ses principes fondamentaux.





lundi 4 mai 2015

La Banque

Analystes aux pieds du CAC 40


Vous n’y pensez pas, mais c’est un fait. En quelques décennies, les banques ont acquis sur nous un empire total. Elles tiennent les Etats; elles tiennent les individus. A votre avis, qui tient le manche ? Qui décide ? François Hollande ou Mario Draghi ? Obama ou Lloyd Blankfein ? La plupart des multinationales appartiennent à une poignée de méga-banques (voir ici). Les Etats encore indépendants du système bancaire international sont en voie de mise au pas. Vous savez comment on fait pression sur un pays ? On le menace de le débrancher du système de paiement électronique SWIFT (voir ici). Et pour renverser un chef d’Etat ? On « gèle ses avoirs », selon la formule consacrée. Au niveau individuel, réfléchissez à des petits détails apparemment insignifiants : les règlements de grosses sommes en espèces sont désormais interdits ; les détentions de liquide sont considérées comme suspectes. Et si vous n’avez pas de numéro de compte bancaire, si vous n’êtes pas bancarisé, comme on dit, vous n’avez plus d’existence sociale. Pas de logement, pas de travail. Toute votre vie est transparente à l’entité  bancaire. Votre compte peut-être bloqué dans la journée sur réquisition des services américains. La banque vous tient.

Or, l’autre jour, alors que j’étais –selon mon propre conseil- en train de boire frais tout en lisant l’Apocalypse, je tombe sur ces versets que j’avais oubliés :

« Et la Bête fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. [...] Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête. Car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante-six. » (XIII, 17-19)

Notre situation avait donc été prophétisée par Saint Jean. C’est le règne de Mammon. L’empire de Baal. Le Royaume de l’Argent. Que faut-il en conclure ? Je ne sais pas. J’ai de plus en plus souvent l’impression que tout répond à un plan, car les choses se déroulent comme à la parade et d’une manière admirablement cohérente, et systématique, et implacable. Mais dans le même temps, il est assez flagrant que nos dirigeants ne sont pas les auteurs du plan. Ils sont infiniment au-dessous du mal qu’ils font. Ils n’en ont même pas conscience. Enfin, pas tous. Certains, au sommet de la pyramide, font parfois des aveux en bonne et due forme, allant jusqu'à proférer des sentences blasphématoires dignes de l'Ecriture sainte. Ainsi ce patron de la plus puissante banque spéculative du monde déclarant qu'il accomplit "l'oeuvre de Dieu" (lire ici). Avant, j’étais maurrassien. Je deviens maistrien : les causes naturelles ne sont pas suffisantes pour expliquer ce qui se passe. Il faut recourir à des hypothèses surnaturelles.





Mes rares lecteurs se demandent peut-être pourquoi je me fais moi-même si rare… C’est que je ne sais plus quoi dire. Notre époque défie le commentaire. Il n’est pas possible de se déplacer en France sans être constamment agressé par les offenses qui sont faites à l’intelligence comme à la beauté. Quant à la vie française, c’est un festival désormais permanent d’absurdités criminelles. Le simple relevé sur un mois est impressionnant :

-      Provocations sataniques à Notre-Dame : les coupables relaxés, les gardiens de la cathédrale condamnés
-      Condamnation à sept ans de prison d’un homme qui s’était défendu contre un cambriolage nocturne.
-      Autorisation du don de sang des homosexuels
-      Proposition de loi pour interdire de donner une fessée aux enfants
-      Viol et meurtre d’une petite fille par un récidiviste objet d’un arrêté d’expulsion
-      Le premier ministre affirme vouloir protéger les Juifs, mais refuse d’envisager l’arrêt de l’immigration musulmane
-      La RATP refuse d’afficher la mention « chrétiens d’Orient » au motif qu’elle ne prend pas parti dans les conflits internationaux (sic)
-      L’enseignement de la conquête islamique du bassin méditerranéen est obligatoire au collège ; l’enseignement de la chrétienté médiévale est facultatif.
-      Le délai de réflexion avant un avortement est supprimé
-      Le Gouvernement apporte son soutien à un Français condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue, en disant : « Tout individu a droit à la vie »
-      La Libye est à feu et à sang ; les islamistes y égorgent les chrétiens sur les plages. BHL et Sarkozy sont toujours en liberté et continuent de donner des leçons.
-      La Cour des comptes révèle que 95% des arrêtés d’expulsion de clandestins ne sont pas exécutés, et que le maintien de ces derniers sur le territoire coûte chaque année 2 milliards d’euros au contribuable.

Usque ad nauseam

De cette rhapsodie déprimante se dégage toutefois une logique, que j’ai eu l’occasion d’aborder ici et . Deux mouvements fondamentaux :

1°) le démantèlement systématique du Décalogue par l’idéologie de la liberté, qui n’est autre que la doctrine de Satan.
2°) le suicide de l’Europe occidentale, par négation de son passé historique, préférence systématique pour ses ennemis, assassinat de ses propres enfants, remplacement de sa propre population par une autre.

Les deux phénomènes sont évidemment liés. L’exécration du catholicisme, c’est-à-dire la haine de la religion qui a construit la civilisation européenne, n’est pas pour rien le cœur de l’idéologie française depuis deux cents ans. Elle est même devenue le cœur de l’idéologie européiste, qui transforme progressivement l’Europe en terrain vague, et les nations en « hôtels » (Attali dixit). Hôtels de passe. Hôtels de suicide. Le démantèlement du Décalogue explique l’apostasie généralisée en Europe, la destruction de la famille (divorce), l’aliénation consumériste (convoitise), la sidération publicitaire (mensonge), l’excroissance des appareils sociaux (vol), l’assassinat des enfants à naître (meurtre). Certains diront : mais à quoi bon ? Quel est le projet ? Je réponds : ne cherchez pas. N’essayez pas de vous rassurer. Ne vous étonnez pas non plus que tout ça n’aille nulle part et n’ait aucun sens. C’est normal, car c’est Satan qui est aux commandes. De son point de vue, tout l'intérêt du projet est précisément qu'il est absurde et sans espoir. Et n’oubliez jamais ceci : Judas s’est pendu.

Que faire ? Je serais tenté de dire : boire frais et lire l’Apocalypse.