mardi 29 septembre 2015

Bienvenue en enfer



De tout temps, l'avortement a été considéré comme un mal. Les gouvernants, dans les années 70, ont estimé que, sans cesser d'être considéré comme un mal, il pouvait être tenu pour un moindre mal. Il fut donc dépénalisé. Tant que la discussion avait lieu sur cette base, il semblait que nous soyons encore dans le monde des humains, entre gens civilisés. Nous pouvions être en désaccord virulent, mais tout le monde était d'accord pour dire que l'avortement, consistant en la mise à mort délibérée d'un individu humain innocent, était un acte grave (on discutait seulement, si l'on peut dire, de la question de savoir si cet individu humain était ou non une personne à part entière). 

Depuis quelques années, nous avons quitté le monde des gens civilisés pour rejoindre l'Enfer, c'est à dire un monde où les valeurs sont totalement renversées. L'avortement est désormais présenté comme un bien, comme une conquête, comme une avancée, comme un trophée, comme une liberté magnifique, comme un objet d'amour qui mérite qu'on s'en fasse un tatouage doré sur l'épaule, comme on fait pour son amoureux. La mort, le mal, la mise à mort deviennent une culture à part entière. La réalité de l'avortement est niée, remplacée par un pur et simple mensonge, à savoir que le foetus est une "partie du corps de la femme" [1]. On comprend mieux les paroles mystérieuses du Christ dans l'Evangile, qui lie le mensonge à l'homicide :

"Vous autres, vous avez le diable pour père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement, et il ne s'est pas maintenu dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité chez lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu'il est menteur et père du mensonge." (Jean 8, 44-47)

Y a-t-il encore quelque chose que l'on puisse dire de ce monde pour le défendre ?







[1] Il suffit à n'importe qui de taper "foetus 12 semaines" sur Google pour constater d'un seul coup d'oeil que le slogan "C'est mon corps" est un piteux et monstrueux mensonge. On peut espérer que le principe de Goebbels "Plus c'est gros plus ça passe" ne fonctionne plus aussi bien aujourd'hui.

Le Salafisme brestois, la Musique et Mammon

Brestois en costume traditionnel

Pour toute personne qui veut garder la raison, notre monde est évidemment une épreuve. Mais il ne faut pas se décourager, et toujours tenter de comprendre ce qui arrive. Cela n’efface pas le mal, mais cela permet au moins de ne pas devenir fou. Prenons un exemple. Le Brestois le plus célèbre, pour ne pas dire le finistérien le plus en pointe, c’est… c’est… ? L’imam de Brest, bien sûr ! Rachid Abou Houdeyfa, star du net islamique, directeur du centre culturel AlWassat du quartier de Pontanézen. Le seul fait qu’un Marocain wahhabite, vêtu comme un bédouin du Moyen-Âge, puisse être décrit par les journaux comme un « Français », et encore mieux comme un « Breton », sous prétexte qu’il est né à Brest en 1980, voilà qui indique d’emblée à quel niveau d’absurdité nous sommes parvenus. Imaginez que je sois né à Riyad en 1980 de parents auvergnats et que j’y sois établi comme professeur de bourrée auvergnate, me déplaçant en costume traditionnel et parlant le patois de Clermont-Ferrand… Trouveriez-vous normal qu’on me considère comme « Arabe Saoudien » ? Il me semble que même le plus enragé des ministres socialistes serait pris d’un doute. Mais en France, l’idéologie révolutionnaire en a décidé autrement. Ce qui est grotesque ailleurs est du dernier bien chez nous. Passons, car ce n’est pas là que je veux en venir. Voici que ce brave imam breton, qui jusqu’ici prêchait tranquillement devant ses dizaines de milliers de fidèles (grâce à internet), se trouve depuis quelques jours mis en cause par la presse. Pourquoi donc ?

Pour quel motif l’oligarchie médiatique est-elle sortie de sa douce torpeur islamophile ? Quelle horreur l’imam a-t-il donc proférée ? Comme on sait, l’opinion dominante en France est bonne fille puisque le ministre de l’Intérieur lui-même considère que « prôner le djihad n’est pas un délit » (ce qui est faux, d’ailleurs, Cf. article 222-17 du Code pénal). Il faut donc que notre p’tit zèf en djellaba ait poussé le bouchon vraiment loin…

Eh bien, accrochez-vous, voici l'objet du délit : l'imam a critiqué « la musique ». Dans un prêche devant des enfants du quartier immigré de Brest, il a en effet rappelé la position du Prophète -paix et bénédiction sur lui- concernant les instruments de musique et les voix féminines : ceux qui s’y adonnent seront « engloutis sous la terre, et ils se transformeront en singes ou en porcs » [1]. L'imam recommande donc de s'en tenir aux chants religieux traditionnels. Certes, le Prophète -béni soit-il- n’y va pas avec le dos de la cuillère en matière d’image, mais on ne voit pas bien ce qu’il y a de répréhensible là-dedans. On trouve dans le Coran (et les hadiths) des choses autrement plus salées, qui n’ont jamais porté aucun membre de l’oligarchie médiatique à émettre la moindre réserve sur le fait que ce genre d'ouvrages soient en vente libre.

Mais j’irai plus loin : il me semble qu’en l’espèce l’imam n’a pas tout à fait tort de mettre en garde ses jeunes auditeurs contre « la musique » : il est bien évident, en effet, que la « musique » dont veut parler l’imam Houdeyfa est celle qu’écoute massivement la jeunesse contemporaine : à savoir la pop music et plus sûrement encore le rap. Les jeunes gens ont-il seulement l'idée qu'il puisse exister autre chose ? Or, ce que l'on appelle aujourd'hui « musique » a des effets très puissants sur le psychisme et le comportement humains : réduction de l’attention et de la concentration, pilonnage des facultés discursives, appauvrissement et brutalisation de l’imaginaire (sexe et fric), éviction des activités spirituelles au profit d’un divertissement passif, addiction à la stimulation sonore rythmique binaire, pauvreté esthétique, etc. L’islam, comme toutes les  traditions fournissant une loi régulant l’ensemble de la vie, a l’immense mérite de mettre en discussion l’influence de la musique sur l’âme humaine. Ce sujet –auquel les philosophes de l’Antiquité étaient très sensibles (Platon y consacre un livre entier de la République)- a totalement disparu des centres d’intérêt des politologues. C’est pourtant capital. Et ça l’est d’autant plus que nos sociétés sont littéralement envahies par le bruit musical. La musique est devenue le loisir numéro 1 de la jeunesse. Les lieux publics en sont assiégés. Réfléchir à ce phénomène civilisationnel majeur nous semble être la moindre des choses. L’imam de Brest, comme tous les imans, ne peut le faire qu’à la façon islamique, c’est-à-dire sans entrer dans les raisons, en se bornant à rapporter une interdiction pure et simple des musiques instrumentales, assortie d’anathèmes imagés. Mais il soulève une question capitale. Et il est certain que sur ce point, son conseil est positif pour la jeunesse  qui l’écoute : débrancher les casques, virer les écouteurs, faire taire le dégueulis permanent du rap, c’est sûrement une excellente chose à faire pour ne pas devenir, au sens moral, un « singe » ni un « porc ». C’est repousser l’industrie de l’hébétude. Faire reculer l’emprise des divertissements décérébrants sur l’esprit humain.

Et vous savez quoi ? C’est précisément pour cette raison que l’oligarchie médiatique est tombée sur le râble de l’imam Houdeyfa. Que la France disparaisse peu à peu, que des étrangers habillés en bédouins déambulent dans nos rues, accompagnés de leurs fatmas bâchées comme de vieille caravanes, que l’apprentissage de la civilisation islamique soit obligatoire dans les écoles et que la civilisation chrétienne y soit facultative, que les crèches soient interdites dans les lieux publics mais qu’on entende le chant du muezzin dans le bocage normand, tout cela ne gêne pas l’oligarchie médiatique. Tout cela la réjouit même au dernier point. Mais qu’on remette en cause l’industrie du divertissement, que l’on critique l’abrutissoir général, que l’on s’attaque, si peu que ce soit, à EMI, Sony, Time Warner, Universal et autres malfaisants dont les noms sont légions, voilà qui est intolérable. L’Argent-Roi, le Grand Abrutisseur, le Grand Baal-Mammon occidental, est le meilleur allié de l’Islam en Occident.

Mais il entend bien rester son Maître.

Qu’on se le dise !




[1] Ce jugement est tiré du hadith que voici  : d'après Abou Malik Al Ach'ari (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et son salut soient sur lui) a dit: « Il y aura des gens de ma communauté qui vont boire du vin et l'appelleront par un autre nom, il y aura des instruments de musique et des chanteuses qui vont chanter pour eux. Allah va les ensevelir dans la terre et va faire d'eux des singes et des porcs ». Rapporté par Ibn Maja dans ses Sounan n°4020 et authentifié par cheikh Albani dans sa correction de Sounan Ibn Maja.



vendredi 25 septembre 2015

Marion et l'Eglise


Retour sur un petit événement estival plein d’enseignements. Résumons. Début septembre, l’évêque de Fréjus a invité Marion-Maréchal Le Pen à participer à un colloque de réflexion politique. Toute la sphère médiatique a aussitôt condamné une telle « compromission d’un responsable de l’Eglise avec les idées du Front National ». Une partie même de l’épiscopat s’est tortillée, soutenant  le confrère méridional comme la corde soutient le pendu. « Nous sommes favorables à la liberté d’expression, mais effectivement, les idées du Front National ne sont pas compatibles avec la doctrine chrétienne. » Ah oui ? Lesquelles ?
En matière de morale sociale, la doctrine catholique comporte un certain nombre de points que Rome estime « non négociables », puisqu’ils concernent la vie, la mort et la nature même de l’être humain[1] :

1. la protection de la vie innocente à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle;

2. la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes;

3. la protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants.

Or, il se trouve non seulement que Marion Maréchal-Le Pen est en parfait accord avec ces trois principes non négociables mais qu’elle est à peu près la seule sur l’ensemble de l’échiquier politique. Quant au Front National en tant que tel, sans être aussi clair que Marion Maréchal sur l’ensemble de ces points, on peut dire qu’il est, de tous les partis actuellement existants, le moins éloigné de ces trois positions : il est critique de l’avortement (sans prôner son interdiction, il souhaiterait sa restriction) ; il est hostile au mariage homosexuel et souhaiterait abroger la loi Taubira (il est le seul dans ce cas) ; enfin, il a toujours été très favorable à l’école libre, même s’il se fait désormais moins entendre sur ce sujet. Il est en tout cas notoirement proche du milieu des écoles catholiques hors contrat.
La situation est donc la suivante : la seule personnalité politique qui défende publiquement les positions catholiques non négociables est considérée par la sphère médiatique et par une partie de l’épiscopat français comme absolument infréquentable. Et précisément au motif de son « incompatibilité avec le christianisme ». Sommes-nous chez les fous ?

Le système médiatique a une réponse : Marion Maréchal est certes favorable aux principes non négociables, mais elle est aussi favorable à d’autres mesures, qui seraient absolument contraires à la doctrine chrétienne. L’objection, en toute logique, est recevable.  Mais alors, de quelles mesures s'agit-il ?

La peine de mort ? Pas vraiment. Le FN n’y est plus unanimement favorable, c’est une question qui divise ses chefs actuels. Quant à Marion Maréchal, elle ne s’est jamais exprimée sur la question. Mais de toute façon, cette objection est absurde, puisque la peine de mort n’est pas considérée comme illégitime par la doctrine sociale de l’Eglise. Que les distraits lisent le catéchisme (§ 2267) ! L’Eglise a toujours défendu la vie des innocents, mais elle n’a jamais nié la nécessité pour la société de se défendre contre les coupables. L’idéologie dominante fait exactement le contraire : elle prône la suppression des innocents et se fait gloire de protéger les coupables. La miséricorde n’exclut pas la punition. Si la peine de mort était interdite par l’Eglise, elle ferait évidemment partie des points non négociables ; ce qui n’est pas le cas.

Mais alors, quoi ?

L’immigration bien sûr ! Marion Maréchal, comme le FN, sont favorables à l’arrêt immédiat de l’immigration massive. Or, il est proclamé par tous les cercles dirigeants que cette position est contraire à la charité chrétienne. Une telle affirmation est complètement absurde. Mais il faut reconnaître qu’elle fait son effet. Il s’agit d’une arme d’intimidation très efficace, qui se trouve au cœur de la manipulation des esprits en Europe depuis quarante ans. Les partisans de l’immigration massive, qu’ils soient libéraux ou libertaires (ce qui, concrètement, revient au même[2]) ont réussi à convaincre de très nombreux chrétiens que le christianisme c’est l’accueil de l’autre, et que l’accueil de l’autre, c’est l’immigration massive. Tout chrétien hostile à l’immigration est ainsi censé se trouver en contradiction avec lui-même. Face à un tel argument, on attend de lui qu’il batte en retraite, et tout penaud, baisse la tête en présentant ses excuses. Il importe au contraire de relever la tête et de dire ceci : la charité commande à tout chrétien de venir si possible en aide aux malheureux qu’il rencontre sur son chemin, à la manière du bon Samaritain.[3] Il lui incombe aussi de ne pas haïr l’étranger quand il le rencontre chez lui. Mais tout cela n’implique nullement qu’il faille désirer l’invasion de son propre pays par des populations étrangères, ni encore moins vouloir le remplacement de son propre peuple par un autre. Mieux que cela : la charité bien ordonnée (car il y a un ordre dans la charité[4]) impose à tout chef d’une collectivité humaine de veiller en priorité au bien commun de la collectivité dont il a la charge. Irait-on reprocher à une mère de famille de nourrir ses enfants avant de penser aux enfants du voisin ? Irait-on reprocher à un père de famille de ne pas laisser entrer 50 personnes chez lui, au motif qu’il se comporterait de manière « contraire à la charité » ? Non, évidemment. C’est le contraire qui est vrai : un père de famille de ce genre ne serait pas charitable, mais parfaitement irresponsable. Mettre en danger les personnes dont on a la responsabilité au nom d’une charité mal ordonnée, c’est allier la bêtise à la forfaiture. Au bout d’une heure, il n’y aurait plus à manger pour qui que ce soit. De même, si un capitaine de canot de sauvetage laissait monter à bord les gens sans aucune limite, que devrait-on dire ? Qu’il est charitable ? Non, on dirait qu’il est fou. Qu’il est criminel. Ce qui est évident au niveau d’une famille ou d’un canot de sauvetage est également vrai au niveau d’une Nation : si les hommes, considérés comme particuliers, on le devoir de se montrer charitables envers leurs prochains, les responsables politiques ont pour premier devoir de veiller au bien commun des collectivités dont ils ont la charge. De surcroît, les nations ne sont pas des agrégats d’individus assemblés par hasard ; elles ont une identité culturelle, des racines, des traditions, des langues, auxquelles elles ont parfaitement le droit d’être attachées. Enfin, s’il doit exister une charité entre les Etats ou entre les peuples en tant que tels, elle ne saurait logiquement consister à transvaser un peuple dans un autre, mais bien plutôt à permettre aux différents peuples de vivre heureux et autonomes, sur leur terre. Il faut, sur ce point, concevoir la charité entre les peuples sur le même mode que la charité entre individus : aimer quelqu’un, que ce soit un individu ou un peuple, ce n’est pas l’absorber ni se haïr soi-même. C'est promouvoir sa libre existence. 

De ces quelques rappels de bon sens, il découle que la charité chrétienne ne commande en aucune façon de consentir sans condition à l’immigration massive de peuplement. Tout ce que nous venons d'écrire est parfaitement conforme à la doctrine sociale de l’Eglise. Ainsi parlait Benoît XVI, citant Saint Jean-Paul II : « Les Etats ont le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières, en garantissant toujours le respect dû à la dignité de chaque personne humaine. En outre, les immigrés ont le devoir de s’intégrer dans le pays d’accueil, en respectant ses lois et l’identité nationale. Il faudra alors concilier l'accueil qui est dû à tous les êtres humains, spécialement aux indigents, avec l'évaluation des conditions indispensables à une vie digne et pacifique pour les habitants originaires du pays et pour ceux qui viennent les rejoindre »[5] On lira aussi le catéchisme : « Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l'exercice du droit d'immigration à diverses conditions juridiques. »[6]

L’immigration est ainsi suspendue à diverses conditions, dont la plus importante est le bien commun de la population d’accueil (sans parler de son consentement !). Il est clair que dans un pays comme la France, qui compte cinq millions de chômeurs, 2000 milliards de dettes, des systèmes sociaux totalement thrombosés, 80% d’étrangers ou de descendants d’immigrés dans les prisons, où l’on déplore déjà une véritable sécession de pans entiers du territoire (750 « zones de non-droit »), des tensions communautaires croissantes et une montée de l’islam radical, il est suicidaire de ne pas restreindre l’immigration en provenance du continent africain. Rassembler les conditions d’une guerre civile n’a rien d’une démarche charitable. La charité, de la part des responsables politiques français, consisterait donc plutôt, du point de vue même de la doctrine sociale de l’Eglise, à fermer les frontières à l’immigration de peuplement africaine, à mener une politique étrangère favorable à la stabilité politique des pays d’émigration et à promouvoir l’assimilation des immigrés déjà présents sur notre sol, fût-elle fort coûteuse.

C’est exactement ce que prône Marion Maréchal Le Pen. Et c'est exactement le contraire de ce que font nos dirigeants actuels, qui ouvrent nos frontières à tous les vents, déstabilisent les pays d'émigration et refusent obstinément toute politique d'assimilation.

Il faut donc se rendre à l'évidence : l’oligarchie médiatique, suivie par une part non négligeable de l’épiscopat, condamne comme « contraire au christianisme », la seule personnalité politique d'envergure dont on puisse dire qu’elle soutient, sur l’ensemble des sujets majeurs, y compris l’immigration, des positions conformes à la doctrine sociale de l’Eglise.

Que peut-on conclure de cette situation ahurissante ?

Ceci :

1. L’oligarchie politico-médiatique, qui conchie l’Eglise catholique à toute occasion, utilise avec cynisme « l’argument de la charité » quand elle espère intimider les Français qui se sentent encore vaguement chrétiens.

2. Une partie importante de l’épiscopat a carrément abandonné la doctrine chrétienne, au profit de la doctrine de l’oligarchie libérale-libertaire, repeinte aux couleurs de l’humanitarisme pseudo-chrétien. Ce faisant, elle est l’idiot utile de Mammon et de l’Islamisme.

3. Une partie importante de l’épiscopat préfère s’engager pour soutenir l’immigration de peuplement plutôt que de s’engager contre l’avortement massif (250.000 avortements par an en France contre 250.000 titres de séjours délivrés).

4. L’oligarchie libérale-libertaire prône la charité aux Français, tandis qu’elle contribue à dégrader continûment leurs conditions de vie, sans subir elle-même les conséquences négatives de sa politique. Elle a été parfaitement décrite par Jean-Jacques Rousseau : « Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres les devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux. Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d’aimer ses voisins. » [7]



Français, chrétiens, tirez les conclusions vous-mêmes !







[1] Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, Novembre 2002, pp. 9-10 (Cf. Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, §570)  
[2] Les libéraux veulent l’immigration et la suppression des frontières parce que c’est bon pour la rentabilité du capital (baisse des coûts salariaux, suppression des barrières tarifaires, destruction du mouvement ouvrier etc.) ; les libertaires veulent la même chose parce que cela accélère la disparition des nations européennes, coupables d’avoir donné au monde la civilisation chrétienne. Le libéral idolâtre Mammon, le libertaire idolâtre l’Homme. Dans les « démocraties » européennes, on appelle le parti libéral « la Droite » et le parti libertaire « La Gauche ». Ils forment les deux pistons du moteur de la Modernité : on comprend alors l’importance et le sens véritable de l’alternance Droite/Gauche. Les deux nous emmènent au même endroit : en enfer.
[3] Luc 10, 25-37
[4] Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique IIa-IIae, q. 26 a. 7-8
[5] Benoît XVI, Message pour la journée mondiale des migrants et des réfugiés, 2011
[6] Catéchisme de l’Eglise catholique § 2241
[7] Emile, livre 1 [1762]

jeudi 10 septembre 2015

Le tragique

Antigone et son frère

Ce que nous voulions dire avec nos petites réflexions sur Vichy, c'est essentiellement ceci, à savoir que l'histoire est tragique. Le tragique, c'est quand tout le monde a raison. Antigone a raison, mais Créon aussi a raison. La piété familiale est une vertu capitale. Le salut de l'Etat est une obligation pour son chef. Il est absurde de vouloir trancher. Les deux ont raison, et les deux ont tort aussi : faire trembler la Cité pour une simple affaire particulière, c'est irresponsable. Asseoir le salut de l'Etat sur un crime contre la famille, c'est tacher le drapeau. Il est impossible de sortir de ce cercle, de cette contradiction, de cette aporie. L'histoire, ce n'est pas un Western, ce n'est pas un dessin animée de Walt Disney. Du moins rarement. Vichy a donné les juifs étrangers, c'est déshonorant. Mais Vichy a sauvé les juifs français, c'est une grande chose à son actif. Qui dira ce qu'il fallait faire d'autre? Entre deux maux, il faut choisir le moindre, et quand on a le choix entre deux crimes, l'un étant moins énorme que l'autre, il faut commettre le moins grand. En dernière instance, si l'on agit dans une situation véritablement contrainte et que l'alternative est stricte, qu'il n'y a pas de troisième voie miraculeuse, il nous semble que celui qui choisit le moindre mal ne peut pas être tenu pour répréhensible. Il n'en demeure pas moins que son acte, considéré en lui-même, ne mérite pas de louange trop sonore. Cela reste une tache. C'est cela, le tragique. La seule façon d'en sortir par le haut, comme on dit, c'est l'absolution, l'édit de Nantes, le silence. C'est à dire le contraire du règlement de compte, qui voudrait faire croire que la situation était dramatique, qu'il suffisait de choisir entre le bien absolu et le mal absolu. Qu'il s'agissait d'un Western. Non, la situation était tragique. Celui qui, pour sauver sa famille, accepterait de prêter main forte à un terroriste dans l'assassinat d'une personne ne serait pas blamable. Il ne serait pas non plus décorable. Impossible d'en faire un héros. Il faut plutôt le plaindre et faire silence.





Psychiatrie lourde


Dame Pégard, directrice du Château de Versailles s'est déclarée scandalisée que des "déliquants" aient souillé "l'oeuvre" d'art contemporain qui souille actuellement la perspective du Grand Canal. Tenez-vous bien, l'oeuvre en question s'intitule "Dirty Corner", autrement dit "coin malpropre", et représente un immense vagin, posé sur des gravats. Tout cela est effectivement dégueulasse. Cette pauvre femme, membre d'une oligarchie perverse, dont elle ne semble pas tirer de joie, s'est donc payé le ridicule d'écrire une note de service où elle déplore que "Dirty corner ait été sali par des graffitis". Je prévois donc que le jour où nous irons pisser sur les excréments géants de McCarthy*, on nous accusera d'avoir fait pipi sur du caca.



*autre artiste officiel du régime : ICI



mercredi 9 septembre 2015

Le devoir des politiques... et son oubli



Le procès du Maréchal Pétain, et plus largement la liquidation du régime de Vichy, constituent sans doute le moment fondateur du système idéologique dans lequel nous vivons. Parlons d’abord du plus visible : à savoir que les principes fondamentaux de la vie sociale ont été couverts d’opprobre et condamnés comme ayant partie liée avec le nazisme. C’est ainsi que le travail, la famille et la patrie sont devenus des notions malpropres -et des réalités bonnes à éradiquer. La Général de Gaulle leur offrit une survie précaire, tout entière attachée à son nom, mais, lui disparu, les gouvernements n’ont plus cessé de saper les fondements de l’existence sociale.


Nous en sommes au point où les élites qui nous dirigent rougiraient d’apparaître comme défendant l’intérêt national, où les familles traditionnelles sont l’objet d’une persécution ouverte de la part de l’appareil d’Etat, et où le parasitisme -de la finance d’un côté, de l’assistanat de l’autre- est le seul rêve offert aux jeunes générations. Mais il y a plus profond encore, je veux dire une chose à laquelle on pense moins : la condamnation de la politique en tant que telle, la délégitimation de l’idée même de responsabilité des gouvernants envers le peuple. Pour s’en convaincre, il suffit de constater les motifs de condamnation principaux du Maréchal Pétain dans l’esprit public : ce n’est plus, comme dans l’imaginaire gaulliste, le fait d’avoir fomenté, d’accord avec Hitler, « une conspiration pour renverser la République » (selon les propres termes de l’accusation). On est tout de même revenu de cette mystification. C’est à présent, et pour l’essentiel, le fait d’avoir continué de gouverner la France en présence et sous la pression de l’occupant allemand. Autrement dit, le fait d’avoir signé un armistice et, au lieu de fuir la France pour continuer la guerre, d’y être resté pour assurer une certaine continuité de l’Etat. L’idée selon laquelle il pouvait y avoir dans cette attitude, non seulement quelque chose d’utile, mais qu’elle pouvait paraître s'imposer comme un devoir aux responsables politiques ne paraît même plus concevable. C’est pourtant ainsi que beaucoup ressentirent l’armistice à l’époque. Non pas seulement comme un lâche soulagement mais comme la seule façon d’éviter le pire. A contrario, il est désormais entendu que la seule attitude conforme au devoir était, pour les gouvernants, de passer dans la clandestinité pour s’engager dans la guérilla, ou de quitter le territoire pour défendre l’honneur. Tout autre choix est interprété comme pacte avec l’ennemi, complicité avec ses crimes, déshonneur national. Pourquoi ? Tout simplement parce que le devoir spécifique des gouvernants est interprété à la seule lumière de la moralité individuelle, et l’on oublie totalement que les gouvernants sont responsables de la sécurité et de la simple survie du peuple dont ils ont la charge. Autrement dit, on oublie que le gouvernant n’a pas seulement à considérer le caractère pur ou impur de ses actes personnels, au regard de sa conscience de personne privée, mais aussi regarder aux conséquences de ses actes et se demander si elles sont en rapport avec la finalité fondamentale de la responsabilité politique, à savoir la survie du peuple. Bref, on oublie que le responsable politique, précisément parce qu’il a charge d’âmes, « n’a pas les sentiments des particuliers », comme disait Louis XIII.

En termes imagés, on dira qu’il peut faire partie du devoir d’un gouvernant de « se salir les mains ». Dans certaines circonstances, en effet, lorsque les choix sont très contraints, il arrive que la seule solution disponible pour sauver une majorité d’innocents soit d'en sacrifier une minorité. C’est exactement la métaphore du capitaine de paquebot dont nous parlions dans notre billet précédent : le capitaine d'un paquebot en perdition (du fait d'une voie d'eau à l'avant) n’a pas le choix entre le bien absolu et le mal absolu, il a le choix entre deux maux, dont l’un est bien moindre que l’autre. Ou bien il ne ferme pas les cloisons étanches et tout le monde meurt ; ou bien il les ferme et une minorité meurt. A notre sens, c’est à la lumière de cette situation-type qu’il faut évaluer le régime de Vichy. Ou bien on laissait la France aux mains d’un Gauleiter, comme la Hollande, la Pologne, la Hongrie, ou bien on assumait la tâche affreusement ingrate de sauver ce qui pouvait l’être en finassant avec l’occupant. On peut toujours considérer qu’il ne faut jamais, en aucune circonstance, se salir les mains, mais ceux qui le pensent sont obligés de soutenir que les conséquences n’ont pas d’importance. Ils sont alors obligés d’admettre que la pureté des mains du gouvernant est préférable au salut du peuple. Position difficile à tenir. Car enfin, voyons les choses en face : si 92% des juifs de nationalité française ont eu la vie sauve pendant l’Occupation, c’est précisément du fait que le régime de Vichy s’est sali les mains en négociant le salut des juifs nationaux en échange de l’expulsion des juifs étrangers (que les Etats-Unis avaient refusé d'accueillir quand Vichy leur demanda de le faire).[1] Assurément, le Maréchal Pétain était antisémite, à la façon de Maurras ou Bernanos, et nous ne cherchons pas ici à l'exonérer de cette tache morale et spirituelle ; mais cet antisémitisme, essentiellement différent du racisme nazi, n'impliquait aucune tentation d'attenter à la sécurité physique des juifs. Jamais les gens de Vichy n'ont pensé qu'en livrant les juifs étrangers à l'Allemagne, ils les envoyaient dans des camps d'extermination. Personne n'avait imaginé l'atrocité démoniaque du projet allemand. On peut tourner cette question dans tous les sens, les faits sont là. L'existence d'un gouvernement français d'Armistice a relativement protégé les juifs. Et quand les Allemands ont réclamé les juifs de nationalité française, Vichy a promis une loi de dénaturalisation tout en la renvoyant sans cesse aux calendes grecques ; de report en report, à l’hiver 43, les Allemands n’avaient encore rien obtenu ; et quand la loi fut enfin écrite, ni Pétain ni Laval n’ont jamais voulu la signer. On peut facilement considérer ces finasseries comme déshonorantes, mais c’est tenir pour rien des milliers de gens qui leur ont dû la vie sauve. C’est oublier aussi la situation de contrainte dans laquelle se trouvaient le gouvernement de Vichy. C’était cela ou céder la place à des criminels comme Aloïs Brunner. Evidemment, tout cela n’est pas très beau, n’a pas grande allure, tout cela est même affreux mais quel père de famille, face à des preneurs d’otages, ne serait pas prêt à d’humiliantes démarches pour sauver sa famille ? Quand on est seul, on peut se permettre l’héroïsme, le raidissement dans l’honneur, l’affirmation pure des principes au prix de la vie. Dans ce cas, c’est sans doute la meilleure chose à faire. Mais quand on a charge d’âmes ? Quand on est le responsable d’une collectivité humaine et qu’on a choisi de ne pas se démettre pour sauver son âme individuelle ? Imagine-t-on un capitaine expliquant qu’il a préféré quitter le navire en perdition plutôt que de devoir se salir les mains en fermant les cloisons étanches ? Et imagine-t-on qu’on fasse un procès au capitaine qui a fermé les cloisons étanches et sauvé 95% de l’équipage au motif qu’il a sciemment envoyé à la mort 5% de l’équipage ? Que fallait-il faire ? Garder les mains pures et mourir dans l’honneur ? Encore une fois, cette position nous paraît valable pour un individu, s’il est le seul concerné par la situation. Mais quand on est responsable de la vie d’autrui, vouloir garder les mains pures, c’est de l’égoïsme. Pour un politique, c’est de la forfaiture.

Une chose est certaine : les dirigeants actuels de la France ne sont pas d’accord avec ce que je viens d’écrire. Citoyens, sachez-le : ils préféreront la pureté de leurs mains à la protection de votre vie. Ils ne sacrifieront pas leur prestige pour vous ; c’est vous qu’ils sacrifieront d’un cœur léger. C’est d’ailleurs déjà fait.


[1] Sur ce point, il existe un consensus des principaux historiens de l’Holocauste : Léon Poliakov (Le Bréviaire de la Haine [1951] : « Du sort relativement plus clément des juifs de France, Vichy fut en fait le facteur prépondérant. En ce qui concerne la Solution finale, la position de Vichy était essentiellement déterminée par les vues de Pierre Laval dont la politique paraît avoir été guidée par le schéma suivant : "se débarrasser des Juifs étrangers, mais protéger autant que possible les juifs français des deux zones.", Raul Hilberg (La Destruction des juifs d’Europe [1961 ; 1991] : « Quand la pression allemande s'intensifiait en 1942, le gouvernement de Vichy se retrancha derrière une seconde ligne de défense. Les juifs étrangers et les immigrés furent abandonnés à leur sort et on s'efforça de protéger les juifs nationaux. Dans une certaine mesure, cette stratégie réussit. En renonçant à épargner une fraction, on sauva une grande partie de la totalité ») Alain Michel (Vichy et la Shoah [2012]: « Vichy est l’élément principal qui explique comment 75% des juifs de France ont survécu. »)









De quoi mourons-nous ?


Dans la vie spirituelle de la République, le sentiment a étouffé l’intelligence. Le vrai et le faux n’ont plus tellement d’importance. Seuls comptent le bien et le mal. Mais voilà le malheur : sans le discernement du vrai et du faux, la volonté du Bien devient aveugle. Toutes les vertus intellectuelles décrites par Aristote ont été congédiées ; elles laissent place à une vie morale binaire et sans nuances, animée par une forme tout abstraite de compassion. Il reste bien à cette morale une idée, qui est devenue un réflexe : l’homme est bon, c’est la société qui le rend méchant.

On peut essayer de définir très rapidement cette idéologie sentimentale : nous la nommerions : « subjectivisme humanitaire anti-politique ».

Subjectivisme, puisque la seule norme est le respect pour les désirs, saisis comme la manifestation de la seule source de légitimité : l’arbitraire individuel, sans aucune considération rationnelle d’opportunité.

Humanitaire puisque le sentiment moral dominant est la compassion irresponsable (c’est-à-dire lointaine et passive) pour les souffrances individuelles –sans qualification morale[1], avec une préférence néanmoins pour les souffrances dues à l’exercice de l’autorité politique (étant entendu que les violences criminelles sont interprétées comme des réponses à une violence première, celle de l’oppression sociale ou étatique).

Anti-politique puisqu’il ignore résolument (ou refuse de reconnaître) les conditions d’existence, de reproduction et de cohésion de toute société humaine. Dans la mesure où ces conditions supposent une contrainte à l’égard des désirs individuels, elles sont uniformément considérées comme des violations de la liberté -et de leur formulaire interminable en perpétuelle réécriture : les « droits de l’Homme ». Le lien nécessaire entre le régime démocratique et l’existence nationale (pas de consentement à la loi de la majorité sans sentiment d’appartenance communautaire), la légitimité des intérêts préférentiels[2], la priorité contraignante de l’intérêt général –tout cela est refusé en bloc. C’est dire que les responsables politiques européens ont adopté peu ou prou la vision du monde et les réflexes fondamentaux des présidents d’ONG. Ils verraient une faute dans le simple fait d’afficher une préférence pour leur propre peuple et s’interdisent l’exercice des rigueurs pourtant nécessaires de la responsabilité politique. Moyennant quoi, cette idéologie détruit méthodiquement les conditions d’existence à long terme des valeurs qu’elle absolutise. Il échappe de plus en plus aux hommes politiques européens que la responsabilité politique est la responsabilité du bien commun et qu’elle suppose des sentiments, qui, comme disait Louis XIII, sont « différents de ceux du particulier »[3]. Tout se ramène en définitive à une analogie : celle du capitaine de paquebot. En cas de voie d’eau importante à l’avant du navire, un capitaine digne de ce nom doit être capable de fermer les cloisons étanches quitte à laisser mourir une partie de l’équipage au fond de la soute, pour sauver la majeure partie des passagers d’une mort certaine. De même l'homme politique. Or nous sommes de plus en plus gouvernés par des gens qui, par bonté d’âme, refuseraient de fermer les cloisons étanches, envoyant ainsi tout le monde à la mort. Je dis « par bonté d’âme » c'est-à-dire par ignorance de leur propre responsabilité, et crime contre l’intérêt général. Je me rappelle à ce propos un petit dialogue entre Maurice Druon et Jack Lang sur le plateau du déplorable Thierry Ardisson. Druon, sous les huées moutonnières du public, expliquait qu'il était favorable à la peine de mort. Jack Lang répondit qu'il était évidemment contre. Druon lui rétorqua : « Votre bon cœur vous perdra! » Et Jack Lang de conclure, sous les vivats d’une foule irréfléchie : « Je préfère me perdre et garder mon bon cœur ». Pour un homme qui prétendait à la direction de l'État, c’était dire d’emblée qu’il n’assumerait jamais la responsabilité du bien commun, et qu’il s’en ferait gloire. C'était aussi un assez bon résumé de ce qui arrive à la France depuis quarante ans.

Pour prendre les choses d’un peu plus loin, on peut dire qu’en Europe, l’État –l’État régalien- est sorti moralement ruiné du XXe siècle. Pour une raison simple : jamais sans doute le mal et la violence ne s’étaient à ce point déchaînés au nom de l’autorité de l’État. Boucherie de 14, extermination industrielle, famines organisées, guerre totale… -l’État, conçu pour protéger les individus s’est appliqué à les assassiner méthodiquement. Or chat échaudé craint l’eau froide : l’« esprit du peuple » européen est ressorti de cette épreuve plein de dégoût et de méfiance à l’égard de l’existence politique. Sous l’effet du traumatisme, et à la faveur de confusions intellectuelles compréhensibles mais regrettables, on a identifié le conservatisme nécessaire de l’État –qui limite la liberté pour la rendre possible- à la tyrannie idéocratique totalitaire, qui anéantit toute liberté. Cet effacement de la différence de nature entre l’État libéral-autoritaire et l’État-Moloch totalitaire, -désormais interprétée comme une simple différence de degré- est un fait structurant pour comprendre la situation de l’Europe[4]. Les slogans de mai 68 (« CRS-SS »), comme l’invocation automatique du « totalitarisme » devant toute manifestation d’autorité, témoignent assez bien de cette évolution des mentalités. Il faut ajouter que la longue paix intérieure et extérieure dont a bénéficié l’Europe depuis 45 -comme aussi le confort et le relâchement des nécessités vitales- ont contribué à rendre de moins en moins sensible la fragilité de l’ordre humain et à désarmer les sociétés face au retour inéluctable des violences privées et des menaces extérieures. Disons qu’anesthésiés par la protection extérieure d’une puissance tutélaire et roulant sur les acquis de mille ans de domestication de l’homme, les esprits européens se sont mis à croire que l’État social et la paix civile étaient des biens de nature, que nous n’aurions plus à instituer et à maintenir.

Dès lors, on a cru devoir jeter par-dessus bord, et d’un cœur léger, tout ce qui faisait tenir l’ancien monde. L’éducation des enfants, l’instruction publique, les formes du respect, la vénération du beau, les rigueurs de la loi, la protection de l’ordre ont été ridiculisées puis remisées au musée des horreurs. On croyait se débarrasser des fers de la tyrannie quand on se privait des étais de la civilisation.

« Qui creuse une fosse tombe dedans. » Nous avons les conséquences.






[1] Victor Hugo, Choses vues, VI, p. 1333 : « On n’a jamais tort d’avoir pitié. C’est le seul des penchants humains où l’excès soit impossible. » On pourra lire, en sens contraire, Saint Thomas d’Aquin qui estimait que « la miséricorde, considérée comme une passion que la raison ne règle pas, entrave la délibération en faisant manquer à la justice » Somme théologique, II-II, 30, 3 ad 1.
[2] Sur cette question, Cf. Pie XII, Summi Pontificatus : « la doctrine chrétienne enseigne que dans l'exercice de la charité il existe un ordre établi par Dieu, selon lequel il faut porter un amour plus intense et faire du bien de préférence à ceux à qui l'on est uni par des liens spéciaux. Le Divin Maître lui-même donna l'exemple de cette préférence envers sa terre et sa patrie en pleurant sur l'imminente destruction de la Cité sainte. » Voir aussi Saint Thomas, Somme théologique, IIa-IIae, 26, 7 et 8.
[3] « Je ne serais pas roi si j'avais les sentiments des particuliers. » Louis XIII à propos de l’exécution du duc de Montmorency, son ami d’enfance.
[4] Sur ce point, Cf. H. Arendt, La Crise de la culture, « Qu’est-ce que l’autorité ? » : « Derrière l’identification libérale du totalitarisme à l’autoritarisme et l’inclination concomitante à voir des tendances ‘totalitaires’ dans toute limitation autoritaire de la liberté, se trouve une confusion plus ancienne de l’autorité avec la tyrannie, et du pouvoir légitime avec la violence. »

lundi 7 septembre 2015

La Grèce et la Banque

Bonneteau européen

Résumons. Au début des années 2000, le patron de Goldman Sachs en Europe, un certain Mario Draghi, a aidé (contre 300 M€ de commissions) le Gouvernement grec à truquer ses comptes pour entrer dans l’euro. Les banques ont ensuite pu prêter des milliards à la Grèce ("un pays de l'eurozone, pensez donc, c'est du solide !") pendant des années, s’exposant à des niveaux déraisonnables auprès d’un débiteur structurellement insolvable. Quand la chose est devenue trop évidente, le patron de Goldman est devenu patron de la Banque centrale européenne où il a recommandé le « sauvetage de la Grèce » par les contribuables, c’est-à-dire le sauvetage des banques qui avaient prêté à un client particulièrement impécunieux. On a donc prêté de l’argent à la Grèce pour qu’elle puisse le rendre aux banques, les nouvelles dettes étant sur les épaules des Etats. Il est clair qu’en fait l’argent prêté à la Grèce a en partie servi à payer les bonus des banquiers européens (BNP et Deusche Bank essentiellement). Les banquiers doivent bien rire, entre eux, quand les portes sont refermées.


Moi ou le chaos




Il est de bon ton, dans les medias occidentaux, de se moquer des dictateurs qui affirment que sans eux, leur pays retournerait au chaos. "Rodomontades ridicules !" "Odieux chantage!" L'élimination de Khadafi montre que les dictateurs ont parfois raison. 

Khadafi avait prévenu : sans lui, ce serait la montée en puissance des wahhabites, la guerre civile dans son propre pays, une déferlante sur l'Europe. Il n'était pas difficile de voir pourquoi il avait raison. Et puisqu'il est mort, les bonnes consciences peuvent difficilement l'accuser d'avoir mis à exécution ses menaces. Il contenait le danger, il ne l'avait pas créé.

Quant à nous, occidentaux, nous  ne sommes pas gouvernés par des dictateurs, mais par des traîtres et des vendus qui relèvent de la Haute-Cour.

Sans eux sur Terre, il y aurait moins de chaos.



Initiation au principe de causalité


CAUSES...




EFFET...





mercredi 2 septembre 2015

Le Règne du Droit


Les bons sentiments envahissent tout. Cette morale abstraite, cette moraline dégoulinante, qui néglige le véritable bien des hommes, inspire l’inflation réglementaire qui tient désormais lieu d’activité législative aux gouvernements européens. On connaît les sujets : lutte contre les discriminations, respect de l’individu, promotion de l’égalité, etc. Cette prolifération de règles bienveillantes rend la vie sociale de plus en plus absurde. Et le plus étonnant est qu’elle s’accompagne du développement, chez beaucoup de gens, d’une mentalité formaliste qu’on croyait le propre de la religion pharisaïque –si tant est qu’elle ait jamais existé. Quelques exemples feront comprendre de quoi je veux parler. Quand, au printemps dernier, un avion de la Lufthansa a été précipité volontairement par son pilote sur une montagne, on a rapidement appris que le pilote en question avait été reconnu comme dépressif par la médecine du travail. Mais alors pourquoi n’avait-il pas été signalé aux responsables opérationnels comme inapte ? Réponse : car il aurait été discriminatoire professionnellement de considérer qu’il est impossible de travailler quand on a été dépressif. Cette considération pleine de bénévolence est sûrement valable pour un cantonnier ou un comptable, mais il est évidemment absurde de l’appliquer à un pilote de ligne. Car, en l’espèce, le risque est trop grand. Mais c’est ainsi : la moraline ne veut pas connaître les cas d’espèce. Elle ne fait aucune distinction. Elle pense aux principes, pas aux conséquences, pas aux circonstances, pas au réel. C’est la morale des irresponsables. Autre exemple : dans les gares, vous avez sûrement vu, maintenant que nous sommes sous menace terroriste permanente, patrouiller des trinômes de militaires en treillis. Ils sont invariablement composés de deux hommes et d’une femme. Vous aurez alors été frappé par la disproportion entre les deux hommes et la femme : le plus souvent, le membre féminin du trinôme apparaît beaucoup plus petit et frêle que ses deux équipiers. La dernière que j’ai vue, à la Gare du Nord, était, sans mentir, à peine plus haute que son fusil. Elle disparaissait derrière son sac à dos. La faire tomber par terre aurait été un jeu d’enfant- même pour moi, c’est tout dire. Il est évident qu’ainsi composée, la patrouille est infiniment plus vulnérable qu’avec trois hommes de forte carrure. Des agresseurs éventuels n’auraient qu’à s’attaquer à la femme pour neutraliser le groupe : cela obligerait en effet l’un des deux soldats à s’occuper de sa camarade pour la mettre à couvert, laissant le troisième seul contre tous. Ceci crève les yeux. Mais alors ? Pourquoi faire ainsi ? Pourquoi des patrouilles de deux et demi alors qu’on pourrait constituer des patrouilles de trois ? Par respect de la parité, pardi ! Là encore, le réel ne compte pas : appliquer la parité dans l’armée, comme dans l’ensemble des services de sécurité opérationnel, est d’une bêtise criminelle, mais on ne dévie pas de cette ligne. Plutôt mourir, plutôt mettre en danger les citoyens que faire une entorse à « l’égalité homme-femme ». Et ne croyez pas que les conséquences fassent reculer les décideurs ! Les malfrats qui, eux, n’embauchent pas de jeunes filles fluettes pour leurs opérations armées, ont plusieurs fois prouvé combien il est facile d’abattre des gendarmettes. Le plus souvent, ils se bornent à leur arracher leurs armes, et à les retourner contre elles. Mais qu’importe ! Il serait réactionnaire de reconnaître que les femmes ont en moyenne un gabarit et une puissance musculaire inférieure aux hommes. L’idiotie morale n’a plus aucune limite. Encore un exemple : un professeur aveugle a récemment reçu une convocation de l’Education nationale lui enjoignant de surveiller plusieurs épreuves écrites du baccalauréat. Ledit professeur, croyant à une erreur, a téléphoné au rectorat pour signaler qu’étant aveugle, il n’était évidemment pas apte à lutter contre la triche dans une salle d’examen. On lui répondit qu’il ne s’agissait nullement d’une erreur et que, compte tenu de la législation en vigueur, ne pas le convoquer aurait exposé l’Administration à une poursuite pour discrimination « à raison d’un handicap physique ». Nos pharisiens sont donc prêts à transformer la salle d’examen en pétaudière plutôt que de discriminer un aveugle. Je continue, et là nous entrons dans le tragique. En France, des activistes musulmans dûment repérés comme dangereux par les services spéciaux, peuvent en toute liberté travailler sur des sites industriels SEVESO. Pourquoi ? Protection de la liberté individuelle ! Présomption d’innocence ! Il me paraît inutile de commenter plus avant.

Fiat Justitia Pereat Mundus !