dimanche 29 mai 2016

L'autre Black M.



Le soldat inconnu

Si la France n’était pas devenue ce qu’elle est devenue, si elle n’avait pas avec son passé le rapport pathologique qu’on lui connaît, si la bande d’incultes haineux qui nous tiennent lieu d’élites gouvernantes avaient le sens de la grandeur et de la continuité historique, de la gratitude et de la réconciliation nationale, les cérémonies du centenaire de Verdun, au lieu d’être la énième occasion d’une fête grotesque, auraient dû voir le retour à Douaumont des cendres du seul homme qui avait quelque titre à se trouver honoré lors d’une telle commémoration. C’est la raison pour laquelle, précisément, il sera le grand absent de tous les discours et de toutes les pensées. En un certain sens, c’est mieux. Ces gens salissent tous ce qu’ils touchent.



Pour mémoire, voilà ce que le Général de Gaulle, pour le cinquantième anniversaire de Verdun, dit de celui auquel plus personne ne pense.

« Les dons de chef, Pétain les possède par excellence. Mis, le 26 février, à la tête de la 2ème armée par Joffre, qui décide en même temps de tenir ferme à Verdun, il installe son poste à Souilly. C’est là que, jusqu’au 1er mai, il va commander la défense, de telle sorte que notre dispositif, articulé en quatre groupements : Guillaumat, Balfourier et Duchêne sur la rive droite, Bazelaire sur la rive gauche, ne cessera jamais, dans son ensemble, d’être bien agencé, bien pourvu et bien résolu, et que l’offensive de l’ennemi échouera décidément malgré la supériorité de feu que lui assurent mille pièces d’artillerie lourde. Si, par malheur, en d’autres temps, dans l’extrême hiver de sa vie et au milieu d’événements excessifs, l’usure de l’âge mena le Maréchal Pétain à des défaillances condamnables, la gloire que, vingt-cinq ans plus tôt, il avait acquise à Verdun, puis gardée en conduisant ensuite l’armée française à la victoire, ne saurait être contestée, ni méconnue, par la patrie. »

Mais c’était il y a mille ans.






vendredi 27 mai 2016

Synthèse

Comme je le dis souvent, tout est dans l'Ecriture. Il suffit de savoir lire.

Ouvrons l'Apocalypse de saint Jean (XIX, 20) :

« Et la Bête sera prise, et avec elle le Faux Prophète [...] et tous les deux seront jetés vivants dans l'étang de feu où brûle le soufre. »
Et maintenant, les images :
La Bête :    
Le Faux Prophète :
Eh oui, nos deux amis du moment. Le Veau d'Or et l'islam.
Etonnant, non ?
Je vous le dis, on est sur la fin. Je ne serais pas étonné qu'on ferme.


Héraldique du monde moderne


Toi aussi, rejoins l'Union européenne

Dans un précédent billet, je suis passé un peu vite sur la figure de « Baphomet ». J’y reviens donc. Baphomet est censé être l’idole satanique qu’adoraient les Templiers. Il est très probable qu’il s’agisse là d’une pure extrapolation à partir des calomnies nombreuses dont on accabla les Templiers au moment de leur procès, sous Philippe le Bel. A l’origine de toute cette fumée, cependant, il pourrait y avoir un peu de vrai, à savoir le basculement de certains Templiers dans une sorte de syncrétisme islamo-chrétien, où l’on reconnaissait à Mahomet le statut d’un véritable prophète (n’oublions pas que pour la théologie catholique, Mahomet est un faux prophète, possiblement annoncé par l’Apocalypse-autrement dit une figure satanique). « Baphomet » ne serait que la prononciation occitane de son nom.
Mais peu importe. Je ne veux pas ici faire l’histoire de cette figure, qui se perd dans l’inextricable mélange de vérité et de canulars dont est tissée la littérature ésotériste. Il est de toute façon évident que le Baphomet que nous avons sous les yeux n’a rien à voir avec l’islam (pour une fois que cette phrase est vraie !) L’essentiel à savoir est qu’elle a été progressivement élaborée et utilisée par les milieux occultistes anticatholiques pour servir d’allégorie à leur « idéal », sinon leur « dieu ». Regardons d’un peu plus près de quoi elle a l’air. Pour cela, prenons la représentation la plus célèbre, celle qu’en fit Eliphas Lévi, grand occultiste français du XIXème siècle, de son vrai nom Alphonse Constant, diacre défroqué.[1]
Baphomet a une tête de bouc et un corps humain androgyne, puisqu’il a des bras masculins, mais une poitrine de femme. Il est également doté de grandes ailes d’oiseau et de pieds de boucs. Il porte sur le ventre un caducée (serpent enroulé autour d’un bâton). Entre ses deux cornes, on observe une étoile à cinq branches (pentacle) et, au-dessus, un flambeau. Autour de lui, deux croissants de lune, l’un blanc, l’autre noir. Sur son bras droit, le mot « solve », sur son bras gauche le mot « coagula ». La main droite, levée, salue à la façon des papes, en joignant l’index et le majeur. La main gauche est baissée, les doigts dans la même position. Mais quel est le sens de tout cet attirail ? Pour bien le comprendre, il ne faut pas commencer par lire les ennemis de l’occultisme, mais par lire les occultistes eux-mêmes, qui donnent à tout cela un sens à leurs yeux tout à fait positif. Allons-y donc.
D’abord, il s’agit d’un bouc, symbole biblique du péché et symbole mythologique de la pulsion sexuelle débridée. Choisir un bouc pour emblème, c’est dire que l’on souhaite prendre le parti des humiliés, des victimes de l’oppression religieuse et de la pression sociale : les pécheurs et les libertins, par opposition aux obéissantes brebis du troupeau de Dieu. L’étoile à cinq branches est un très ancien signe de protection païen, présent dans l’Europe pré-chrétienne. Le cinéma en a fait un signe de la magie noire, mais cela ne vaut que du pentacle ayant la pointe en bas, ce qui n’est pas le cas ici. Le flambeau sur sa tête symbolise la libre connaissance, la libre recherche. Le caractère androgyne annonce le dépassement de la dualité humaine, la synthèse du masculin et du féminin. Le caducée quant à lui, possède une triple signification : le serpent, symbole de la tentation dans la Genèse, est ici présenté comme bénéfique ; il prend place en l’occurrence dans l’emblème de la Médecine, science dont le but est de conduire l’homme à l’immortalité ; enfin, comme attribut classique du dieu Hermès, le caducée symbolise aussi le commerce et la communication. Le salut papal est ironique ; il s’agit tout à la fois de singer l’adversaire et de lui disputer son autorité. Les mots « solve » et « coagula » sont un dyptique classique de la franc-maçonnerie, renvoyant au travail des alchimistes, qui sont censés dissoudre (solve) les matériaux pour en dégager les éléments fondamentaux et reformer d’autres matériaux (coagula). D’après Eliphas Lévi lui-même, les deux lunes symbolisent deux sephirot de la Kabbale juive : Chezed et Geburah, à savoir la compassion d’un côté et la force de l’autre. Vertus dont il est bon qu’elles soient en harmonie.
Tout cela n’a rien de sanglant ni de criminel. Somme toute, l’ensemble de ces symboles, tout à la fois dégoulinants de bonnes intentions humanitaires et irradiant une épouvantable laideur, composent une allégorie assez fidèle de l’idéologie occidentale dominante (qui, comme à toute époque, est l’idéologie de la classe dominante, comme disait Marx). Tout y est : hostilité au christianisme, perçu comme attentatoire à la liberté humaine; refus de la distinction sexuelle; aspiration à l’immortalité par les moyens de la technique médicale et génétique; culte de l’émancipation radicale à l’égard de toute détermination naturelle; désir promothéen de dépasser, par les moyens de l'artifice, la finitude de la condition humaine; promotion des échanges, du commerce, de la mobilité; rêve d’un âge messianique où la force serait au service de cette vision du monde.
Il n’est pas tellement exagéré de dire que Baphomet constituerait un meilleur symbole des institutions européennes que le drapeau actuel avec ses douze étoiles.

Et cela pour des raisons théologiques évidentes !



[1] Voir Dogme et rituel de la haute-magie, Germer Baillière éditeurs, 1854.

Démocratie ou Démocratie ?



Aujourd’hui, je voudrais compléter mon billet sur la démocratie.
C’est entendu, le régime dans lequel nous vivons n’est pas démocratique. Dans le même temps, nos maîtres ne cessent de nous dire que nous vivons « en démocratie ». Ma question est : sont-ils de purs et simples menteurs, ou n’y aurait-il pas, après tout, un malentendu sur le sens du mot « démocratie » ? Car observons ceci : une bonne partie du peuple lui-même, une fois détrompé, continue de penser que, même s’il n’a pas le pouvoir et subit des décisions contraires à l’avis majoritaire, il vit bel et bien dans une sorte de régime qui mérite, « en un certain sens », le nom de démocratie. Je fais donc ici l’hypothèse qu’il existe un malentendu, pas entièrement volontaire ni cynique, sur le sens du mot.
Il y a en fait deux sens du mot démocratie. Un sens premier, que l’on pourrait dire le sens propre, qui correspond à l’étymologie ; c’est le sens antique, aristotélicien, rousseauiste : un régime est démocratique quand le peuple y exerce le pouvoir. On peut même assouplir la définition et dire qu’un régime est démocratique quand les grandes décisions de politique publique sont conformes à l’avis de la majorité de la population (soit que cette dernière prenne, directement ou indirectement, les décisions, soit qu’elle ne les prenne pas du tout, mais se trouve gouvernée par un souverain soucieux de prendre des décisions conformes aux aspirations fondamentales de son peuple).
Mais il existe un deuxième sens, que l’on pourrait dire impropre, et qui ne correspond pas à l’étymologie ; c’est le sens moderne lockéen, voltairien, libéral : un régime est dit démocratique quand les individus qui le constituent disposent de la plus large sphère d’indépendance possible. Autrement dit lorsqu’ils jouissent des droits les plus larges à faire valoir sans contrainte collective leurs désirs subjectifs.
Cette distinction correspond à celle que Benjamin Constant faisait entre « la liberté des Anciens » et « la liberté des Modernes ».[1] La liberté comme participation au pouvoir collectif d’un côté, la liberté comme indépendance privée de l’autre.
S’il est faux que nous vivions dans une société démocratique au sens propre, il est en revanche indéniable que nous vivons dans une société démocratique au sens libéral : chacun est libre d’aimer qui il veut, de se marier avec qui il veut, de divorcer quand il veut ; le service militaire n’existe plus, l’autorité du père de famille n’opprime plus les enfants, les adolescents sont émancipés par le biais de la consommation, la hiérarchisation des arts a disparu, la pression symbolique des normes élitistes a disparu, la musique symphonique, le rap, la philosophie et le macramé sont également reconnues comme des « pratiques culturelles », nous pouvons circuler partout en Europe sans rencontrer de frontières ni de douanier, les marchandises, les capitaux et les personnes sont libres d’aller et venir ; bref, chacun a le droit de faire ce qui lui plaît (ici). C’est ce que l’idéologie dominante nomme « règne des Droits de l’Homme » ou encore « société démocratique ».
Or, et nous touchons là le cœur de l’affaire, la majorité n’est pas forcément favorable à ce type de société. Car le libéralisme nous offre, en effet, des libertés dont la plupart des gens n’ont que faire, quand ils ne les réprouvent pas carrément pour des raisons religieuses, philosophiques ou morales. Bref, pour imposer la « démocratie » au sens libéral, il n’est pas exclu qu’il faille aller contre la démocratie au sens propre. Et de fait, le libéralisme est promu, porté et imposé par des groupes minoritaires, parfois à la limite de la secte, qui se présentent évidemment comme l’avant-garde éclairée de la « démocratie ». Ainsi s’est imposée la confusion sémantique entre « libéralisation » et « progrès démocratique. »

Cette manipulation symbolique a franchi ces derniers temps une étape supplémentaire : la majorité silencieuse se montrant de plus en plus hostile au libéralisme dans tous les domaines, la démocratie au sens propre est désormais considérée ouvertement par les élites libérales comme une mauvaise chose, c’est-à-dire, dans son langage tordu, comme anti-démocratique ; elle a donc été rebaptisée de manière systématiquement péjorative : pour évoquer les aspirations de la majorité à se gouverner elle-même, on parle systématiquement de « populisme », de « démagogie », de « crispation rouge-brune »[2].

Cette contradiction entre la démocratie réelle et ce que les élites nomment démocratie (à savoir leur idéologie propre) a déjà existé au XXème siècle, avec une idéologie très différente, puisqu’il s’agissait du socialisme bureaucratique soviétique. Dans ces régimes, on appelait « démocratie » le socialisme bureaucratique et, alors même que la majorité de la population y était devenue hostile, la propagande officielle continuait de considérer que tout opposant au socialisme était hostile à la « démocratie populaire ».
De notre côté, à l’Ouest, tant que la majorité de la population s’est montrée favorable aux réformes libérales, l’équivoque entre les deux sens du mot démocratie n’a pas posé de problème. Mais à présent que l’idée libérale sort de son lit pour s’appliquer à toutes les sphères de l’existence -et révulse par ses conséquences une part croissante de la population- les deux sens du mot démocratie vont devenir tout simplement antinomiques.
Nous allons vivre dans des dictatures du progrès démocratique.






[1] De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, discours prononcé à l’Athénée royal de Paris, 1819. A lire ici
[2] L’adjectif « rouge-brun » est à lui seul un petit chef-d’œuvre de la police idéologique : s’en trouvera affublée systématiquement toute personne qui critique le libéralisme sous ses deux aspects, à la fois économique (premier délit idéologique) et sociétal (second délit idéologique). Du premier délit se tire la qualification de « rouge » (communiste) ; du second délit se tire la qualification de « brun » (nazi). L’incrimination complète (« rouge-brun ») fait de vous ce qu’il y a de pire qu’un communiste et un nazi, à savoir un national-bolchevique (les curieux liront ici l'itinéraire du principal théoricien de ce courant de pensée, pour comprendre à quoi on essaie d'assimiler les contestataires du libéralisme).  Imaginez que vous soyez tout à la fois opposé à l’adoption homosexuelle et hostile au Traité de libre-échange avec les Etats-Unis : la probabilité qu’un disciple de BHL vous traite rapidement de « rouge-brun » approche 1. Le problème est que, à en croire les sondages, les Français, par exemple, sont majoritairement "rouge-brun" sur beaucoup de sujets. Par l'utilisation de ce terme infâmant, les doctrinaires libéraux prouvent ou bien leur malice ou bien leur manque d'imagination  : ils semblent en effet ne pas concevoir qu'on puisse s'opposer à leurs vues autrement qu'en souhaitant l'avènement d'un régime totalitaire : soit le totalitarisme communiste, soit le totalitarisme nazi; soit l'égalitarisme jusqu'à la paix des cimetières, soit l'inégalitarisme jusqu'au retour à l'animalité. En réalité, il y a une autre façon de s'opposer au libéralisme métaphysique, c'est de soutenir le bon sens traditionnel, dont la forme savante est l'aristotélisme thomiste, qui n'est autre que la doctrine philosophique de l'Eglise. Soit qu'ils n'en aient même plus le souvenir, soit qu'ils la haïssent d'une haine sacrée, les doctrinaire libéraux ne peuvent plus se rapporter aux positions fondamentales de cette dernière autrement que l'insulte à la bouche, en brandissant les épouvantails du fascisme et du bolchevisme, et si possible des deux en même temps. Ainsi aurez-vous remarqué que les Papes sont alternativement traités de nazi et de communiste par tous les puissants du Monde, qu'ils soient libéraux de droite ou libéraux de gauche. Les Papes, certes, sont spécialisés : Benoît XVI, très en pointe contre le libéralisme sociétal était régulièrement traité de nazi. François, très en pointe contre le règne du Capital, est quotidiennement traité de communiste.


 

mercredi 18 mai 2016

Allez comprendre


Les médias, vous vous en doutez bien, ne sont pas là pour refléter le réel. Ils sont là pour fabriquer l’opinion, pour l’orienter, pour la surveiller, pour la canaliser. Prenons un exemple. On nous parle beaucoup, ces temps-ci, de l’élection présidentielle américaine. C’est que, je le rappelle au passage, la France n’étant désormais plus qu’un protectorat des Etats-Unis, nous n’avons plus de vie politique propre ; les citoyens sujets français sont invités à vivre au rythme de la vie politique de la capitale de l’Empire. Quant à la nôtre, qui n’a au fond plus d’importance, elle tourne à l’émission de téléréalité. Tout le monde est candidat, n’importe qui sera élu. Mais quelle importance ? Les décisions sont prises ailleurs. Le fait qu’on nous entretienne soir et matin d’une élection à laquelle nous ne prendrons pas part n’est pas si absurde qu’on pourrait le penser ; c’est une illustration de notre situation politique réelle. Mais je digresse. A propos de l’élection américaine, le point essentiel, c’est l’hostilité de l’ensemble des médias à l’égard de Donald Trump. Car même si les Français ne participent pas à cette élection, l’oligarchie tient à ce que leur conscience reste pure : il ne suffit pas d’être un spectateur impuissant ; encore faut-il être un spectateur docile. En conséquence, le but essentiel de tout ce que vous voyez à la télévision est de vous faire penser du mal de Donald Trump. Et ça marche. Un récent sondage (IFOP mai 2016) montre ainsi que 80% des Français ont une mauvaise opinion du personnage. Mais réfléchissons un instant. Sur quoi se fonde cette mauvaise opinion ? Eh bien sur ce que nous montrent les médias. A savoir ? Trump faisant la grimace, Trump tenant des propos vulgaires, Trump faisant des blagues lourdes, Trump entouré d’une brochette de starlettes en maillot de bain, Trump faisant du catch, Trump avec son teint carotte et sa moumoute jaune, bref, Trump en caricature d’agent immobilier du Texas. On admettra sans difficulté que le personnage est assez vulgaire. Il n’est pas à la hauteur esthétique d’Obama, parfait mannequin tombé du catalogue. Mais pourquoi ne pas nous parler de son programme ? De ses idées ? La réponse est très simple, la voici en style télégraphique.

L’essentiel du programme de Trump tient en trois points. Il est :
1.    Contre l’immigration
2.    Contre les interventions des Etats-Unis au Moyen-Orient
3.    Favorable au protectionnisme, contre le traité transatlantique


Or, l’oligarchie en place est :
1.    Pour l’immigration, qu’elle impose aux peuples envahis
2.    Pour les interventions de l’OTAN au Moyen-Orient
3.    Pour le traité transatlantique, qu’elle négocie dans le dos des peuples


Et les Français ?
-      70% des Français pensent qu’il faut stopper l’immigration (voir ici)
-      77% des Français étaient hostiles à la guerre en Irak (voir ici)
-      72% des Français pensent que le libre-échange intégral est une mauvaise chose (voir ici)

Je résume : 80% des Français ont une mauvaise opinion de Donald Trump, parce qu’il a une moumoute jaune ; mais 75% des Français approuvent ses principales idées.
Voilà pourquoi les journaux nous parlent de la première, et pas des secondes.
Question subsidiaire : si Donald Trump croit vraiment ce qu’il dit (et n’est donc pas un Super-Sarkozy), s’il n’est pas mystérieusement assassiné et qu’il accède au pouvoir, que va-t-il se passer au sein des protectorats américains comme la France ? Sommes-nous à la veille d'un changement de régime ? Trump pourrait-il être à l'américanisation ce que De Gaulle fut à la colonisation ? A vrai dire, j'en doute. Les hypothèses "Sarkozysation" et "Assassinat" tiennent quand même la corde.


jeudi 12 mai 2016

Retour à l'Egypte ancienne

Mézig au bureau

Allez, un petit billet (je le fais surtout pour vous épargner la vue de l'horrible Baphomet avec sa sale tête de bouc).

La méthode globale d’apprentissage de la lecture, appliquée sous des formes diverses (en particulier sous la forme perverse de la « semi-globale ») dans les écoles depuis vingt-cinq ans, a donné et continue de donner les fruits que l’on sait : les enfants n’apprennent plus vraiment à lire. Chose amusante à constater : cette méthode –par ses principes de base- nous ramène au temps des écritures idéogrammatiques, de types hiéroglyphiques.

C’est plus difficile à apprendre parce que les bénéfices du système alphabétiques sont perdus. Du coup, conséquences prévisible, et d’ailleurs observée : les professionnels de l’écriture réapparaissent. C’est le grand retour des scribes. Les gens qui ont subi ces méthodes destructrices ne savent pas écrire une lettre (sans parler du reste). Ils ont donc besoin d’écrivains publics.

J’en suis un d’ailleurs, un scribe de luxe, pour illettrés de la « haute ». Ce que je sais faire, n’importe quel petit préposé aux écritures savait le faire il y a cinquante ans. Aujourd’hui, cela me vaut de travailler dans des cabinets ministériels. Mais à part cela, bien sûr, le niveau monte.

mardi 10 mai 2016


Qu’on puisse avoir des doutes sur l’existence de Dieu, je veux bien l’admettre. Surtout d’un Dieu bon et miséricordieux, je reconnais que ce n’est pas évident tous les jours. Mais sur l’existence du Diable, franchement, il faut avoir la vue bouchée. Certes, il ne ressemble pas à la jolie statue que vous pouvez voir ci-dessus, et qui existe vraiment. Elle représente Baphomet [1], l’idole du très officiel Temple satanique de Detroit ; son culte, plus folklorique qu’autre chose, sert essentiellement à donner une sorte de contenu métaphysique aux dégueulis du Hard Rock Heavy Metal. Mais je digresse. Le diable, à mon avis est beaucoup plus présent dans cette dame (ici) ou dans ce monsieur () que dans cette bête à cornes ! Mais soyons un peu plus précis.

Ce qui me porte à parler du Diable lorsque je vois parler certaines personnes, et pas seulement, disons, de leur méchanceté personnelle, c’est que le mal qu’ils font, et les propos qu’ils profèrent, me paraissent dépasser ce dont ils sont capables en tant qu’individu. Je veux dire : ils accomplissent des actes ou prononcent des phrases qui sont sans rapport avec leur intérêt immédiat, sans lien avec les passions communes de l’humanité. Cela va beaucoup plus loin. Prenons les deux exemples que je viens de vous montrer : dans le premier cas, la dame rit à gorge déployée de l’assassinat particulièrement sauvage d’une personne, dans l’autre, le monsieur explique froidement qu’une des réalités les plus sacrées pour l’humanité –même chez les mafieux- devrait relever du commerce pur et simple. Cela passe la mesure commune. On a l’impression qu’ils sont au service d’un programme qui les transcende en quelque sorte, et que la Bête, en eux, se réjouit d’accomplir.




[1] Deux étymologies pour ce nom, qui n’a rien de biblique : soit « Basileus Philosophorum metallicorum » (Roi des philosophes métallurgistes, c’est-à-dire roi des alchimistes), soit la prononciation occitane de Mahomet > Baphomet.


vendredi 6 mai 2016

Complotisme (suite)



Quelques réflexions supplémentaires sur le délit de complotisme. Il est parfaitement logique que le régime politique dans lequel nous vivons soit particulièrement mobilisé contre les délits intellectuels. Ce régime présente, en effet, deux caractéristique majeures : premièrement, il n’est pas démocratique ; deuxièmement, il ne cesse de dire qu’il l’est. Autrement dit, le mensonge lui est consubstantiel. Comme nous sommes censés vivre dans la transparence démocratique, il va de soi que toute remise en cause des gouvernements légaux par le peuple ne peut être traitée par eux que comme une maladie, une pathologie mentale, une forme de folie furieuse.  « Arrêtez vos délires complotistes, nous sommes en démocratie ! »
Par ailleurs, il est évident qu’une proportion non négligeable de la population a conscience de ce que le régime n’est pas démocratique : il est assez flagrant désormais que les décisions structurantes pour la vie des nations sont prises non seulement sans mais contre leur avis ; les abandons de souveraineté, les traités commerciaux, les accords sur les mouvements de populations, les déclarations de guerre -tout cela est négocié et conclu sans l’aval des populations. Il est donc naturel que les gens dont le cerveau fonctionne soient à la recherche d’explication sur les motivations du pouvoir, et même sur son identité exacte. Car il est impossible de croire ce que disent les politiciens, qui oscillent entre deux discours, selon leur position dans le système : premier discours, « nous agissons de manière démocratique, puisque nous avons été élus » (position-type de l’élite locale, par exemple le ministre français lambda). Deuxième discours, quand l’autre paraît trop intenable, « nous agissons pour le bien du peuple, même s’il ne le comprend pas. » (position-type de l’élite européenne non-élue, par exemple le président de la Commission européenne).
N’importe quel observateur attentif se rend bien compte que tout cela est faux : ni le principe démocratique de représentation  –sans cesse bafoué- ni le bien du peuple – dont on a peine à croire qu’il puisse s’écarter à ce point de ce que le peuple juge bon pour lui- ne guide les politiciens. L’enquête rationnelle sur le pouvoir contemporain tient donc tout entière dans cette question : qui dirige et dans quel but ? La réponse est nécessairement de la forme suivante : « Vous croyez que c’est X (le peuple) qui dirige, mais en fait c’est Y ; on vous dit que c’est dans le but de faire A, mais en fait c’est dans le but de faire B. » Je m'empresse de dire que le Y, n'est pas forcément une personne, ni même un groupe organisé, mais peut fort bien être une structure impersonnelle, résultante de diverses influences non coordonnées. De même le but peut fort bien n'avoir été que partiellement délibéré. Tout dépend des sujets. Voilà en tout cas pourquoi le "complotisme" se confond avec l’enquête rationnelle sur les ressorts de la politique post-démocratique contemporaine. Toute personne qui réfléchit à la politique contemporaine est structurellement "complotiste", puisqu'elle cherche à éclaircir les motivations, et les causes animatrices, d'un pouvoir menteur, et parfois totalement impuissant.

De là à dire qu'elle se confond avec les gens qui croient que la Terre est plate, que le World Trade Center a été attaqué par des hologrammes et que la CIA nous a caché la venue des petits hommes verts, il y a un abîme.

Que nos maîtres ont tout intérêt à franchir.



Complotiste !




Vous avez remarqué ?

L’oligarchie occidentale a créé toutes sortes de noms d’oiseaux pour discréditer la dissidence. Si vous n’êtes pas d’accord avec les orientations fondamentales des politiques publiques, vous êtes un « populiste », un « rouge-brun », un « néo-réactionnaire », un « propagateurs d’idées nauséabondes ». Avec leurs gros sabots, toutes ces appellations veulent dire : « suivez mon regard ».

Vers quoi ? Vers le nazisme pardi ! C’est la bonne vieille technique du Komintern visant à traiter de fasciste n’importe quel adversaire (on se souvient des fameux « trotsko-fascistes »). Nous en sommes au point où le simple fait de recommander l’organisation de référendums, c’est-à-dire de consultations populaires pour prendre les grandes décisions, est ouvertement considéré par la Groβ Presse comme un « marqueur populiste ».

Bref, la démocratie, qui a été extirpée d’Europe par l’Union européenne, est en passe d’être explicitement assimilée au nazisme. Après tout, pourquoi se gêner ? Je n’exagère pas d’un iota (voyez par exemple ceci). Mais j’en viens à l’incrimination la plus récente et la plus intéressante : le complotisme. Ici, nous touchons au grandiose.

Si vous émettez un doute sur la version officielle d’un événement important, si vous soupçonnez une collusion d’intérêts particuliers derrière une décision prise au nom de l’intérêt général, si vous pointez la responsabilité d’officines minoritaires dans l’engagement de certaines politiques publiques, bref, si vous proposez des explications alternatives aux justifications avancées par le pouvoir en place, vous tomberez rapidement, et même instantanément, sous le coup du délit de « complotisme ». Et qu’est-ce que le complotisme ? Là aussi, suivez le regard du procureur.

Complotisme = Croyance en la conspiration universelle
= Croyance en l'authenticité du Protocole des sages de Sion
= Antisémitisme
= Nazisme


Vous y êtes. On peut dire désormais que si vous réfléchissez, vous êtes déjà suspect. Et pas suspect de n’importe quoi. Non, suspect du plus grave crime possible au sein du système de valeurs du régime global. Le dispositif est admirablement ficelé.

Tout remonte au « 11 septembre », qui fut la matrice de ce nouveau chef d’incrimination. Souvenez-vous : dès que les premiers doutes sur la version officielle de l’attentat du 11 septembre 2001 se sont fait entendre, la machine médiatique tout entière les a qualifiés de « négationnisme », les considérant en effet comme un avatar de la négation de l’existence ...des chambres à gaz. Mais quel rapport ? Sur le fond, sans doute aucun. Mais c’est une opinion infâmante et punie de prison ferme dans notre pays. Il est donc efficace, quand on veut faire taire quelqu’un, de lui expliquer que ses opinions sont « une forme » de négationnisme (voir par exemple ici, sous la plume de l'un des meilleurs chiens de garde de la presse française).

Le tarif a donc été fixé il y a quinze ans : toute personne remettant en doute la sincérité de l’administration américaine dans l’affaire du 11 septembre est néo-nazie. Les membres de l’oligarchie (politiciens, journalistes, acteurs, grands patrons) sont tous éminemment conscients de cette règle. Le peuple lui-même l’a intégrée : faites le test dans un dîner, vous verrez la maîtresse de maison se décomposer sur place. La ficelle est énorme, mais elle fonctionne. La plupart des gens sont non seulement terrorisés à l’idée d’émettre un doute quelque peu construit à l’égard d’une thèse officielle, mais un grand nombre s’est même désormais convaincu qu’il y a bel et bien quelque chose d’intellectuellement vulgaire, de vaguement psychopathologique, voire de franchement peccamineux, à croire que les élites dominantes puissent de temps à autres pratiquer le mensonge à grande échelle.

Vous pouvez donc jeter à la poubelle la République de Platon, la Politique d’Aristote, Le Prince de Machiavel, L’Idéologie allemande de Marx ! Tout cela ne vaut plus rien, puisque nous vivons désormais dans la démocratie transparente universelle. Plus besoin de se casser la tête, les puissants sont des bouches de vérité ; l’idéologie dominante et les discours officiels sont à tout moment et en toute circonstance le reflet sans tache de la réalité. Et si vous pensez le contraire, vous êtes un disciple d’Adolf Hitler.

Phénomène impressionnant, l’accusation de complotisme, mise en place peu après le 11 septembre, s’est ensuite répandue de manière systématique, s’appliquant à toute remise en doute des motifs officiellement avancées par l’OTAN pour justifier son action. Si, grosso modo, vous estimez que le régime irakien n’avait rien à voir avec l’attentat du 11 septembre, que la défense de la veuve et de l’orphelin (« la défense des Droits de l’Homme » dans la langue officielle) n’est sans doute pas la motivation essentielle de la destruction du régime Libyen, que le coup d’Etat en Ukraine a été organisé par la CIA pour affaiblir la Russie, que les Etats-Unis n’ont jamais combattu Daech, etc. vous tombez également sous le coup de « complotisme ». En d’autres termes, si vous pratiquez ce que l’on appelait autrefois la réflexion géopolitique réaliste, qui consiste à lire l’histoire du monde en faisant la part des discours justificateurs et des motifs réels, vous êtes un complotiste. Si vous croyez que les services secrets existent et qu’ils travaillent, si vous pensez qu’ils n’envoient pas un bristol aux gouvernements avant leurs opérations, bref, si vous n’avez pas définitivement débranché votre cerveau pour le faire vivre à Disneyland, vous êtes un complotiste.

Ecrivant tout cela, je ne veux évidemment pas dire que les dirigeants mentent toujours, que tout s’explique dans l’histoire du monde par des complots, ni, encore moins, qu’il existe un complot unique visant à dominer le monde intégralement.  Je veux dire qu’il a toujours existé des complots, des mensonges politiques, des opérations sous faux drapeaux, du billard diplomatique à trois bandes et que notre époque ne fait pas exception.[1] Il y a tout simplement deux erreurs : voir des complots partout et n’en voir nulle part.

Au demeurant, il ne faut pas prendre au sérieux le reproche que font les médias au complotisme quand ils le présentent comme une forme de pensée paranoïaque, qui relèverait de la psychiatrie. Car ce qui est reproché aux complotistes au sein de l’Empire américain n’est pas la forme de leur pensée, mais bien son contenu, à savoir l’hostilité à la politique impériale et la dénonciation de ses motifs véritables. L’accusation de complotisme est donc purement instrumentale, c’est de la simple intimidation. Observez en effet ceci : les dirigeants de l’OTAN eux-mêmes ne cessent de dénoncer des complots : N’y a-t-il pas un complot Sino-russo-irano-syrien contre la liberté du monde ? N’y a-t-il pas un « axe du Mal », redoutablement organisé, qui passe par Téhéran et Pyong-Yang ? N’y a-t-il pas un plan secret de Vladimir Poutine pour reconquérir les anciennes républiques soviétiques ?

Les choses sont donc assez claires. L’accusation de complotisme n’est rien d’autre qu’une forme de « Point Godwin » (voir ici pour ceux qui ne savent pas ce que c’est). Si l’on vous accuse de « complotisme », inutile d’argumenter. C’est tout simplement que vos opinions font de vous un dissident, un ennemi du système. Cela ne prouve pas qu’elles soient vraies. Seulement qu’il est hors de question d’en discuter. Passez donc votre chemin.


[1] Pour le passé, voici une petite liste de complots reconnus par l’administration américaine après déclassification des archives : coup d’Etat en Iran en 1953, organisé par la CIA (Opération Ajax) ; infiltration de la CIA dans les médias dans les années 60 (Opération Mockingbird) ; projet d’une attaque simulée de soldats américains par de faux soldats cubains (Opération Northwood 1962, annulée par J.F. Kennedy) ; fausse attaque nord-vietnamienne dans le golfe du Tonkin contre des navires US (août 1964), qui fut le prétexte à l’entrée en guerre ; fausses allégations en 2002 sur la présence d’armes de destruction massive en Irak (le dossier n’est pas déclassifié mais Colin Powell lui-même a reconnu l’énormité du mensonge).