jeudi 24 novembre 2016

Point de situation


Me revoici. J’ai dessaoulé. Il faut dire, en ce moment, nous sommes à la fête. Langues de belle-mère et cotillons ! La tronche déconfite de l’Ennemi fait plaisir à voir. Cela étant, rien n’est fait. S’agissant de Trump, il faut attendre. A côté de l’hypothèse optimiste, les deux hypothèses pessimistes sont toujours en lice : sarkozysation ou neutralisation. Nous verrons. Quant à la France, qu’en dire ? Eh bien, chez nous aussi, la classe médiatique est couverte de pipi. Son jouet est cassé. Elle trépigne. Plus rien ne se passe comme elle veut. Les journaux sont tout juste bons à dépiauter du poisson. Evidemment, la puissance de percussion n’est pas la même qu’aux Etats-Unis. Notre show-man, ce n’est pas Trump et ses trumpettes, c’est Fillon et ses flon-flons. Mais ne boudons pas notre plaisir : la déconvenue des deux hyper-nocifs Sarkozy et Juppé est absolument jouissive, ne serait-ce que par simple esprit de justice. Le premier devrait être derrière les barreaux depuis longtemps, pour ne pas dire plus ; quant au second, il est tellement plus intelligent que nous qu’on devrait l’empailler et le mettre au Muséum. J’espère qu’il mordra la poussière dimanche. Mais allez savoir.

Venons-en au fond. D’abord une remarque sur les thématiques des candidats aux primaires. Je me suis rendu compte l’autre jour que les candidats mettaient au cœur de leur message l’élément qui leur manque le plus. Ils se prévalent de ce qui leur fait défaut par excellence. Sarkozy, l’inculte mondialisé, invoque en permanence « l’identité française ». Fillon, connu pour sa timidité dans l’action et ses sciatiques à la moindre contrariété, parle tout le temps du « courage et de l’audace ». Lemaire et NKM, qui débitent de vieilles rengaines giscardiennes des années 70, revendiquent leur « nouveauté ». Juppé, l’homme qui a avalé son parapluie, nous entretient de la « joie et du bonheur ». De toute évidence, il n’a pas d’échantillon sur lui. Et Copé, Monsieur 0,13% ? De la « levée en masse » des Français ! Vous avouerez qu’ils sont impayables.

Il convient ensuite de relever la place centrale qu’est en train de prendre l’avortement dans ce qu’il est convenu d’appeler le débat politique. Assurément, aucun des candidats ne se prononce contre le droit à l’avortement, mais le simple soupçon de réserve à l’égard de ce droit, de manque d’enthousiasme à l’égard de cette liberté, ne serait-ce qu’à titre privé, suffit à vous mettre en difficulté aux yeux de l’Oligarchie. Le manque de passion pour le massacre des innocents est  devenu l’incrimination suprême. L’arme absolue. Je n’en finis pas de considérer cette situation extraordinaire. D’un point de vue métaphysique et moral, c’est proprement apocalyptique. Le Mal se dévoile sans réserve. Le mensonge et l’homicide, qui se tiennent la main dans cette affaire, exigent l’approbation universelle. Quand Robert Badinter et Simone Veil passeront l’arme à gauche, il y a fort à parier qu’ils entreront au Panthéon le même jour, l’un pour avoir sauvé les coupables, l’autre pour avoir permis la mort des innocents. Réalisation des prophéties ! Mais, ces temps-ci, je crois que l’Adversaire commence à sentir la possibilité d’un rejet violent, d’une résistance farouche. Il se raidit. Il sent venir le combat final.