jeudi 27 avril 2017

Ridendum est !





Connaissez-vous Mgr André Léonard, évêque de Namur ? Excellent philosophe, grand professeur, auteur d'un intimidant Commentaire littéral de la Logique de Hegel, il est aussi doué d'une force comique peu commune. Voici, pour les latinistes amateurs, un cours de latin à mourir de rire. Cliquez ici.










Les catholiques peuvent-ils voter pour Marine ?






J'avais déjà tout dit ici. Alors, je vais faire court.

Non seulement les catholiques peuvent voter Marine, mais ils le doivent. En toute rigueur, l’épiscopat devrait battre la campagne pour appeler tous les ouailles à voter pour elle. Pour bien le faire comprendre, il faut prendre les choses sérieusement, en se gardant de faire de grandes phrases creuses. En matière politique et sociale, l’Eglise catholique s’attache à trois grands principes, dit « principes non négociables »[1] : 1) le respect de la vie innocente, de la conception à la mort, 2) le mariage traditionnel, 3) la liberté scolaire. Sur ces trois points, la comparaison entre Marine le Pen et Macron est sans appel : Macron piétine les trois principes non négociables pour tout catholique. Il est ultra-abortionniste, favorable à l’euthanasie, favorable au mariage homosexuel, favorable à la GPA (marchandisation de l’enfant et esclavage moderne) et il sort d’un gouvernement qui a tenté de supprimer les écoles indépendantes. Marine Le Pen, sans être hostile au droit à l’avortement, a toujours été critique face à sa banalisation ; elle est hostile à l’euthanasie, elle entend abroger le mariage homosexuel, elle est hostile à la GPA et s’est prononcée plusieurs fois en faveur de la liberté scolaire. Sur les points non négociables, la discussion est donc close. Mais alors, que reprochent à Marine Le Pen tous ces chrétiens qui s’apprêtent à s’abstenir, voire à voter Macron ? Des choses malheureusement très vagues, qui tiennent en quelques phrases inlassablement répétées : « La haine de l’autre », le « refus de de l’étranger », « l’exclusion des faibles ». Face à des accusations aussi graves, aussi infâmantes, mais également aussi vagues, on est en droit d'exiger quelques précisions. Car en matière d’exclusion du faible, l’avortement et l’exploitation des mères porteuses ont tout de même quelques titres à faire valoir ! De quoi s’agit-il, exactement ? Le programme de Marine Le Pen prévoit-il de bafouer les droits fondamentaux de certaines personnes ? D'organiser des persécutions ? Des pogroms ? A-t-elle un projet d’épuration ethnique ?  D’extermination ? Rien de tout cela, évidemment. Elle souhaite réduire très massivement les flux migratoires (le programme du RPR en 1990). C’est-à-dire, concrètement, faire savoir aux pays d’émigration massive que nous ne recevrons plus leurs ressortissants dans les années à venir, compte tenu de la situation intérieure française, caractérisée tout à la fois par le chômage de masse, une pauvreté endémique, la partition de nombreuses zones du territoire, la thrombose de tous les systèmes sociaux, la montée d’un islam conquérant. Où est le crime ? Où est la haine ? Quelles sont les lois morales, les lois divines bafouées par une telle politique ? Le bon sens, la philosophie politique classique, le sens des responsabilités et la doctrine sociale de l’Eglise elle-même commandent au contraire aux hommes d’Etat de protéger en priorité leur peuple et de garantir le bien commun de la communauté dont ils ont la charge. Le droit des nations à décider de leur politique migratoire est en particulier reconnu par le Magistère.[2] Dira-t-on à un père de famille qui saute à  l’eau pour sauver ses enfants avant ceux du voisin qu’il manque de charité ? Non. Il y a un ordre dans la charité.[3] De même, ira-t-on dire à une mère de famille qui vit dans un deux pièces et qui peine à nourrir ses trois enfants, qu’elle fait preuve de « haine de l’autre » et de « refus de l’étranger » en n’invitant pas 50 personnes à un goûter d’anniversaire ? Il en va de même au niveau des corps politiques. Se conduire de manière irresponsable, au risque de déclencher une guerre civile, ce n’est pas de la charité. C’est de la bêtise. De la bêtise criminelle. Qu’elle s’enrubanne des justifications flatteuses de la charité universelle ne change rien à l’affaire. Ce qui compte, ce ne sont pas les mots, ce sont les réalités. Favoriser, voire organiser, le remplacement d'une population par une autre; laisser les intérêts économiques déchaînés procéder au déménagement du monde et au transvasement des populations, tout cela n'a rien à voir avec la charité dont parle l'Evangile. Refuser tout cela n'a rien de haineux. Ne confondons pas le devoir chrétien d'asile et d'hospitalité pour les persécutés, qui porte nécessairement sur de petits nombres, et la destruction des nations sous le chaos migratoire. En conséquence de ces quelques évidences, qui sont enracinées profond dans la doctrine catholique, il me paraît absolument recommandé de voter Marine Le Pen. Et si l’on est catholique, cela me paraît même obligatoire.


 



[1] Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, Novembre 2002, pp. 9-10 (Cf. Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, §570)

 

[2] Benoît XVI, Message pour la journée mondiale des migrants et des réfugiés, 2011

[3] Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique IIa-IIae, q. 26 a. 7-8

 


mercredi 26 avril 2017

Bilan du premier tour


C’est simple. Le Parti Unique du Bien a réussi son entrée. L’UMPS fait sa mue pour s’incarner en Macron, laissant derrière lui, comme deux peaux de serpents, Hamon et Fillon. L’alternance est morte, le but du système est désormais de se maintenir par la réunion de toutes les forces mondialistes, contre l’unique adversaire, le Front National. Sur le fond, rien ne change : UMP et PS étaient aussi mondialistes l’un que l’autre. Simplement, ils ne servent plus à rien. Il n’est plus utile qu’un candidat fasse semblant d’être conservateur pour tromper « le peuple de droite » et qu’un autre fasse semblant d’être anticapitaliste pour tromper « le peuple de gauche ». Cette manipulation ne marchait plus assez bien. Trop de gens étaient détrompés. Il convient désormais qu’un seul candidat s’affiche ouvertement mondialiste (libéral-libertaire immigrationniste) pour s’attirer les voix de trois groupes qui composent encore la majorité de l’électorat : 1) ceux qui profitent de la mondialisation 2) ceux qui croient encore en profiter 3) ceux qui continuent d’être intimidés par les accusations de nazisme lancés à la face du FN. Corollaire de cette reconfiguration fonctionnelle du Système : une grande foire d’empoigne commence entre les hiérarques PS et UMP pour le partage des places au sein du nouveau parti unique. Une guerre des rats, en somme. Car, bien sûr, cette nouvelle organisation offre moins de fromages que la précédente (l’alternance était magnifique pour cela: c’était chacun son tour). Dans cette bataille d’égout, l’un des specimens les plus rapides a été l’affreux Estrosi. Se sachant complètement carbonisé localement, il n’a pas seulement appelé à voter Macron (ça, c’est le minimum pour un chef UMP, indigne par fonction), mais immédiatement, et à plat ventre, fait des offres de services. Ensuite, il faut tenter d’expliquer le mauvais score de Marine Le Pen. Dans les conditions que connaît le pays, cela paraît étonnant, presque incroyable. Deux explications complémentaires : 1) les gens s’habituent aux mauvaises nouvelles et ne souffrent pas encore assez à titre personnel –grosso modo, ils sont égoïstes et très peu patriotes ; 2) le programme de Marine Le Pen en matière économique, a dissuadé une part importante de l’électorat populaire (j’ai pas mal d’exemples en tête), et pas seulement les bourgeois comme elle le croyait. Bref, Marine Le Pen n’a pas écouté ceux qui lui disaient de mettre en veilleuse ses idées économiques -et elle en a subi les conséquences. A supposer que ses idées économiques soient les bonnes, elle a de toute façon eu tort de vouloir les faire avaler d’un seul coup à un peuple rétif, nourri au Blédina européiste depuis trente ans. Il faut prendre les gens comme ils sont, et hiérarchiser les objectifs. Une leçon pour l’avenir.


S’il y a un avenir, naturellement.




mardi 18 avril 2017

Association d'idées



Pour illustrer le billet précédent, compte tenu du titre, j’avais choisi une image médiévale représentant la Grande Prostituée de l’Apocalypse, chevauchant la Bête. Je vous rappelle le texte : « Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, couverte de noms blasphématoires, et qui avait sept têtes et dix cornes. La femme, vêtue de pourpre et d'écarlate, étincelait d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or pleine d'abominations : les souillures de sa prostitution. Sur son front un nom était écrit, mystérieux : "Babylone la grande, mère des prostituées et des abominations de la terre." Et je vis la femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. » (Ap. XVII, 3-6)

Bon, jusqu’ici tout va bien. Enfin, si je puis dire. Mais voici la suite. Savez-vous, chers lecteurs, que l’un des candidats à l’élection présidentielle, notre élection présidentielle, a récemment été présenté par un de ses plus fervents partisans comme ayant toutes les qualités d’une prostituée ? Je ne pense pas prendre trop de risques en faisant l’hypothèse que c’est sans doute la première fois dans toute l’histoire de la politique occidentale que le fait d'avoir été une prostituée est considéré publiquement, jugé explicitement, vanté ouvertement par l’oligarchie comme une qualité intéressante, que dis-je, comme un titre de recommandation pour accéder à la magistrature suprême. Quand je vous dis que nous vivons une époque apocalyptique. Voyez cela ici.





jeudi 13 avril 2017

Apocalypse


Le Parti Unique du Bien

En grec, « apocalypse » veut dire « révélation ». Dévoilement de la vérité. Nous y sommes. Du moins les choses avancent bien. Commençons par la politique française. Le fait que la  « droite » et la « gauche » ne soient que des écuries électorales sans différence substantielle –autrement dit que l’alternance doive être comprise, depuis 30 ans, comme l’action alternée des deux pistons d’un même moteur, ce fait fondamental est désormais totalement dévoilé. Il prend, pour l’occasion, le visage d’un hologramme, le visage radieux d’une créature de science-fiction : Macron. La profonde identité de la gauche et de la droite parlementaires -la réalité de « l’UMPS », en termes frontistes- est désormais totalement avouée. Ceux-là mêmes qui, au sein du Système, ont peut-être été, à une époque, les dupes de l’illusion ne le sont plus. C’est une des preuves de l’Apocalypse : les idiots utiles eux-mêmes sont dessillés et se tombent dans les bras, pour se tourner, ensemble, contre leur véritable antagoniste. Ainsi avons-nous la délectation intellectuelle de voir Robert Hue rejoindre Alain Madelin dans la grande farandole du Parti Macronique. Libéraux-libertaires de tous les pays unissez-vous ! Immigrationnistes, mondialistes, libre-échangistes, antinationaux, mettez-vous en marche, et plongez dans le Vortex Macronis. L’illusion ayant grandement perdu de son efficacité, le Système envisage, en effet, de passer explicitement à un régime de Parti Unique du Bien, aboutissant à la liquiditation du PS et de l’UMP, instruments périmés du régime d’Alternance unique. Il ne sert plus à rien d’essayer de faire croire aux téléspectateurs qu’ils doivent choisir entre bonnet blanc et blanc bonnet, mieux vaut leur dire tout de suite qu’il n’y qu’un seul bonnet, et qu’il est blanc. On gagne du temps. Mais pourquoi cette nécessité d’en finir avec l’alternance ? Eh bien, pour une raison simple : la colère gronde, et face aux diverses forces alliées du Mondialisme obligatoire, se dresse, de plus en plus inquiétant, le Parti unique du Mal : le Front National. Maintenant qu'il représente un tiers des téléspectateurs, il n'est plus possible de continuer la petite duperie de l'alternance droite/gauche. Quand une majorité de téléspectateurs ne croira plus la télévision mais ce qu’elle voit de ses propres yeux, le Front National parviendra au pouvoir. A une condition : que les élections existent encore. Raison de plus pour ne pas aller taquiner le goujon dans les semaines qui viennent.
Passons maintenant aux Etats-Unis. Depuis la semaine dernière, il semble bien qu’entre les trois hypothèses que j’envisageais ici et , ce soit la deuxième qui tienne vraiment la corde. Donald Trump donne des signes assez nets de sarkozysation : en matière diplomatique, on assiste à une volte-face complète. Elu sur une ligne russophile, anti-interventionniste, hostile à la politique otanienne des néoconservateurs, Trump vient de prendre des positions anti-russes, interventionnistes en Syrie et d’affirmer que l’OTAN protégeait la paix du monde. (Je rappelle, pour les distraits, que Sarkozy avait été élu sur une ligne gaullo-souverainiste eurosceptique et qu’il a mené la politique la plus atlantiste qu’on ait jamais vue et piétiné la souveraineté du peuple français en faisant avaliser un traité rejeté par référendum). Le récent bombardement décidé par Trump, pour châtier Bachar-El-Assad d’une prétendue attaque au gaz (qui a toutes les chances d’être une provocation d’Al-Qaïda) présente toutes les caractéristiques d’une opération néoconservatrice classique : opération sous faux drapeau > larmoiement humanitaire > hitlérisation de la cible > intervention militaire. Pourquoi ce revirement ? On se perd en conjectures. De deux choses l’une : ou bien Trump était sincère pendant la campagne, ou bien il ne l’était pas. S’il ne l’était pas, c’est encore de deux choses l’une : ou bien c’est un type qui ne pense rien et qui improvise en permanence ; dans ce cas, ne peut donc que très difficilement interpréter son comportement ; c’est la simple résultante des forces en présence et de sa propre fantaisie ; ou bien, il pensait le contraire de ce qu’il disait ; dans ce cas, c’est un pur syndrome de sarkozysme (il jouait un rôle, et faisait consciemment de fausses promesses). Maintenant, si Trump était sincère pendant la campagne, c’est là aussi de deux choses l’une : ou bien il ne fait plus du tout ce qu’il veut, il a été repris en mains par le Système, qui le « tient » d’une manière ou d’une autre ; ou bien il fait encore ce qu’il veut, mais sous forte contrainte, et le récent virage n’est qu’une ruse pour amadouer la virulente opposition qu’il rencontre à l’intérieur des Etats-Unis, et au sein même de l’appareil d’Etat. Quelques éléments vont dans le sens de cette hypothèse optimiste (le bombardement en Syrie est sans conséquence et ne semble pas annoncer de suite, par exemple), mais je ne mettrai pas ma main à couper là-dessus. Comme je le disais en commençant, la sarkozysation tient donc la corde... Suite de l’Apocalypse au prochain épisode.