jeudi 13 avril 2017

Apocalypse


Le Parti Unique du Bien

En grec, « apocalypse » veut dire « révélation ». Dévoilement de la vérité. Nous y sommes. Du moins les choses avancent bien. Commençons par la politique française. Le fait que la  « droite » et la « gauche » ne soient que des écuries électorales sans différence substantielle –autrement dit que l’alternance doive être comprise, depuis 30 ans, comme l’action alternée des deux pistons d’un même moteur, ce fait fondamental est désormais totalement dévoilé. Il prend, pour l’occasion, le visage d’un hologramme, le visage radieux d’une créature de science-fiction : Macron. La profonde identité de la gauche et de la droite parlementaires -la réalité de « l’UMPS », en termes frontistes- est désormais totalement avouée. Ceux-là mêmes qui, au sein du Système, ont peut-être été, à une époque, les dupes de l’illusion ne le sont plus. C’est une des preuves de l’Apocalypse : les idiots utiles eux-mêmes sont dessillés et se tombent dans les bras, pour se tourner, ensemble, contre leur véritable antagoniste. Ainsi avons-nous la délectation intellectuelle de voir Robert Hue rejoindre Alain Madelin dans la grande farandole du Parti Macronique. Libéraux-libertaires de tous les pays unissez-vous ! Immigrationnistes, mondialistes, libre-échangistes, antinationaux, mettez-vous en marche, et plongez dans le Vortex Macronis. L’illusion ayant grandement perdu de son efficacité, le Système envisage, en effet, de passer explicitement à un régime de Parti Unique du Bien, aboutissant à la liquiditation du PS et de l’UMP, instruments périmés du régime d’Alternance unique. Il ne sert plus à rien d’essayer de faire croire aux téléspectateurs qu’ils doivent choisir entre bonnet blanc et blanc bonnet, mieux vaut leur dire tout de suite qu’il n’y qu’un seul bonnet, et qu’il est blanc. On gagne du temps. Mais pourquoi cette nécessité d’en finir avec l’alternance ? Eh bien, pour une raison simple : la colère gronde, et face aux diverses forces alliées du Mondialisme obligatoire, se dresse, de plus en plus inquiétant, le Parti unique du Mal : le Front National. Maintenant qu'il représente un tiers des téléspectateurs, il n'est plus possible de continuer la petite duperie de l'alternance droite/gauche. Quand une majorité de téléspectateurs ne croira plus la télévision mais ce qu’elle voit de ses propres yeux, le Front National parviendra au pouvoir. A une condition : que les élections existent encore. Raison de plus pour ne pas aller taquiner le goujon dans les semaines qui viennent.
Passons maintenant aux Etats-Unis. Depuis la semaine dernière, il semble bien qu’entre les trois hypothèses que j’envisageais ici et , ce soit la deuxième qui tienne vraiment la corde. Donald Trump donne des signes assez nets de sarkozysation : en matière diplomatique, on assiste à une volte-face complète. Elu sur une ligne russophile, anti-interventionniste, hostile à la politique otanienne des néoconservateurs, Trump vient de prendre des positions anti-russes, interventionnistes en Syrie et d’affirmer que l’OTAN protégeait la paix du monde. (Je rappelle, pour les distraits, que Sarkozy avait été élu sur une ligne gaullo-souverainiste eurosceptique et qu’il a mené la politique la plus atlantiste qu’on ait jamais vue et piétiné la souveraineté du peuple français en faisant avaliser un traité rejeté par référendum). Le récent bombardement décidé par Trump, pour châtier Bachar-El-Assad d’une prétendue attaque au gaz (qui a toutes les chances d’être une provocation d’Al-Qaïda) présente toutes les caractéristiques d’une opération néoconservatrice classique : opération sous faux drapeau > larmoiement humanitaire > hitlérisation de la cible > intervention militaire. Pourquoi ce revirement ? On se perd en conjectures. De deux choses l’une : ou bien Trump était sincère pendant la campagne, ou bien il ne l’était pas. S’il ne l’était pas, c’est encore de deux choses l’une : ou bien c’est un type qui ne pense rien et qui improvise en permanence ; dans ce cas, ne peut donc que très difficilement interpréter son comportement ; c’est la simple résultante des forces en présence et de sa propre fantaisie ; ou bien, il pensait le contraire de ce qu’il disait ; dans ce cas, c’est un pur syndrome de sarkozysme (il jouait un rôle, et faisait consciemment de fausses promesses). Maintenant, si Trump était sincère pendant la campagne, c’est là aussi de deux choses l’une : ou bien il ne fait plus du tout ce qu’il veut, il a été repris en mains par le Système, qui le « tient » d’une manière ou d’une autre ; ou bien il fait encore ce qu’il veut, mais sous forte contrainte, et le récent virage n’est qu’une ruse pour amadouer la virulente opposition qu’il rencontre à l’intérieur des Etats-Unis, et au sein même de l’appareil d’Etat. Quelques éléments vont dans le sens de cette hypothèse optimiste (le bombardement en Syrie est sans conséquence et ne semble pas annoncer de suite, par exemple), mais je ne mettrai pas ma main à couper là-dessus. Comme je le disais en commençant, la sarkozysation tient donc la corde... Suite de l’Apocalypse au prochain épisode.











3 commentaires:

  1. Merci Feederic.
    Texte un peu long mais dit beaucoup de choses...maintenant quel est ce "Système" ? Comment fonctionne t il ? Combien de temps va t il durer ?

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  2. Un peu long? Vous faites partie de la secte de Fleur Pellerin ?

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  3. Non mais on aurait ou imaginer un article sur la France et. Un autre sur les États Unis .

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