mercredi 26 avril 2017

Bilan du premier tour


C’est simple. Le Parti Unique du Bien a réussi son entrée. L’UMPS fait sa mue pour s’incarner en Macron, laissant derrière lui, comme deux peaux de serpents, Hamon et Fillon. L’alternance est morte, le but du système est désormais de se maintenir par la réunion de toutes les forces mondialistes, contre l’unique adversaire, le Front National. Sur le fond, rien ne change : UMP et PS étaient aussi mondialistes l’un que l’autre. Simplement, ils ne servent plus à rien. Il n’est plus utile qu’un candidat fasse semblant d’être conservateur pour tromper « le peuple de droite » et qu’un autre fasse semblant d’être anticapitaliste pour tromper « le peuple de gauche ». Cette manipulation ne marchait plus assez bien. Trop de gens étaient détrompés. Il convient désormais qu’un seul candidat s’affiche ouvertement mondialiste (libéral-libertaire immigrationniste) pour s’attirer les voix de trois groupes qui composent encore la majorité de l’électorat : 1) ceux qui profitent de la mondialisation 2) ceux qui croient encore en profiter 3) ceux qui continuent d’être intimidés par les accusations de nazisme lancés à la face du FN. Corollaire de cette reconfiguration fonctionnelle du Système : une grande foire d’empoigne commence entre les hiérarques PS et UMP pour le partage des places au sein du nouveau parti unique. Une guerre des rats, en somme. Car, bien sûr, cette nouvelle organisation offre moins de fromages que la précédente (l’alternance était magnifique pour cela: c’était chacun son tour). Dans cette bataille d’égout, l’un des specimens les plus rapides a été l’affreux Estrosi. Se sachant complètement carbonisé localement, il n’a pas seulement appelé à voter Macron (ça, c’est le minimum pour un chef UMP, indigne par fonction), mais immédiatement, et à plat ventre, fait des offres de services. Ensuite, il faut tenter d’expliquer le mauvais score de Marine Le Pen. Dans les conditions que connaît le pays, cela paraît étonnant, presque incroyable. Deux explications complémentaires : 1) les gens s’habituent aux mauvaises nouvelles et ne souffrent pas encore assez à titre personnel –grosso modo, ils sont égoïstes et très peu patriotes ; 2) le programme de Marine Le Pen en matière économique, a dissuadé une part importante de l’électorat populaire (j’ai pas mal d’exemples en tête), et pas seulement les bourgeois comme elle le croyait. Bref, Marine Le Pen n’a pas écouté ceux qui lui disaient de mettre en veilleuse ses idées économiques -et elle en a subi les conséquences. A supposer que ses idées économiques soient les bonnes, elle a de toute façon eu tort de vouloir les faire avaler d’un seul coup à un peuple rétif, nourri au Blédina européiste depuis trente ans. Il faut prendre les gens comme ils sont, et hiérarchiser les objectifs. Une leçon pour l’avenir.


S’il y a un avenir, naturellement.




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