jeudi 27 avril 2017

Les catholiques peuvent-ils voter pour Marine ?






J'avais déjà tout dit ici. Alors, je vais faire court.

Non seulement les catholiques peuvent voter Marine, mais ils le doivent. En toute rigueur, l’épiscopat devrait battre la campagne pour appeler tous les ouailles à voter pour elle. Pour bien le faire comprendre, il faut prendre les choses sérieusement, en se gardant de faire de grandes phrases creuses. En matière politique et sociale, l’Eglise catholique s’attache à trois grands principes, dit « principes non négociables »[1] : 1) le respect de la vie innocente, de la conception à la mort, 2) le mariage traditionnel, 3) la liberté scolaire. Sur ces trois points, la comparaison entre Marine le Pen et Macron est sans appel : Macron piétine les trois principes non négociables pour tout catholique. Il est ultra-abortionniste, favorable à l’euthanasie, favorable au mariage homosexuel, favorable à la GPA (marchandisation de l’enfant et esclavage moderne) et il sort d’un gouvernement qui a tenté de supprimer les écoles indépendantes. Marine Le Pen, sans être hostile au droit à l’avortement, a toujours été critique face à sa banalisation ; elle est hostile à l’euthanasie, elle entend abroger le mariage homosexuel, elle est hostile à la GPA et s’est prononcée plusieurs fois en faveur de la liberté scolaire. Sur les points non négociables, la discussion est donc close. Mais alors, que reprochent à Marine Le Pen tous ces chrétiens qui s’apprêtent à s’abstenir, voire à voter Macron ? Des choses malheureusement très vagues, qui tiennent en quelques phrases inlassablement répétées : « La haine de l’autre », le « refus de de l’étranger », « l’exclusion des faibles ». Face à des accusations aussi graves, aussi infâmantes, mais également aussi vagues, on est en droit d'exiger quelques précisions. Car en matière d’exclusion du faible, l’avortement et l’exploitation des mères porteuses ont tout de même quelques titres à faire valoir ! De quoi s’agit-il, exactement ? Le programme de Marine Le Pen prévoit-il de bafouer les droits fondamentaux de certaines personnes ? D'organiser des persécutions ? Des pogroms ? A-t-elle un projet d’épuration ethnique ?  D’extermination ? Rien de tout cela, évidemment. Elle souhaite réduire très massivement les flux migratoires (le programme du RPR en 1990). C’est-à-dire, concrètement, faire savoir aux pays d’émigration massive que nous ne recevrons plus leurs ressortissants dans les années à venir, compte tenu de la situation intérieure française, caractérisée tout à la fois par le chômage de masse, une pauvreté endémique, la partition de nombreuses zones du territoire, la thrombose de tous les systèmes sociaux, la montée d’un islam conquérant. Où est le crime ? Où est la haine ? Quelles sont les lois morales, les lois divines bafouées par une telle politique ? Le bon sens, la philosophie politique classique, le sens des responsabilités et la doctrine sociale de l’Eglise elle-même commandent au contraire aux hommes d’Etat de protéger en priorité leur peuple et de garantir le bien commun de la communauté dont ils ont la charge. Le droit des nations à décider de leur politique migratoire est en particulier reconnu par le Magistère.[2] Dira-t-on à un père de famille qui saute à  l’eau pour sauver ses enfants avant ceux du voisin qu’il manque de charité ? Non. Il y a un ordre dans la charité.[3] De même, ira-t-on dire à une mère de famille qui vit dans un deux pièces et qui peine à nourrir ses trois enfants, qu’elle fait preuve de « haine de l’autre » et de « refus de l’étranger » en n’invitant pas 50 personnes à un goûter d’anniversaire ? Il en va de même au niveau des corps politiques. Se conduire de manière irresponsable, au risque de déclencher une guerre civile, ce n’est pas de la charité. C’est de la bêtise. De la bêtise criminelle. Qu’elle s’enrubanne des justifications flatteuses de la charité universelle ne change rien à l’affaire. Ce qui compte, ce ne sont pas les mots, ce sont les réalités. Favoriser, voire organiser, le remplacement d'une population par une autre; laisser les intérêts économiques déchaînés procéder au déménagement du monde et au transvasement des populations, tout cela n'a rien à voir avec la charité dont parle l'Evangile. Refuser tout cela n'a rien de haineux. Ne confondons pas le devoir chrétien d'asile et d'hospitalité pour les persécutés, qui porte nécessairement sur de petits nombres, et la destruction des nations sous le chaos migratoire. En conséquence de ces quelques évidences, qui sont enracinées profond dans la doctrine catholique, il me paraît absolument recommandé de voter Marine Le Pen. Et si l’on est catholique, cela me paraît même obligatoire.


 



[1] Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, Novembre 2002, pp. 9-10 (Cf. Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, §570)

 

[2] Benoît XVI, Message pour la journée mondiale des migrants et des réfugiés, 2011

[3] Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique IIa-IIae, q. 26 a. 7-8

 


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